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Sarko, Obama, Netanyahu, trio contrarié

Au cours d’une conversation qu’ils pensaient confidentielle, le Président Nicolas Sarkozy et le président américain Barack Obama ont tenu des propos désobligeants envers le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. On se méprendrait toutefois à en tirer des conclusions trop hâtives.

Pour ce qui concerne Sarkozy, les relations franco-israéliennes ont été plutôt bonnes et n’ont donné lieu à aucun problème majeur. D’un côté, Sarkozy s’est montré beaucoup plus amical avec Israël que ses prédécesseurs gaullistes et socialistes bien qu’il soit exact que certains de ses conseillers sont plus hostiles, à commencer par les fonctionnaires du Quai d’orsay. De l’autre, il existe au sein des hommes chargés de la défense et de l’anti-terrorisme, une admiration authentique pour Israël.

Bibi s’est moqué de Sarko Ier…

Certes, Sarkozy à aidé à anéantir l’effort unilatéral d’indépendance des palestiniens au Conseil de Sécurité des Nations Unies, un fieffé service rendu à Israël. Pour autant, la France s’est prononcée en faveur de l’entrée des Palestiniens dans l’organisation de l’UNESCO. De plus, Sarkozy n’a jamais été un supporter enthousiaste d’Obama par le passé.

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Pourquoi donc, Sarkozy s’en est-il pris à Netanyahu ? Bien que je ne puisse le prouver, le scénario qui suit parait crédible : Sarkozy s’est mis en tête de décrocher un accord majeur aux Nations Unies, donnant ainsi crédit à l’idée que la France demeure une grande puissance mondiale. (un objectif constant des français dont vous avez déjà entendu parler auparavant). Il a donc pris attache avec Netanyahu pour lui proposer la chose suivante : Israël accepterait l’indépendance unilatérale de la Palestine et, en échange, Sarkozy obtiendrait quelque chose des Palestiniens (peut être la reconnaissance d’un état hébreux ?).

Netanyahu s’est prêté au jeu tout en sachant que Sarkozy n’obtiendrait rien de l’autorité palestinienne. L’idée de Sarkozy – partagée par la quasi totalité des acteurs bien ou mal intentionnés, naïfs ou cyniques, favorables ou hostiles à Israël mais qui s’imaginent tous être en mesure d’instaurer la paix – n’a pas grand sens. Sarkozy s’imaginait à tort disposer d’un engagement de principe israélien. C’est peu dire que son discours aux Nations Unies n’a pas été apprécié par Israël.

L’affaire est tombée à l’eau ; elle était d’ailleurs vouée à l’échec depuis le départ dans la mesure ou jamais l’Autorité Palestinienne n’aurait accepté un compromis. Bien entendu il tient Israël pour responsable de l’échec et exonère les Palestiniens. D’où sa colère contre Netanyahu qu’il dit être un « menteur ».

Quant à Obama, certains ont expliqué sa remarque sur les frustrations ressenties en négociant quotidiennement avec Netanyahu, pour les mêmes raisons que Sarkozy. D’autres n’ont pas craint d’affirmer que sa remarque était justifiée. Ce dernier point est absurde. En réalité Netanyahu a fait tout ce qu’Obama lui demandait alors que l’Autorité Palestinienne n’a strictement rien concédé, ce qu’évidemment aucun président américain n’admettrait. Il semble qu’il y ait plus à gagner à maltraiter verbalement Israël et à cajoler l’Autorité Palestinienne.

Il faut se souvenir de deux choses. La première est que la politique américaine n’a pris pratiquement aucune mesure défavorable à Israël en termes de relations bilatérales. L’hostilité est verbale. Mieux vaut des mots durs et des actes doux que l’inverse.

La seconde est que lorsque Yasser Arafat, le leader de l’Autorité Palestinienne a saboté les négociations de Camp David en 2000 pour recourir à la violence, le Président Clinton est devenu livide et a publiquement dénoncé l’attitude d’Arafat et de l’Autorité Palestinienne, ce que l’on a perdu de vue au fil du temps. Aujourd’hui c’est à Israël que Clinton adresse ses reproches pour l’absence de paix.

La raison pour laquelle les présidents américains se comportent de la sorte fera l’objet d’un prochain article. Mais tout le monde connaît la liste des facteurs explicatifs.

…et vexé Barack

La question fondamentale est : qu’a bien pu faire Netanyahu pour susciter la colère d’Obama ? Il n’existe qu’une seule explication : le voyage de Netanyahu à Washington au cours duquel il a administré à Obama une véritable leçon de politique moyen-orientale et a prononcé un discours passionné au Congrès qui a fait passé Obama pour un benêt.


Traduction par Woodward & Newton de l’article de Barry Rubin titré « Why did Sarkozy and Obama ‘dis’ (disrespect) Bibi ?  » paru le 11 novembre 2011 sur le site de GLORIA Center, un « think tank » israélien qui se consacre à l’analyse stratégique des relations politiques au Moyen-Orient et dont l’éclairage sur la politique française au Moyen-Orient est souvent très instructif. 

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