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La société de sécurité corse qui protégeait Pupponi
Avec l’issue de la primaire socialiste, l’avenir politique de François Pupponi s’est un peu assombri. Sa candidate, Martine Aubry, a été laminée au 2e tour du scrutin. Son mentor Dominique Strauss-Kahn, est cerné par les affaires de moeurs. Et les faits divers s’accumulent autour de la mairie de Sarcelles, son fief, où il cumule les mandats de Premier édile et de député.
Qui connaît M. Achoui ?
Début octobre, deux employés municipaux ont été mis en examen pour menaces et extorsions de fonds. Ils ont tenté de racketter un agent de joueur, au nom de son ancien poulain, Fabrice Fernandes également mis en examen dans ce dossier, qui lui réclamait 200 000 euros. L’un d’eux, Farouk Achoui, cousin du célèbre avocat a même été incarcéré. « Je ne peux pas connaître les 1 500 employés communaux ! », a clamé le maire dans le Monde. Certes. Mais en l’espèce, selon les informations glanées par Bakchich, M. Pupponi connaissait tout à fait M. Achoui. Et un boulot sur mesure lui a été octroyé par ses soins. Gardien de la structure du champ de foire. Un job dont il s’est acquitté avec brio, à en croire le rapport de stage dithyrambique qui a marqué son entrée dans la fonction publique.
« Les tâches demandées sont faites avec soin et efficacité », « M. Achoui est un agent assidu et ponctuel pendant les manifestations », « très bonne adaptation au service ». Un employé modèle, rattrapé par ses vieux démons sans doute, malgré la main tendue par le bon François Pupponi ? « Franchement, ce rapport est risible, même dans la façon dont il est décrit. Autant d’éloge pour un gardien c’est rare », sourit-on à Sarcelles.
« Farouk Achoui a fait de la prison, il cherchait du boulot, s’est justifié auprès du Monde M. le maire. Dans ces quartiers, on recrute pas des bac +15. Effectivement, on fait rentrer des gens qui ont des casiers : on essaie de recruter des gens des quartiers. » Ce qui ne signifie pas que ce maire de banlieue, un temps conseiller de Martine Aubry sur les questions de sécurité, verse dans l’angélisme.
Une mairie bien gardée
François Pupponi a ainsi fait appel, fin 2006 et courant 2007, à une société de sécurité privée pour protéger sa mairie et plus particulièrement le cabinet du maire. De décembre 2006 à juin 2007 selon les documents retrouvés par Bakchich, la SARL Sécurite Incendie Surveillance Intervention Sûreté (SISIS), basée à Vescovato en Haute Corse, a été rétribuée par les fonds municipaux afin d’assurer la surveillance du cabinet du maire. Environ 5000 euros par mois contre la mise en place d’un agent de surveillance.
Un tarif très raisonnable, que la Sisis a appliqué au même moment à un établissement de jeux : le Cercle Concorde. Victime d’une guerre entre deux bandes rivales du grand banditisme corse, le Concorde a été fermé à la fin de l’année 2007. Quant à la Sisis, elle a été nommément visée par l’enquête, et désignée par le vice procureur de Marseille, dans son tout frais réquisitoire du 13 octobre 2011, comme étant dirigée « de fait », par des membres du grand banditisme corse.
Des employés municpaux accusés d’extorsion de fonds, une entreprise de sécurité liée au Cercle de jeux et au grand banditisme corse, voilà qui donne un écho particulier à l’irruption du nom de Pupponi dans l’affaire du Cercle Wagram.
Le 22 septembre dernier, Bakchich a dévoilé que le nom de François Pupponi apparaissait dans l’enquête sur le Wagram, objet tout comme le Cercle concorde, d’une lutte d’influence entre membres du Milieu insulaire. Et selon un employé municipal de Sarcelles, lié au Cercle, François Pupponi avait pris fait et cause pour l’un des clans, allant jusqu’à le menacer de mesures de rétorsions.
Depuis, mairie, bureau de l’Assemblée nationale et domicile insulaire de M. Pupponi ont été perquisitionnés par les policiers. Le maire a été entendu par le juge en charge de l’instruction, sans être mis en examen. Et s’est défendu d’avoir jamais fréquenté les Cercles de jeu, ou avoir été en contact avec le milieu du grand banditisme.
Des contacts peut-être pas. Mais un prestataire commun assurément.
Bakchich a pris soin d’envoyer toute une série de questions à l’avocat de M. Pupponi afin de recueillir ses explications. Après quatre jours d’attente, Bakchich a joint par téléphone, le 1er novembre au soir, le maire de Sarcelles qui lui a fermement signifié que ses seuls rapports avec Bakchich seraient désormais judiciaires, étant donné "les méthodes" de notre journal, qui s’apparentent à du "vomis". Dont acte.
A lire ou relire sur Bakchich.info
- Sur Sarcelles
- Et sur les mystères du Wagram
Episode I
Episode II
Episode III
Episode IV
Episode V
Episode VI
Menaces au Wagram, Pupponi nie















