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Menaces au Wagram, Pupponi nie
Portes closes depuis le 8 juin, scellées par le rapport -dévoilé par Bakchich- qui prône sa fermeture définitive, le Cercle Wagram continue d’animer…les arcanes judiciaires. Soupçonné de blanchiment, d’escroquerie aux Urssaf, de lien avec le grand banditisme, l’établissement a aussi été l’objet d’une âpre lutte entre deux clans héritiers du gang corse de la Brise de mer. Et son histoire n’a pas fini de s’écrire. En début de semaine, les juges Tournaire et Robert, en charge de l’instruction ont reçu…une demande de constitution de partie civile. Elle émane de l’ancienne directrice financière adjointe du Wagram, Térésa Cortini, qui a perdu son emploi au soir du 19 janvier. A cette date, arguent les policiers qui se basent sur des écoutes téléphoniques, des photos et de la vidéosurveillance, le Cercle de jeux a changé de main. Auparavant tenu par des proches d’Angelo Guazzelli, l’un des pontes survivants de la Brise de mer, le Wagram a été repris en ce jour d’hiver par les héritiers de feu Richard Casanova, ex-leader du même gang. Une querelle d’héritage qui a laissé sur le carreau Mlle Cortini. Installée par les évincés, elle a plié bagages avec eux ce soir-là et revendique désormais le statut de victime de l’extorsion….et de menues pressions.
La jeune diplômée de l’Essec, contrairement à ses employeurs, n’a pas hésité à se révolter contre son éviction, en rédigeant divers courriers anonymes en vue d’alerter les autorités. Une attitude qui n’a pas eu l’heur de plaire aux « repreneurs » du Wagram.
Conseiller sécurité de Aubry
Son beau-père a ainsi eu la surprise d’être convoqué dans le bureau de son patron, après le 19 janvier, pour une petite explication de texte. Et l’homme de s’entendre signifier par son boss « son mécontentement en lui indiquant qu’il était un ami de Terrazzoni et des gens qui accompagnaient ce dernier lors du coup de force ». Et pour bien se faire comprendre, le patron du beau-père de Térésa Cortini de préciser « que sa carrière […] serait compromise et qu’il était porteur d’un message des gens du grand banditisme qui venaient de reprendre le cercle. Le message étant qu’il devait faire attention lui et sa famille et que Teresa ne devait plus envoyer des lettres dénonçant ces faits à des tierces personnes ». Charmant entretien qui s’achève par une petite attention du supérieur, « informé par une source policière » que son employé est sur écoute avec quelques membres de l’ancienne équipe. Recueillis lors du vaste coup de filet au cercle Wagram début juin, ces confessions n’ont pas manqué de souffler les policiers. L’employeur mis en cause s’avère un personnage politique influent : François Pupponi, député maire de Sarcelles, intime de Dominique Strauss-Kahn et tout frais conseiller sécurité de la candidate Martine Aubry.
« Oh vous savez, dès qu’on a un élu de banlieue au PS, on le bombarde expert de la jeunesse ou de la sécurité », sourit un de ses proches, bien moins rigolard quand il s’agit d’évoquer des liens avec le grand banditisme. « En Corse, tout le monde connaît tout le monde mais de là à dire qu’il est lié à Terrazzoni, Germani, Luciani, les héritiers de Richard Casanova, ça me semble impossible ».
Alta Rocca, terre de croupiers
A moins de mauvaises rencontres ? Né dans l’Ain, François Pupponi a de solides attaches dans l’île de Beauté. « J’y viens toute l’année tous les deux mois », confie-t-il en août 2010 à Corse Matin. Avec une préférence pour l’été, précise l’inspecteur des impôts. « Je prends mon café sur la place, je discute avec les anciens, je cultive mon oliveraie, je vais à la plage ou au fleuve ». Le village de sa famille, Sainte Lucie de Tallano se niche dans l’Alta Rocca, qu’historien, poètes ou offices de tourisme aiment à appeler la Terre des Seigneurs…et qui a vu naître bon nombre de croupiers de cercles de jeux. Feu le maire du village, proche de Pupponi, a longtemps été proche de Robert Féliciaggi, surnommé le parrain des jeux africains. Assassiné en 2006, l’élu UMP avait bâti renommée et fortune dans les casinos et PMU au Gabon, au Congo, au Cameroun.
Un tripot à Sarcelles
« A quel titre j’aurais menacé quelqu’un. Je tombe des nues ! Je ne laisserai pas faire et courir des rumeurs, je vais penser à une action avec mon avocat Je n’ai jamais mis un pied dans un cercle de jeux, et je ne connais pas les gens dont vous me parlez, gronde François Pupponi auprès de Bakchich. Sauf Philippe Terrazzoni. Son village est proche du mien et je l’ai déjà vu. Mais ça ne fait pas de moi un bandit, encore moins un homme lié au grand banditisme ». Certes pas. Mais un petit cachottier sûrement.
M. Pupponi semble tout de même connaître un peu les cercles de jeux. En 2009, d’aucuns jurent avoir vu le maire inaugurer l’association sportive de bridge de Sarcelles. L’aimable club, situé à moins de 100 mètres du commissariat de la ville, sera fermé fin 2009 par la police. En lieu et place d’une amicale du bridge, les flics ont découvert un tripot clandestin…
L’écho du Concorde
A un confrère corse qui l’a interrogé sur ses liens avec le Wagram, le député-maire a concédé s’être rendu trois à quatre fois dans l’établissement. « Il est de notoriété publique à Sarcelles qu’il fréquente les cercles de jeux, et ce n’est pas un crime », assure un membre de sa majorité. "« Les jeunes savent qu’on le voit parfois à l’Aviation, au Wagram ou anciennement au Cercle Concorde ». Etrange écho. Le Concorde a été fermé en 2007, soupçonné comme le Wagram d’avoir servi de blanchisseuse au milieu corso-marseillais et objet d’une lutte entre deux bandes rivales. Dans la liste des invités de la soirée d’inauguration du Cercle Concorde, le 30 novembre 2006, émargeait le nom de François Pupponi…
A lire ou relire sur Bakchich.info
Les précédents épisodes des Mystères du Cercle Wagram
Episode I
Episode II
Episode III
Episode IV
Episode V













