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Marseille, le ballet judiciaire reprend au Conseil Général

Ancien président de 13 habitat et toujours conseiller général, le socialiste Jean-François Noyes a été mis en examen le 11 janvier dans le vaste dossier des marchés truqués marseillais.

 

Le ballet judiciaire reprend à Marseille. Avec le même chorégraphe, en la personne du juge d'instruction Charles Duchaîne, le même thème, le dossier Guernica - vastes enquêtes sur le clientélisme qui ronge la politique et les marchés publics marseillais- et les mêmes danseurs convoqués en rappel.

 

Ce 11 janvier au matin, un conseiller général des Bouches-du-Rhône a effectué le difficile passage du statut de témoin à celui de mis en examen pour «association de malfaiteurs en vue du trafic d'influence et de recel de trafic d'influence»,  le socialiste Jean-François Noyes.

 

Ancien directeur de cabinet puis conseiller spécial du président Jean-Noël Guérini -lui aussi mis en examen- Noyes a été de mars 2008 à juin 2011, le président de 13 Habitat, l'office des HLM du département. Un poste clé et fort exposé…

 

13 Habitat, tremplin et berceau des Guérini

 

L'ancienne Opac sud constitue le principal pourvoyeur de logement social de la ville de Marseille, l'une des mamelles du clientélisme dans une cité où près de 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. 

 

Au cours de leur enquête, les pandores ont épluché des heures d'écoutes durant lesquelles Alexandre Guérini, frère de Jean-Noël, a sollicité la directrice de cabinet de Noyes ou Noyes lui-même afin d'obtenir logements et emplois pour ses protégés. A cette occasion, un logement sera même attribué, comme l'avait révélé Bakchich, à la fille de Bernard Barresi, grand truand dont la cavale de vingt ans s'est achevé en juin 2010.

 

La compagne de Barresi, Carole Serrano, a elle même longtemps été attributaire de marchés de sécurité auprès de 13 habitat pour plusieurs millions d'euros.

 

Alexandre Guérini lui-même a bénéficié, jusque dans les années 2000, de divers marchés publics liés à l'office de logement social. Débarras de caves, nettoyage, services de nettoyage... auprès d'un établissement auquel l'histoire des Guérini est profondément lié. A la fois berceau et tremplin.

 

Le père d'Alexandre et Jean-Noël a fait une longue carrière au sein de l'Opac Sud, avant que douze ans durant, il ne soit dirigé par...Jean-Noël lui-même. Un poste qu'il ne quittera que pour la présidence du conseil général, en 1999. 

 

 

Trafic d'influence, association de malfaiteur et clientélisme

 

Les ingérences multiples, relatées par Bakchich, d'Alex dans la gestion de 13 Habitat ont depuis sa nouvelle mise en examen du 29 septembre dernier une traduction juridique. «Association de Malfaiteur en vue de trafic d'influence et de recel de trafic d'influence» pour s'être «dans un objectif clientéliste, immiscé de manière continue dans les affaires relevant de la gestion de 13 HABITAT, avec l'assentiment du président de cet organisme rattaché au Conseil Général, et aux fins d'obtenir l'attibution préférentielle de logements ou d'emplois».

 

Les termes «avec l'assentiment du président» rendaient plus que probable la mise en examen de Jean-François Noyes, pour les mêmes griefs: «association de malfaiteurs en vue de trafic d'influence et de recel de trafic d'influence.» Et annonce du gros temps sur le Vieux Port...ou du côté du Palais du Pharo, siège de la communauté urbaine de Marseille. 

 

Alexandre Guérini est également mis en examen pour s'être, « dans un objectif économique en lien avec les sociétés dans lesquelles il était directement ou indirectement intéressé, immiscé de manière continue dans les affaires relevant de la compétence de la Communauté Urbaine de MARSEILLE ». 

 

En février 2011, plusieurs élus et fonctionnaires de la CUM sont passés, sans autre dommage que la garde-à-vue, au tourniquet des gendarmes. Et en sont ressortis, à l'instar du président Eugène Caselli, avec le statut de simple témoin…. 

 

Le 2e tour de piste de piste pourrait être plus douloureux.