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Villepin sur le grill
La rocambolesque saga Clearstream n’a pas fini de faire trembler le microcosme politique parisien. À peine remis de sa farniente en Polynésie, Dominique de Villepin a du brusquement troquer la chaise longue douillette pour la sellette judiciaire. Ce vendredi 27 au matin, l’ancien Premier ministre a été entendu une petite heure par les fameux juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, alias Zig et Puce. « Complicité de dénonciation calomnieuse », « complicité d’usage de faux », « recel d’abus de confiance » et « recel de vol » : ces quatre chefs de mise en examen dans le brûlant dossier Clearstream ont été signifiés à de Villepin. Placé sous contrôle judiciaire, il est interdit de rencontrer son ancien patron Chirac ainsi que les autres mis en cause dans cette affaire. En prime : le versement d’une caution de 200 000 euros. Sans attendre, de Villepin a indiqué qu’il fait appel et a déclaré à Zig et Puce qu’il ne répondrait pas à leurs questions avant de « prendre connaissance du dossier ».
Fusillade. Ce vendredi soir, la pression est palpable à la Gare du Nord, tristement célèbre pour les violentes émeutes de mars dernier. Un jeune a été « grièvement blessé » par les forces de l’ordre avant d’être transféré à l’hôpital en urgence. Selon les sources policières immédiates, tout aurait dérapé après un banal contrôle d’identité effectué par la police des transports vers 19h20. L’individu aurait alors tiré à deux reprises avec un pistolet à grenaille sur les trois policiers, sans atteindre sa cible. « Les policiers ont riposté, blessant l’individu à l’abdomen et à un pied. Les sapeurs-pompiers ont pris en charge le blessé », a vaguement détaillé la préfecture de police. Selon des jeunes qui prétendent avoir assisté à la scène, l’individu aurait reçu trois balles des policiers et fustigent l’acharnement de ces derniers, las des interventions musclées de ceux qu’ils nomment « les GI de la banlieue nord ».
Sarkasmafrique. Que pense vraiment Sarko Ier de la colonisation ? Pendant trois quart d’heure, devant la jeunesse estudiantine sénégalaise, Sarko a tenu le crachoir. « Rupture » de la « Françafrique », immigration néfaste pour les deux pays, « renaissance africaine ». Peut-être que d’avoir vu le Khadafe, il s’est senti poussé des ailes de guide. À Dakar, toutefois, les mots ont été plus forts que jamais. Il a dénoncé les effets pervers de la colonisation : « Ils ont cru qu’ils étaient la civilisation (…). Ils ont abîmé une sagesse ancestrale. (…) Le colonisateur a pris, s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources (…). Ils ont eu tort » a-t-il scandé. Le ton était bien différent pendant la présidentielle. À Marseille, le 19 avril 2007, le coude bien incrusté dans le perchoir, de sa voix intime, il avouait « je vais peut-être créer une polémique mais peu importe ». Sarko déroulait son discours sur la colonisation. Devant un public qu’il sait largement pied-noir ou tendance FN, il lâche : « Ceux qui ont le plus souffert de la colonisation, c’est vous ». Vous, les rapatriés, les colons, fils de colons. Le Sarko s’adapte, encense et parfois sans nuances, ça dépend des occasions. Dans tous les cas, la presse africaine ne l’a pas ménagé. Le Sud Quotidien de Dakar parle « d’injure ». D’autres n’ont pas aimé « la leçon ». Le président français s’est cru en « mission civilisatrice », affirme Sud Quotidien, également à la une, tandis que Le Populaire, moins nuancé, titre : « Les vérités (résumées) de Sarkozy aux Africains : Arrêtez de pleurnicher ! » « À défaut de la Françafrique qu’il honnit, place à la Sarkafrique ! »
Justice pressée. Le tribunal correctionnel de Casablanca maintient l’incarcération du journaliste de l’hebdomadaire al Watan al An, Mustapha Hurmat Allah. Tel est le verdict prononcé ce jeudi qui repousse à mardi prochain la suite du procès impliquant le journaliste et le directeur du journal, Abderrahim Ariri, en liberté provisoire. Les deux confrères sont accusés par la justice du Royaume de M6 d’avoir publié des documents confidentiels des services de renseignement dans les colonnes de l’hebdo. Parallèlement, le parquet a décidé de déférer devant la justice militaire huit membres de l’armée royale, « pour avoir perpétré des crimes relatifs à la fuite de certains documents et secrets concernant la défense nationale dont ils avaient la charge de par leur profession ».
Al-Maliki accusé d’espionnage. En janvier, dans une réunion à Ryad, les Saoudiens prévenaient les Américains de leurs doutes à l’égard du chiite Nouri Kamal al-Maliki. Le Premier ministre irakien serait pour les rois du pétrole un agent de l’Iran. Fournissant de nouveaux documents, les Saoudiens sont revenus à la charge. Les Américains démentent et accusent Ryad de vouloir saper l’action américaine. Indiquant que 60 à 80 volontaires à l’insurrection anti-américaine rentreraient en Irak via L’Arabie Saoudite, les Américains préfèreraient qu’ils s’occupent des leurs affaires plutôt que celles de Bagdad. La Maison Blanche certifie dans la lancée qu’elle a une relation « très forte » avec l’Arabie Saoudite. Diplomatie oblige.







