Vous êtes ici

La police ne chine pas à Cergy

« Monsieur C. a un comportement dépressif, il a considérablement maigri, ne dort plus et se sent abandonné par les forces de l’ordre ». Ce constat est dressé par la commissaire principale de Cergy Pontoise dans un télex daté du mois d’août dernier et adressé à ses troupes. 

En fait, Monsieur C. est buraliste à Cergy Pontoise depuis un an et demi. Comme de nombreux commerçants installés dans des quartiers sensibles de banlieue, il subit de plein fouet la montée de la violence. Propriétaire d’un bureau de tabac presse, situé en face du commissariat de secteur, le buraliste âgé de 25 ans est régulièrement victime de vols, dégradations, agressions, menaces de morts. Des faits qu’il recense méticuleusement dans un petit cahier orange. En neuf mois, son magasin a essuyé une petite centaine de vols et perdu près de 1500 euros de recettes. « On a déposé sept fois plainte sans aucun résultat », nous confie t’il, stressé. C’est dans l’arrière salle de sa boutique, l’œil rivé sur les écrans de surveillance vidéo qu’il évoque avec fébrilité son quotidien. « Aujourd’hui, j’ai peur. Si je pouvais je partirais mais je n’en ai pas les moyens ».

 - JPG - 36.5 ko

La dernière agression, la plus violente, remonte au mois de juin. Il est 15h, ce jour-là, lorsque le père du commerçant part retirer de la monnaie à la banque, située à quelques mètres seulement du poste de police. C’est l’été, il fait chaud, les terrasses des cafés sont bourrées de monde. Tout à coup, une bande de quatre jeunes fonce sur lui et le roue de coups. Bilan : un bras cassé et un préjudice de 3000 euros. « Personne n’a secouru mon père qui était pourtant à terre. En plus tout le monde a reconnu son agresseur qui n’avait même pas pris la peine d’enfiler une cagoule, mais personne ne l’a dénoncé. » La peur des représailles ? Oui mais pas seulement, selon le commerçant. « Ici, on nous jalouse. Comme nous sommes chinois et que nous sommes propriétaire d’un commerce, on nous considère comme des gens "blindés" [riches] alors qu’on croule sous les dettes ! » , s’insurge le buraliste.

Les policiers sont là pour prendre des plaintes, pas faire du terrain

La famille a porté plainte trois jours après l’agression, le temps que le papa sorte de l’hôpital. « On m’a expliqué au commissariat que les policiers du secteur ne pouvaient pas intervenir car ce n’était pas leur mission. Ils sont là, soit disant, pour prendre des plaintes et non faire du terrain », affirme, scandalisé, le jeune homme. A ce jour, la petite bande n’a toujours pas été interpellée, par contre le commerçant, lui, a écopé d’un rappel à la loi. Excédé par un énième vol de cigarettes, il a aspergé de gaz à lacrymogène l’auteur. De quoi piquer à vif l’orgueil du délinquant qui est revenu quelques minutes plus tard au magasin avec des renforts. « Ils ont défoncé le portique de sécurité et ont essayé de nous intimider ». Ironie du sort, le voleur a hérité de la même condamnation que le commerçant. « On ne se sent plus protéger par la police. On a plus confiance en elle ». Dans son télex, la commissaire de Cergy dresse un constat identique. « Monsieur C. se sent abandonné et ne comprend pas le sens de son rappel à la loi ».

Une famille transformée en vigile

Du coup, le jeune commerçant réquisitionne sa famille pour assurer la sécurité de sa boutique. « Le matin à 7h30, on est obligé d’être quatre pour ouvrir le magasin. A chaque fois on zieute autour de nous avant de lever le rideau de sécurité et de rentrer. De peur que quelqu’un soit caché…Et le soir, on fait attention à ne pas être suivi ». L’an passé, un des salariés a été suivi jusqu’à son domicile. Heureusement, ce soir-là rien ne s’est passé. Parmi les employés, c’est la psychose. En début de mois, l’un d’entre eux, a posé sa démission : « elle était à bout. Ici, on risque notre vie ». Juste en face du commissariat…

A lire ou relire sur Bakchich.info


La Française des Jeux et le PMU font leurs choux gras de leurs nouvelles licences. Mais ne se vantent pas d’escroqueries par des bars tabacs tenus par des chinois.

Un gang d’escrocs au Rapido a été déféré au tribunal pour avoir soutiré 17 000 euros à la Française des Jeux selon un stratagème simple mais efficace.