Vous êtes ici
CE QUE BALLADUR A ÉCRIT AUX JUGES
L'Ex Premier ministre a grâcieusement indiqué aux magistrats qu'ils faisaient fausse route en enquêtant sur sa maison normande.
En marge de leurs investigations sur le financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur, où de très considérables sommes d’argent liquide ont circulé, les juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke s’intéressent depuis quelques semaines, comme l’a récemment relevé Bakchich, au patrimoine immobilier de l’ex-Premier ministre, et s’interrogent plus spécialement sur l’achat, par son épouse, en 1996, d’une luxueuse propriété en Normandie.
L’intéressé, l’apprenant, a pris l’initiative d’adresser à ces deux magistrats, à la fin de répondre, explique-t-il, aux questions qu’ils pourraient se poser sur cette acquisition – et de couper court aux supputations -, un long courrier explicatif, dans lequel il commence par regretter que « sur cet achat, qui date de plus de 16 ans, certains » aient « tenté d’accréditer dans l’opinion publique des rumeurs, que rien ne fondait si ce n’est le désir de nuire. »

De fait, l’ancien hôte de Matignon produit, à l’appui de ses dénégations, plusieurs indications précises sur le patrimoine de son couple, qui a « constitué depuis longtemps un portefeuille de valeurs mobilières, augmentées » notamment « du réemploi de la succession de la mère de Madame Balladur, décédée » en 1992.
À la date du 1er janvier 1995, par exemple, la valeur de ce confortable portefeuille était de 4,4 millions de francs, auxquels s’ajoutaient plus de 970.000 francs de liquidités provenant pour l’essentiel « d’importants droits d’auteur versés » par trois éminents éditeurs parisiens. Un an plus tard, il « a été valorisé 5.557.144 francs, outre 433.367 francs de liquidités, soit au total 6.004.511 francs », précise encore Édouard Balladur.
Relevés bancaires inclus
Quant à la maison de Tourgeville, explique-t-il : « Nous l’avons payée par chèques tirés sur notre compte ouvert à la Société générale ». D’abord, un chèque de 730.000 francs a été fait le jour de la signature de la promesse de vente, le 30 mai 1996 - dont le montant a été principalement financé par « la vente de divers titres et valeurs », pour un total 660.876 francs. Puis : « Le solde du prix, soit 6.570.000 francs », a été réglé le jour de la signature de l’acte de vente définitif, par un deuxième « chèque tiré sur le même compte », en même temps que « 514.500 francs à titre de frais notariés » l’ont été par un troisième et dernier chèque, toujours du même compte.
Ces deux derniers paiements ont été financés, quant à eux, « par la vente de SICAV et Fonds Communs de Placement », à quoi se sont ajoutés un virement provenant d’un compte-chèque postal et « un versement supplémentaire de 450.000 francs » correspondant à des droits d’auteur droits d’auteur perçus par l’ancien Premier ministre - qui assure enfin avoir recouru, pour boucler son budget, « à un crédit-relais consenti par la Société Générale à hauteur de 1.200.000 francs », et remboursé deux ans plus tard par la revente d’une autre maison que les Balladur possédaient à Deauville (Clavados).
Nantis de ces importants éclaircissements, et de la copie de deux relevés bancaires où se trouve récapitulée la totalité de ces divers mouvements de fonds (et que leur correspondant affirme avoir retrouvés par « hasard »), les juges Le Loire et Van Ruymbeke vont pouvoir se concentrer sur la résolution des vrais mystères qui continuent cependant d’entourer le financement de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur…
Luis Perenna







