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Chirac, condamné d'honneur...

L'ancien président a enfin été récompensé pour l'ensemble de son oeuvre. 2 ans avec sursis. Une goutte d'eau dans l'océan de sa carrière...

Usé vieilli fatigué. Presque dix ans après, la célèbre sentence de Lionel Jospin, lancée comme un (voeu) pieux, semble se réaliser. Avec une autre sentence. Judiciaire. Deux ans avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris sont venus remplir le casier judiciaire jusqu'alors vide de l'ancien président de la République.

 

Comme avec tous les Ex un peu marqué(e)s, la tendance est à l'apitoiement. On a vécu de bons moments avec lui. Il nous énervait, nous agaçait avec ses manies, ses mensonges, ses cachotteries. Mais nous amusait avec son culot, son bon sens…

 

 Une certaine nostalgie s'est même insinué, en creux, dans les médias et l'opinion, pour l'ancien squatter de l'Elysée...Surtout parce que l'actuel créé bien des déceptions. Alors pauvre Chirac, cruelle justice? Non la bonne dame a manié son glaive, aveugle comme il lui sied le mieux et comme elle devrait le manier plus souvent.

 

Pendant 21 ans, le Chi a pu se soustraire, aux condamnations, bâtir autour de sa personne, et de sa fonction, une impunité...sur laquelle Bakchich, qui a vu sa fin, a beaucoup ri, enquêté, glosé.

 

 

Le bon côté de l'anosognosie

 

 

La plus belle perle de Jacques Chirac - qui n'a rien de judiciaire- restera sans doute son outing sur...son aide à l'ANC sud africaine et à Nelson Mandela, révélé dans sa biographie très autorisée, l'inconnu de l'Elysée. Un soutien si fidèle qu'en tant que Premier ministre de cohabitation, il s'est échiné à livrer des armes de guerre au régime de l'Apartheid. L'anosognosie déjà?

 

 

Une divine maladie, qui, si elle ne lui a pas assuré la tranquillité judiciaire, lui évitera sans doute des souvenirs douloureux: 

 

- Sur ses liens coupables avec Gaston Flosse, l'ami polynésien sur lequel il ne faisait pas bon enquêter.

 

- Sur ces étranges relations japonaises, et notamment un banquier plus que sulfureux.

 

Sur les massacres, d'Ouvéa à Brazzaville, sur lequel le Chi, père auto-proclamé des peuples opprimés, aura fermé les yeux.

 

sur ses relations françafricaines en général et gabonaises en particulier

 

- sur son cabinet noir

 

 

Bref 2 ans avec sursis, c'est certes beaucoup pour un vieil homme et tard, si tard après les faits. Une sorte d'hommage pour l'ensemble de sa carrière, trop mal récompense. Les acteurs ont leur César d'Honneur, Chirac sa condamnation d'honneur. Rideau?