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R.I.P. Triple A ?
Malgré tous ses efforts - et un nouveau cadeaux aux banques- SAAArko Ier va voir la note de la France dégradée. Une première pour un Président. Enfin une vraie rupture…
Le 19 Août 2011, sur le plateau de l’émission TV C’est Dans L’air Jean-Michel Six, chef économiste pour l’Europe de l’agence de notation Standard & Poor’s, déclarait : « …la France a son triple A ; et avec une perspective stable, ce qui veut dire que, au moins dans les 2 années qui viennent, nous n’envisageons pas de changement de cette note… ».
Sauf à envisager que le facétieux Jean-Michel se soit payé la tête des téléspectateurs cet été, on comprend mal que Sarkozy et ses affidés se répandent aujourd’hui dans tous les médias pour affirmer –certes sans grande conviction – que la dégradation de la note de la dette française ne serait pas « insurmontable ».
Moody’s et Fitch, compères et concurrents de Six, pourraient bien sûr tirer les premiers. Mais à force de dire tout et son contraire (« si on perd le triple A je suis mort ») le bateleur en talonnettes de l’Elysée a fini par décourager ses spectateurs les plus indulgents.
Plus c'est gros plus ça passe
De dîner impromptu, en rencontre bilatérale torride avec Frau Angela en passant par sa prestation martiale lors du « dernier » sommet du 9 décembre dont les effets d’annonce et d’image sur l’opinion européenne et les marchés n’auront pas duré plus de 8 jours, Sarkozy a fini par lasser. En particulier les détenteurs étrangers d’obligations françaises qui goûtent modérément l’adage favori du chef de l’état selon lequel, plus c’est gros, plus ça passe…
Ayant laissé la dette extérieure s’envoler à un niveau stratosphérique au cours de son quinquennat, comment pouvait-il s’imaginer que l’arnaque ne serait pas découverte et sanctionnée un jour ou l’autre ?
Certes l’indolence incompréhensible d’une opposition de gauche sans projet et engluée dans sa petite cuisine partisane, conjuguée à un aplomb qui force l’admiration, avait fini par le persuader qu’il pouvait tout se permettre.

Y compris de nier l’évidence d’un échec quasi total de la politique mise en œuvre sous son autorité : croissance en berne malgré une volonté affichée « d’aller la chercher avec les dents », stagnation du pouvoir d’achat moteur français traditionnelle de la croissance, perte nette étourdissante d’emplois industriels et ré-industrialisation en souffrance malgré des postures indécentes auprès « d’ouvriers de province » triés sur le volet, chômage insoutenable des jeunes et des seniors, déficit béant du commerce extérieur, retour très improbable des exilés fiscaux…bref, un zéro sur 20 pointé. Que le mec envisageait sérieusement de maquiller en ajoutant un « 2 » devant.
On a même oublié que l’homme s’était mis en tête de faire la peau des juges d’instruction, histoire de nous épargner les remugles de sales affaires d’état…
Pas « insurmontable » une dégradation de la signature française ? C’est vrai qu’on n’est plus à un mensonge près.
Passe encore si elle n’est que d’un cran, genre de AAA à AA+.
3 milliards pour une cavalerie de Ponzi
S’il venait l’idée saugrenue à Jean-Michel Six et ses potes, de nous infliger une correction de 2 crans et qui plus est que nous soyons le seul des 6 états européens encore dotés du Triple A à la subir, ça pourrait au contraire, devenir franchement saignant.
Depuis l’entrée en vigueur de l’Euro, le pays a pu emprunter à moyen et long terme à un taux moyen de 4,15%.
Une dégradation d’un cran porterait le taux que nous acquittons sur notre dette à 10 ans, à un niveau supérieur d’un ou deux dixièmes de points par rapport au prix de 3,3% auquel nous plaçons nos emprunts actuellement.
Deux crans, en revanche pourraient bien augmenter le taux d’un pour cent.
Or, de l’avis général, 100 points de base (1%) de plus au niveau du taux d’intérêt, c’est environ 3 milliards d’euros supplémentaires à trouver pour continuer à faire fonctionner la cavalerie de Ponzi (les emprunts d’aujourd’hui remboursant ceux souscrits hier ; solder les dettes du pays n’a jamais été à l’ordre du jour et ne le sera jamais bien entendu…merci et bravo mon papa).
Pour autant, à la sortie du Sommet du 9 décembre, Sarkozy avait bien cru s’être tiré d’affaire.
Les banques, grandes gagnantes
Frau Merkel avait beau maintenir son « nein ! » à la monétisation des dettes souveraines par la Banque Centrale Européenne, le fait que cette dernière ait discrètement décidé d’octroyer pendant 3 ans aux banques des ressources illimitées à un prix très amical allait, pensait-il, permettre de contourner l’obstacle teuton : grâce à cet artifice, les banques allaient être aimablement invitées à réduire leurs cupides folies dérivées et à continuer à acheter à tour de bras, de la dette souveraine estampillée Sarkozy.
Acheter du papier rapportant 3,5% avec du fric payé 1% au maximum, devait constituer pour les banques bichonnées par la Sarkozie, une nouvelle combine « gagnant-gagnant ». Une petite réforme « intergouvernementale » du Traité par là dessus (c’est à dire sans avoir besoin de consulter ces abrutis d’électeurs européens de plus en plus eurosceptiques) et le tour serait définitivement joué et la réélection du génie, assurée.
Las, Jean-Michel Six - sans doute un mauvais patriote qui pourrait bien subir à titre personnel la colère froide d’un Sarko revanchard – et ses copains seraient sur le point de siffler la fin de la partie.
Plus insupportable, pendant que l’Europe a les yeux rivés sur notre Triple A, les Grecs qui ont allumé la mèche avec leur comptabilité nationale truquée et ont mobilisé toute l’intelligence des élites européennes pour les sortir de leur guêpier, se font la malle : en septembre, ce sont 5,5 milliards d’euros qui ont quitté le pays en douce. Rebelote en octobre où 6,8 milliards d’euros ont été retirés des banques par les entreprises et les particuliers. Ça promet d’être pire en novembre et en décembre et au total, ce sont 20% des dépôts bancaires qui ont été retirés par les grecs en 2011, sans attendre les hypothétiques plans de sauvetage du FMI et de la communauté internationale…
C’était bien la peine que le président Sarkozy se décarcasse pour défendre un défaut « partiel consenti » de nos amis athéniens….
La bonne affaire du retour au mark?
Deux malheurs ne venant jamais seuls, sa cavalière Frau Merkel, découragée de perdre un allié lâchement frappé par les agences de notation, pourrait bien elle aussi entrer dans le « money-time » : abandonner l’Euro aux indécrottables européens et rétablir le bon vieux Deutschmark comme nous l’évoquions dans une précédente livraison.
Pour Berlin, une opération éventuellement bien moins coûteuse que de garantir en dernier ressort, la robustesse de l’édifice financier européen qui se lézarde. Après tout, rembourser en Deutschmark, des dettes teutonnes souscrites ces dix dernières années en Euros, dévalués de 30 à 40% en cas de bras d’honneur allemand, pourrait s’avérer une très bonne opération pour la nouvelle dame de fer.
Sarko 1er victime des forces perfides de l’axe Cameron-Merkel : quel pied de nez de l’Histoire….







