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Affaire Banon: le DSKalvaire collectif
« Fin septembre ». C’est le pronostic de l’entourage de Tristane Banon quant à la cloture de l’enquête préliminaire qui fait suite à sa plainte pour tentative de viol à l’encontre de Dominique Strauss Khan. Le temps pour les 5 fonctionnaires de la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) affectés à l’enquête de continuer leur marathon d’audition.
Défilé au Château-des-rentiers
Avec un objectif, vérifier la crédibilité des dires de la jeune femme. Et les flics se montrent minutieux. Aucune des personnes citées par la romancière de 32 ans ou sa mère Anne Mansouret ne devrait y échapper. Hommes politiques, journalistes, éditeurs et même les avocats qu’a consultée à l’époque la petite demoiselle vont aller visiter la rue du Chateau-des-Rentiers, siège de la BRDP. Le bataillon est appelé à se remémorer des faits vieux de huit ans, devoir au passage jongler avec le secret professionnel (pour les avocats consultés), le secret des sources (pour les journalistes) ou l’impact de leurs sorties (pour les politiques).
Un calvaire collectif auquel la coterie mediatico-politique n’est pas habitué. Bruits de coulisses, rumeurs, discours alambiqués, petites piques ou promesses en l’air, même retranscrites dans les colonnes de presse sont une chose. Déposé en justice en est une autre. Et avec le cas Banon, un piège s’est refermé. Celui de la cohérence des déclarations, des nominations, et des alliances, désormais analysées (également) à l’aune de la plainte pour tentative de viol.
Un prisme que l’avocat de Tristane Banon, Me Koubbi manie avec ferveur, au nom des intérêts de sa cliente.
« Je ne fait pas de politique. Mais si la politique interfère dans le pénal, alors je vais faire du pénal dans le politique », a prévenu le vibrionnant conseil qui défouraille à chaque sortie d’un homme politique. Et l’ancien boxeur de distribuer les coups comme autant d’interview.
Premier à avoir du affronter la tempête, François Hollande a longtemps bafouillé sa version, prétendant d’abord n’avoir pas été au courant de la nature de l’incident, avant d’être démenti par son directeur de cabinet Stéphane le Foll. Son audition polémique aura au moins eu le don de clarifier sa version. Auquel il doit désormais se tenir.
Le favori des sondages est tout de même accusé d’avoir « menti deux fois » par Me Koubbi. « Une fois quand il a dit ’je n’étais au courant de rien, je ne suis pas intervenu’, on le sait par son directeur de cabinet et par lui-même puisque maintenant il dit qu’il a déclaré ’allez porter plainte’. Il a menti une nouvelle fois en sortant de son audition en disant ’j’ai demandé à être entendu’, c’est parfaitement faux (…) il a demandé à ce que cela aille plus vite ».
Pour avoir intégré à son équipe de campagne Henri Leclerc, avocat de Dominique Stauss-Khan en France, Martine Aubry fait désormais partie du jeu. Suffisamment pour provoquer la méfiance de Koubbi, qui y voit un soutien à peine déguisé à DSK.
Le CSA prend en compte DSK
La récente sortie d’Elisabeth Guigou n’a pas calmé l’homme en robe. L’ex Garde des Sceaux, soutien d’Aubry a assuré Hollande de son soutien lors de son audition, geignant « de voir que certains tentent encore d’exploiter à des fins politiciennes une affaire judiciaire privée. » Les derniers mots ont fait bondir Koubbi. « La justice privé c’est la justice d’avant la révolution, une justice de caste où nobles et peuples ne devait pas se mélanger », enrage l’avocat. Qui tique quand on le taxe de médiatique -« Ce sont les journalistes qui viennent vers moi pas moi vers eux »- mais s’amuse de constater que les questions consacrés à l’affaire sont désormais décompté du temps de parole des socialistes par le CSA.
La presse prend ainsi sa part de calvaire. Des confrères sont convoqués. Chacun des articles relatifs à l’affaire se voient scruter à l’aune d’une éventuelle manipulation politique. En ligne de mire principalement, le Figaro, dont l’annonce de la convocation comme témoin de François Hollande à la une du journal était un choix éditorial audacieux…
Les révélations, dans un conflit si intimes se bardent de conditionnel. Les vérités d’un jour portent en elles les germes des plaintes en diffamation ou en dénonciation calomnieuse le lendemain. A l’instar de l’épisode Anne Mansouret-Brigitte Guillemette. La 2e femme de DSK a annoncé, après son audition par la police, son intention de porter plainte en diffamation contre Anne Mansouret. Et franchement nié une quelconque intimité entre sa famille et les Banon-Mansouret…. quand ces dernières assurent avoir participé à des réveillons et des fêtes de famille communes, assurant avoir des photos des évènements.
La roche du Calvaire encore loin
Et la purge n’épargne pas Tristane Banon. Si son passé n’est pas étalé dans les journaux -« nous n’avons eu à déposé aucune plainte en diffamation ni en violation de la vie privée », se réjouit son avocat-, l’accusatrice a du revoir un brin son histoire personnelle. Sa mère revendique désormais avoir eu une relation avec DSK. « Depuis le début de l’affaire, Anne Mansouret ne prévient jamais Tristane des déclarations qu’elle va faire, assure à Bakchich un proche, "elles se disputent et se réconcilient chaque jour ». Jusqu’à quand ?
Une fois l’enquête préliminaire achevée, il reviendra au parquet de décider d’un classement sans suite ou de la saisine d’un juge d’instruction. « Et s’ils veulent enterrer l’affaire, annonce Me Koubbi, on se constituera partie civile auprès du doyen des juges d’instruction ».
Le calvaire va durer.
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