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PRIMAIRE
Il y a le beau Copé, dit « l’assombri de Meaux », plutôt venimeux face au naufrage de Carlito, gouaille en coin, sympa comme Gainsbourg quand il jouait le traitre dans les péplums, à part ça, souriant et bronzé, le genre du bon élève bouffon qui vous a emmerdé pendant toute votre scolarité parce dans votre classe non seulement il était le premier mais en plus t’expliquait que c’était normal que tu rames, toi, pauvre naze : eh bien là encore, il a subitement tout pigé, la primaire des socialos, c’est pour ficher le personnel municipal.
Une usine à gaz, la preuve qu’ils sont blaireaux, les roses ! Comme si lui, Copé, il suivait pas de loin en loin, démocratiquement, quoi, le profil de ses municipaux, attention, pas les balayeurs, de toute façon, ils sont pas vraiment électeurs, non, les autres, les responsables, et les gars des assoces, attention, le club de pétanque, c’est des lambertistes recyclés – tiens, le seul fait qu’il fasse sermon sur la perfidie fichière des Hollande et Aubry, c’est bien le signe qu’en matière de fiches, il est pas naïf, le pépère, on ne la lui fait pas ! Ah bon, vous ne l’imaginez pas soupesant le mental de son personnel ? Mais alors, si, après l’envol de Rama et la désertion de Borloo, on enlève les fidèles collaborateurs, les septuagénaires proches du Front, la police municipale, le beauf de Cabu et quelques jeunes chauds de la tronche qui se placent pour 2026 et se tortillent en blazer bleu pour faire style Neuilly à Saint-Flour, il reste qui, à l’UMP ?
Il faut pardonner à Guéant le grand air l’étourdit
Et la preuve, c’est que le Penseur de l’Intérieur y va de son couplet, avec l’air sincère de la vipère déguisée en couleuvre, il faut lui pardonner, le grand air l’étourdit, cela fait des années qu’il a conseillé dans les coins de placards, avec le succès que l’on sait (de deux choses l’une : ou il conseille mal, vu la brillante réussite de son boss, ou personne ne sert à rien, alors, dans un cas comme dans l’autre, quel intérêt d’en faire un ministre ?) Oui donc, il s’inquiète, le pauvre Guéant dont on sait pas vraiment écrire le nom, le problème des éminences grises, outre le fait que ça fait pas propre sur soi, c’est qu’on sait pas vraiment qui ils sont, c’est le genre stalagmite, incolore, clandestin, pâlichon, raisonneur, ça sort la nuit de l’Elysée caché dans un imper gris souris assorti à leur éminence, alors quand pour boucher un trou on en fait le ministre, forcément, comme Dracula, le conseiller spécial a les yeux qui clignent en plein jour, on s’étonne qu’il sache parler, et on sait pas où mettre le h dans son nom, ah bon y en a pas, de toute façon, quand on le reçoit à Proutville pour l’inauguration de la vespasienne, quand le maire UMP choisi au hasard fait son éloge, bienvenue monsieur le Ministre, il regarde derrière, pas trop sûr que c’est à lui qu’on parle…
Et là, il se lance, grave, le front plissé, vachement au courant, il ne sait apparemment pas que pour le Conseil Constitutionnel, c’est ok , ça fait un peu léger, avant la momification, il a pourtant fait l’ENA, mais, comme dit, il faut lui pardonner, il ne sortait pas assez ces derniers temps, il lisait juste le bulletin intérieur de l’UMP qu’il avait personnellement rédigé la veille, un mémo idéologique ronéoté trois fois par semestre, un document de fond avec des mots fléchés en page 4, la recette de Tatie MAM en page 8, un argumentaire de seize phrases à savoir par coeur, plus des pages de statistiques sur la sécurité qui crèvent les yeux tant on progresse, l’action, à monsieur Guéant, c’est pas vraiment son truc, la preuve, le coup des radars, ridicule, ouaf, ah le gadin, plein pot d’un coup d’un seul, le jackpot d’entrée de jeu, ou comment foutre en l’air 2500 fois 5000 euros pour remplacer des panneaux pas pédagogiques par des panneaux pédagogiques, on flirte avec le Guiness Book section « faire et défaire c’est toujours travailler », la preuve que les conseillers ne sont pas les payeurs, quoi.
La côte de la prochaine connerie est basse
Sur les sites de paris, on se tâte pour lancer une grille sur sa prochaine connerie, mais il est trop lisible… Les enfants d’immigrés tous nuls, c’était à trois contre un, pas plus. Bref, s’il lâche demain que l’eschobidule coli prospère dans les minarets, il prendra personne à contre-pied.
Bon, et puis il y a quelques bonobos de la bande qui font part de leur : indignation, inquiétude, préoccupation, au choix, alors mise en garde, la patrie est en danger, les droits du citoyens partent en vrille, et patati et patata – mais pas trop, parce que dans le fond ils la sentent mal, la bagarre à venir, oui, dans le fond, s’ils avaient leur primaire à eux, sûr qu’ils se défouleraient, pas sûr que ce serait des primaires pour rien, à droite, il y a du détergent dans l’air – mais surtout, ils aimeraient qu’il y ait enfin un truc qui marche, à part le foetus, il réussi quoi, le super-président, ces derniers temps ?
Même à l’Assemblée, le lait tourne, au Sénat, ça va dégommer, à la rentrée, tant c’est con, ces classe fermées dans ma zone, ces primes utopiques, ces réajustement fiscaux qui profitent une fois de plus aux grossiums, ces travaux forcés pour le cancer social des Rmistes, bref, carton plein, un miracle que le canard soit encore vivant…
Le gros de la troupe, c’est museau-museau, on regarde ailleurs, n’en rajoutons pas une couche, tout le monde s’en fout, de cette histoire de fichage, même si le Figaro s’y met avec tellement peu l’air d’être la dernière courroie de transmission du diesel essoufflé que pas une agence n’a fait écho à ses scoops nantais à la une, ben oui, il n’a pas tort, Delanoë, vu sans besoin de lunettes, c’est vraiment une idée tordue, le coup du fichage de mecs qui auront volontairement décidé de se dire de gauche, comme aux States on se dit officiellement démocrate ou républicain, chez les staliniens de l’Idaho et les totalitaires de Pennsylvanie, reconnus comme des drogués de la primaire, des caucuses et autres lavements de cerveaux.
Assez de singeries, les (presque) gars de la Marine : si cette primaire doit merdouiller, laissez la main aux socialos, ils se débrouillent très bien tout seuls, d’habitude.
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