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Du Gaspi sur les pavés des Paris

Promenade bougonne dans les rues de Paris, entre un espace de glisse de la mairie et une croix de bois du ministère de la culture… Vive la crise.

 

Cette nuit, en évitant les embuscades de la BAC et ses fusils à pompe, j’ai fait le tour de l’Hôtel de Ville de Paris afin de compter ses fenêtres. Il y en a un sacré paquet. Pourtant je demande si ces croisées seront assez nombreuses pour que Delanoë et ses amis continuent d’y jeter tout l’argent qu’ils ont encore foutre en l’air ? Un exemple symbolique, celui de la rue Léon Cladel dans le IIe arrondissement. Une petite voie de rien du tout, charmante, avec la courtoisie de proposer une échappatoire aux embouteillages de la rue de Réaumur. Large et bien taillée entre de beaux immeubles de pierre et de fer de la fin du 19e siècle, cette rue n’en demandait pas davantage. 

 

Rue Cadel: 

glisse à 300 000 euros 

Sauf que l’édile est un animal pensant, et que, même la nuit il  cauchemarde sur des thèmes essentiels pour ses concitoyens. Vous qui, comme moi, ne pensez rien, notre cerveau reptilien ne nous dicte que des schémas dans ce genre : Delanoë et ses amis  sont obsédés par le chômage, par les SDF du dedans de paris et qui couchent dehors, par la cohue du RER… Pas vraiment. L’élu pense à la rue Cladel qu’il s’agit de transformer en un « espace de glisse ».

 

Pour ce faire on a barré le chemin et mis une pancarte qui annonce que la construction de cette piste de ski, dans Paris, va coûter 250 000 euros aux contribuables. Disons 300 000 avec les traditionnels petits débords (dans lesquels Guy n’a rien à voir). Peu importe, c’est moins cher que de s’offrir le TGV jusqu’à Chamonix où on risque trop d’y croiser un autre maire, bien rigolo lui aussi.

Je loue un paire de ski, un bonnet, des moufles et sous-traite même le bronzage de Séguéla pour ne pas avoir l’air ridicule. 

 

 

Et puis paf. Rien. Rien pas même une banane ne peut vous faire glisser rue Cladel ? Que se passe-t-il. Enquête et contre enquête faites, le projet est de dérouler ici une sorte de serpent en formica, vert italien, et permettre à quelques planches à roulettistes de faire les cons. Vous mesurez-là combien je déteste les jeunes et suis imperméables à leurs si justes revendications ! Indignez-vous.

 

Le Skate de la ville

 

Résumons. On bouche une rue aussi utile aux piétons qu’aux vélos et pourquoi pas aux autos (beurk), pour y faire du « skate » le tout pour 300 000 euros. Sans compter l’infrastructure à mettre en place avant de pouvoir dérouler  ici le vert boa. C’est bien d’avoir des élus qui, en un demi clin d’œil, ont compris la gravité et l’urgence de notre misère. J’ai entendu dire que Bertrand Delanoë venait de lancer un appel d’offres afin d’ouvrir de nouvelles fenêtres dans les murs de l’Hôtel de Ville de Paris ? Si c’est vrai il a bien raison : avec ses impôts locaux qui crèvent tous les plafonds, il est normal qu’on aide  le fric à sortir par les fenêtres. Supposons enfin que Bertrand et ses ludiques n’ont jamais lu l’ouvrager majeur de Léon Cladel : « Les Martyrs Ridicules » préfacé par Baudelaire. Glissons. 

 

Une chaise pour le Français

 

Dans le même coin, l’ineffable Frédo, connu aussi sous le vocable de Mitterrand, ne manque pas doubles ventaux pour y basculer l’euro par paquets. Le scandale se déroulant dans les jardins du palais Royal, sous les fenêtres de son bureau, le neveu de Tonton aura peu de peine pour y envoyer la monnaie. Ainsi le Ministère de la Culture, annoncent par pancartes, avoir financé un théâtre en planches capable d’abriter la Comédie Française pendant quelques mois…

Mais que se passe-t-il donc au « Français » ? On dératise, on brûle les planches après le trop long séjour de quelques épouvantables cabotins ? Non, « on fait des travaux ».

 

Frédo Mitterrand, 

ministre à la croix de bois

 

Le temps de frapper un peu plus que trois coups, on aurait pu dresser une tribune sous la pyramide du Louvre et y coller les amis de Molière devant les rideaux noirs de Jean Vilar… Les installer à la Bourse du Travaille ou les caser en alternance au Palais Garnier… Non. On a construit, entre les colonnes de Louis, une boîte à chaussures en planches dont le coût annoncé est de deux millions. Mettons trois avec les débords (Marceline Desbordes-Valmore ni est pour rien non plus). Je râle comme un vieux cons, alors qu’en réalité Frédo a une idée de génie. Il va demander à Nicolas de venir (non pas assister à Phèdre ce qui serait trop cruel), mais passer quelque moment afin de toucher les murs comme on touche la bosse qui porte bonheur. Après il sera facile de vendre le bois du théâtre en amulettes. Ca a bien marché une fois avec les morceaux de la vraie croix.