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Le PS marseillais à la Masse
De retour dans son bureau du 9ème étage du Conseil général des Bouches-du-Rhône, mercredi 26 octobre, Jean-Noël Guérini a sans doute eu l’heur de constater que rien n’avait vraiment changé sur place. La majorité des élus le soutiennent toujours. Seule son ancienne porte-parole, des temps lointains des municipales de Marseille en 2008, où nul dans la classe politique marseillaise ne trouvait à redire au système Guérini, a levé le petit doigt. Et Marie-Arlette Carlotti (ex-députée européenne poussée sur les listes par Guérini et conseillère générale qui a voté pour Guérini lors de l’élection du président en mars) d’appeler à sa démission et à l’autorisation, de la part du PS national, de créer un groupe socialiste dans les travées du "bateau bleu", le siège du Conseil général. Bref, malgré les flots, ledit bateau n’est pas encore ivre, l’amiral Nono tient toujours la barre pendant que ses fidèles moussaillons souquent ferme.
Ainsi, après avoir longtemps ramé dans le sillage de ses aïeux, Christophe Masse a gagné du galon. Treizième vice-président du conseil général et surtout patron de 13 Habitat, le plus gros bailleur HLM de la ville et du département.
Une nomination comme une récompense pour l’ancien député, vaincu en 2007, héritier d’une longue dynastie politique comme seule la politique marseillaise sait les entretenir. Papa et Grand Papa étaient députés, Marius a même été l’un des fervents serviteurs de Gaston Defferre, le commandeur local dont la statue ne semble pas prête d’être déboulonnée….
Sitôt arrivé à la tête d’une structure au centre des investigations de l’affaire Guernica, Christophe n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat… en se félicitant « d’être à la tête d’une machine de guerre », comme avant lui Jean-Noël Guérini, président de l’office des HLM de 1987 à 1998 [1]. Pas un mot sur le clientélisme qui gangrène l’institution, les liens avec des sociétés du grand banditisme ou les marchés publics suspects passés par une institution maintes fois perquisitionnés depuis deux ans. L’une des mamelles du clientélisme marseillais continuera à être bien tétée…. et sa vie un brin mouvementée.
Début octobre, l’un de ses chargés de mission s’est fait violemment agresser dans l’un des parkings du siège de 13 Habitat, provoquant un dépôt de plainte et une ITT de quelques jours pour le malheureux. A croire que la sécurité, maintenant qu’elle n’est plus confiée à Alba Sécurité, l’entreprise de la compagne de Bernard Barresi n’est plus assurée.
Un masse en HLM
Mais il en faut plus pour inquiéter Masse, et lui faire perdre la foi.
Ancien membre du fan club d’Alexandre Guérini sur Facebook, comme l’avait noté Mediapart, Christophe demeure d’ailleurs un fervent défenseur de Nono. « Sa place est au Conseil général », a-t-il récemment déclaré dans la Provence. « Il faut qu’il refixe des caps en matière économique, sociale et d’aménagement ».
En matière d’aménagement en tout cas, le petit Christophe [2] a déjà réalisé son premier chantier. La rénovation de son bureau du siège de 13 Habitat, situé en face du Conseil Général. Montant du ripolinage prévu : 15 000 euros. Du bel ouvrage vraiment, qui a suscité quelques débordements. La note est désormais proche d’atteindre 17 000 euros. Il s’agissait, selon nos informations, d’enlever la moquette, installer un nouvel ordinateur (un Mac), installer un réseau wi-fi plus performant… Une war room pour le patron d’une machine de guerre ? Rien de très étonnant. Et toujours moins imposant que le bureau voisin de Jean-Noël.
Méfi quand même. A vouloir trop épouser le parcours de Nono Guérini, on peut se retrouver dans le bureau d’un juge d’instruction.
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