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Les Primaires oublient les Banlieues
Alors ? Martine Aubry ou François Hollande, François Hollande ou Martine Aubry ?
S’il y a bien quelques différences entre l’un et l’autre candidat aux primaires socialistes, Titine et Fanfan ont aussi, beaucoup de points de convergence. Notamment dans la constitution de leurs équipes de campagne. La diversité, voilà l’ami ! Dominique de Villepin le premier, en avait fait sa force, pendant que le parti socialiste s’en contre-fichait.
Puis à son tour, lors des élections régionales de 2010, le PS a intégré des personnes « issues de la diversité » parmi ses conseillers.
Désormais, ô joie, les équipes de campagne des candidats aux primaires socialistes ne sont plus toutes blanches et parisiennes. Las, beaucoup d’élus et d’associatifs « de la diversité » regrettent les choix effectués. Ce ne sont pas toujours les plus compétents sur les questions sociales qui ont été choisis pour accompagner les candidats. Mais plutôt des stars-symboles, bien peu au fait des problèmes de nos cités.
De Benguigui à Ni putes ni soumises, le mauvais casting des primaires
Yamina Benguigui par exemple. La réalisatrice, conseillère de Paris, adjointe au maire de Paris Bertrand Delanoë, chargée des Droits de l’Homme et de la lutte contre les discriminations, est aussi conseillère en « laïcité et identité républicaine », dans l’équipe de campagne de Martine Aubry. Mais la pimpante cinéaste n’est pas toujours bien perçue par les habitants des quartiers populaires. « Yamina Benguigui est certainement une bonne réalisatrice, mais ne peut en aucun cas représenter les banlieues, elle n’y habite pas, n’y travaille pas, et n’y passe en aucun cas ses soirées ! », explique Sonia Imloul, présidente de l’association Respect93.
La femme aux lunettes noires a réalisé plusieurs films à succès, dont « 93, Mémoires d’un territoire », sur l’histoire de la Seine Saint-Denis. Mais l’oeuvre, largement saluée par la presse, a reçu des critiques aiguisées d’historiens. A la sortie du film, en 2008, Emmanuel Bellanger (CNRS-Paris I), Alain Faure (Paris X), Annie Fourcaut (Paris I) et Natacha Lillo (Paris VII) avaient relevé des erreurs factuelles, dans le film, mettant ainsi en lumière le militantisme de Benguigui..
La porte parole de Montebourg ne peut mettre un pied dans les cités
Plus surprenant encore, l’heureux perdant des primaires Arnaud Montebourg a choisi comme porte-parole, Sihem Habchi, la Présidente de Ni Putes ni Soumises.
Or, si souriante soit-elle, la demoiselle « ne peut pas mettre un pied en banlieue ! », sourit-on en Seine Saint-Denis. Preuve en est, le succès d’une vidéo You tube, où l’on voit Sihem Habchi insulter puis se faire elle-même malmener par des jeunes des quartiers.
Ali Soumaré, à la tête de la fédération socialiste du Val d’Oise (91) et conseiller de Manuel Valls, relativise en partie le problème : « Ce n’est pas tant Sihem Habchi en tant que personne qui est en cause dans les quartiers populaires, mais l’institution qu’elle symbolise. On peut dire que Ni Pute Ni soumises a plus desservi que servi dans les banlieues ».
La palme revient sans doute au compagnon de route de François Hollande, Faouzi Lamdaoui. Ancien adjoint au maire puis candidat malheureux à la mairie d’Argenteuil (95), Lamdaoui tient, auprès de Hollande, le rôle de chargé de relations avec la presse. Faouzi, « c’est une buse », lance un élu socialiste de la région Ile-de-France, qui tient à garder son anonymat.
Faouzi Lamdaoui, le Hollandais volant
Buse ou pas, Lamdaoui aurait en tout cas de vilaines habitudes, à en croire plusieurs de ses anciens collaborateurs. Faouzi Lamdaoui ne paierait pas certains employés, au prétexte qu’ils seraient des amis ou des militants socialistes.
Mais ce n’est pas toujours ainsi qu’ils l’entendent. Ainsi, depuis plus de deux ans, Mohamed Belaid, un ancien chauffeur de François Hollande et de Faouzi Lamdaoui, tente de faire valoir ce qu’il estime être ses droits, à savoir « de cinq à six mois de salaire », correspondant aux allers-retours en voiture effectués, au service de Lamdaoui. « Bien sûr, ce n’était pas pour ses beaux yeux, explique Mohamed Belaid, dès le départ, en septembre 2008, Faouzi m’avait promis un contrat de travail. En fait, il ne m’a payé qu’une seule fois, 1500 euros en liquide ». Las, ces accusations n’ont pas encore trouvé d’écho judiciaire. Faute de suffisamment d’éléments de preuve, la plainte au pénal qu’il a déposée en 2009, a été classée sans suite. Il a ensuite perdu aux prudhommes. Mais depuis, Belaid a travaillé son dossier, et revu son avocat. En attendant que le tribunal se saisisse à nouveau du problème, il multiplie les manifestations solitaires, devant le siège du PS.
On se demande bien pourquoi les débats socialistes actuels sur la banlieue ne soulèvent pas les foules…
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