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Le PS se réveille à Marseille

Après des années de cécité, le Parti Socialiste découvre les affres de son antenne marseillaise. Avec une touchante candeur, Martine Aubry ose déclarer dans Libé(20/09/2011) « Affaire Guérini je ne connaissais rien à cela ». Pas le temps de lire la presse sans doute, ni le rapport Montebourg. Ou alors, l’ancienne première secrétaire a eu la malchance, dans ses déplacements dans la plus belle ville du monde, de tomber sur l’une des rarissimes brumes de chaleur qui enveloppent la ville…

Le PS….20 ans après

Non moins émouvante est la dernière sortie de Malek Boutih dans la Provence, qui jure tout de go qu’ « un facho n’a pas sa place au PS ». Visé, Théodore Balalas, ex-OAS, ex-FN, ex ppatron des adhésions du PS 13 dont Bakchich avait épluché le CV dès 2006 (voir ci dessous), à l’époque où l’ami Théo soutenait Ségolène Royal…tout comme Malek Boutih ! Le parcours de Balalas, précise fort à propos l’intervieweur Frédéric Guilledoux, avait été épluché, notamment dans son livre, Le Pen en Provence, en 2004.

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Et le désormais soutien de François Hollande, qui n’a jamais rien trouvé à redire sur le fonctionnement de la fédé socialiste des Bouches-du-Rhône, de se lamenter. « Que des gens au PS aient accepté sa présence tout en connaissant son passé montre que, consciemment ou inconsciemment, ils avaient renoncé sur bien des principes ». Pas sûr après tout : la Rose a montré ses plus beaux pétales sous Mitterrand, décoré sous Vichy. « Cette affaire est très grave et d’ailleurs, je ne comprends pas que la presse nationale ne s’en soit pas emparée. C’est beaucoup plus qu’une affaire marseillo-marseillaise… » Un peu à l’instar de la direction nationale du PS, les médias s’occupent rarement de la ville. Le drame de Marseille : l’Etat et ses satellites s’en détournent, s’en moquent…. Depuis quand ?

La France ne connait de Marseille que Marius et le Mistral

« Allez à Marseille, Marseille vous répondra. Cette ville est une leçon, l’indifférence de ses contemporains ne la désarme pas, écrit Albert Londres dans Porte du Sud. La France ne connaît de Marseille que Marius et le Mistral ». C’était en 1926….

Le papier ci-dessous a été publié dans Bakchich le 15 septembre 2006…

Théo Balalas, la crème du PS

Ex-OAS, ancien FN, le cadre du PS marseillais soutient Ségolène.

C’est une histoire qui se passe en Provence, au pays des santons, où les couleurs politiques ne sont jamais très tranchées. Prenez Théo Balalas, le président de la commission des adhésions de la puissante fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et tout nouveau soutient de Ségolène Royal (il soutient Désirs d’avenir son site de campagne).

L’homme est affable, limite mielleux, à 71 printemps. « Une crème » assurent en chœur permanents de la fédé et journalistes locaux. Ce proche de Jean-Noël Guérini, président du conseil général et vrai patron des socialistes marseillais, ne manque d’ailleurs pas de sollicitude. Chaque été, « Théo » envoie une carte postale au siège des roses phocéens. Souvent une vue de Berchtesgaden : ce merveilleux emplacement n’est autre que le nid d’aigle d’Hitler, là où le Furher aimait à passer ses vacances. Une charmante attention guidée sans doute par son goût pour l’histoire… sauf que, selon un militant local, « Balalas pue l’OAS à plein nez ».

Candidat du FN et correspondont de Minute

Théodore Balalas a bien frayé avec les partisans de l’Algérie française. Son activisme lui a même valu un passage à la prison de la Santé, à Paris. La cabane n’a pas calmé ses ardeurs : de retour en Provence en 1972, il est la cheville ouvrière de l’antenne marseillaise du Front National, dont il défend les couleurs lors des législatives de 1973.

« Balalas Théodore, commerçant, Front national, 1,9%, 926 voix », décrit alors le ministère de l’Intérieur. L’honorable correspondant de Minute ira chercher fortune ailleurs, au PS. Un virage effectué, selon l’intéressé, sur les bases de son anti-gaullisme. Fidèle navette entre Defferre, l’omnipotent maire marseillais, et le FN, il continue à jouer les intermédiaires entre le PS local et l’extrême droite au début des années 90. Avant d’accéder au poste sensible de responsable des adhésions socialiste, fauteuil qu’il occupe toujours.
L’homme est fidèle à ses amours passés. Son nom figure encore dans la liste des membres de l’Adimad, joyeuse association de nostalgiques dont le fait de gloire, l’année dernière, fut la pose d’une stèle commémorative des combattants de l’Algérie française, au cimetière de Marignane.

De nature discrète, Balalas n’est que récemment entré dans la lumière médiatique. Le journaliste Frédéric-Joël Guilledoux avait pourtant évoqué son parcours dans son livre, Le Pen en Provence (Fayard 2004). A la faveur de la dernière campagne d’adhésion socialiste, « Théo » est apparu. Les médias locaux ont relayé son enthousiasme. « On était à 6 700 membres en décembre 2005, on pourrait bien dépasser les 9 000 d’ici la fin de l’année », s’est-il réjoui. Contacté par Bakchich, il ne nous a pas rappelé.

Sûr que Ségolène, favorite de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, s’empressera de remercier ce militant de la première heure.

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