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Guérini garde la main

Un numéro en 13 s’affiche. Le conseil général des Bouches-du-Rhône a désormais la coquetterie d’avoir remplacé les deux numéros de son indicatif. Au bout du film, une communicante de Jean-Noël Guérini. « Le président va donner un point presse dans son bureau, au 9ème étage, vous êtes le bienvenue ». Gentille attention de la part de Nono. Et signe d’un changement stratégique. Portes ouvertes aux médias, même à Bakchich, qui ne l’a jamais épargné, l’auteur de ces lignes étant même baptisé le "petit con" par l’entourage de Guérini. Un terme après tout assez affectueux.

A découvert depuis que le bureau national du Parti Socialiste l’a enjoint à prendre ses responsabilité et à démissionner, le patron de Bouches-du-Rhône, mis en examen le 8 septembre dernier dans le vaste dossier Guernica, a perdu ses appuis parisiens.

Alors il s’en moque, décide de les mettre face à leurs contradictions, en usant d’arguments frappés du bon sens. Des élus socialistes sont actuellement mis en examen, d’autres ont été condamnés, beaucoup n’ont pas démissionné. Alors pourquoi lui ? Le propos est simple, acide et fait mal.

Même blessé, Nono demeure un animal politique, « aux abois », croit la droite locale, mais un animal tout de même qui lutte pour sa survie. Et se permet même de railler Martine Aubry, qui a déclaré qu’elle allait l’appeler. « J’attends encore son coup de fil ».

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La révolte molle

Le téléphone avait moins tardé à la fin mars, au moment où la révolte ronronnait sur les bancs des conseillers généraux socialistes. Tout juste réélu aux élections cantonales, certains se sont posés la question de (re)porter à la tête de l’institution l’ami Jean-Noël, en poste depuis 1998 et rattrapé par le vent médiatique des affaires. Une réunion le 30 mars du groupe avait scellé sa réélection. « Aubry a appelé pendant la réunion, pour le soutenir », se rappellent les présents. Charmante attention. Le lendemain, Guérini a été réélu dans un fauteuil…à l’unanimité des conseillers généraux de gauche, plus quelques voix de droite. Ce 31 mars, trois de ses opposants (socialistes) locaux avaient fait une déclaration commune. Sylvie Andrieux, Patrick Mennucci et Eugene Caselli avaient lancé un appel à voter….DSK. Du flair en politique…

Pour évincer Jean-Noël, l’occasion était belle. Et passée désormais. Nul juridiquement ne peut le contraindre à démissionner ou l’exclure du PS. « On ne peut pas savoir ce qui va se passer », lâche dépité, un ponte du PS local.

Un temps annoncé la création d’un groupe socialiste indépendant au Conseil Général risque d’être freiné par « le ridicule ». « S’ils sont deux ou trois à le créer, ils auront l’air de quoi franchement », glousse-t-on à droite, qui tient tout de même les comptes. « Tous les conseillers généraux n’était pas présents à son point presse ». Pas tous mais encore beaucoup, dont le souriant Christophe Masse, patron de l’office HLM 13 Habitat, au bureau ripoliné à grand frais.

Sueurs froides dans les rangs

Ce Vendredi 4 novembre se tient la réunion du groupe PS du Conseil général, juste avant la commission permanente. Ambiance glaciale garantie, et pas de putsch en vue.

Les algarades des partisans du candidat Hollande pourrait même resserer les rangs autours de Guérini. « Quelle solution alternative, stable et solide pour les Bouches-du-Rhône, avec des gens qui ne sont pas susceptibles d’être mis en examen ? » a demandé Michel Sapin, l’un des principaux soutiens du candidat François Hollande. La déclaration n’a pas seulement agacé Jean-Noël Guérini. Elle a aussi provoqué des sueurs froides à ses actuels et anciens soutiens, longtemps à la main de Nono, postes et subsides compris.

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