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L'Intérieur à pas de Guéant

Le patron de la place Beauvau, miné par les scandales et les bévues de com', souhaite porter plainte en diffamation contre un député socialiste. Nouveau souci en vue...

 

Avec Guéant «J'ai un véritable ministre de l'Intérieur». Eventé par le Canard Enchaîne le 28 décembre, le bel hommage de Sarko Ier à son ancien secrétaire général ne manque pas de faire sourire. Avec un directeur du contre espionnage mis en examen pour avoir pisté les sources des journalistes (Bernard Squarcini), un flic de haut vol en prison pour avoir trop batifolé avec des voyous (Michel Neyret), un haut policier soupçonné d'avoir participé à un réseau de proxénétisme (Jean Christophe Lagarde), le préfet Guéant affiche un beau bilan de ministre. 

 

Sans compter des saillies surréalistes sur la sécurité, notamment à Marseille, où, alors que les fusillades se sont multipliées fin décembre, l'ex-Directeur de la police de Charles Pasqua assure que dans la ville «le climat de sécurité s'améliore». Déclaration fêtée comme il se doit par des tirs à l'arme lourde dans les quartiers délaissés de la ville.

 

Le ministre missionnaire dans la position du plaignant

 

Vraiment du beau boulot, une maison poulaga bien tenue, des expulsions gargarisantes… Et un avantage sur son prédécesseur, le multirécidiviste Hortefeux, un casier vierge.

 

Quand Brice, à la lucidité rassurante au moment de se désigner expert en conneries, présente deux condamnations au compteur, le ministre missionnaire Guéant adopte la position du plaignant.

 

Dernier exemple en date, avant que la perte du triple A n'élude un peu le scandale, le chantier de l'IGS. Le Monde puis le Point révèlent comment la police des polices a oeuvré pour faire chuter des policiers jugés trop proches de la gauche en 2007. PV truqués, écoutes tronquées, rien ne manque pour les chargers et démontrer qu'ils ont participé, au sein de la préfecture de police, à un trafic de titre de séjour….

 

 

Plane dans l'air une suspicion d'une opération politique, que formule Bruno Le Roux, porte parole de François Hollande. «J'ai totalement confiance dans la police et dans l'Inspection générale des services (IGS). Quand des opérations ont été montées comme cela, cela veut dire qu'il y a eu désordre et, où que l'on remonte dans cette affaire, il y a un nom, c'est Claude Guéant», avant d'en remettre une couche. «S'il y a un personnage à qui il faut demander des explications, c'est Claude Guéant, avant peut-être d'avoir à en demander à un autre responsable politique». A l'époque du chantier, Guéant officie comme directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. 

 

Constitution et correctionnelle

 

Sitôt entendu ces attaques, Claude Guéant assure qu'il va porter plainte en diffamation. «Intimidation», crient en choeur les socialistes. Et le ministre de préciser qu'il peut porter plainte, puisque les propos ont été tenus en dehors de l'hémicyle. A voir….

 

L'article 41 , alinéa 1er, de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse précise, en effet, que :«ne donneront ouverture à aucune action les discours tenus dans le sein de l'assemblée nationale ou du Sénat». Nulle précision quant à la personne qui les tient ou au lieu exact, tant qu'il est au sein de l'Assemble ou du Sénat. Or, Bruno Le Roux a livré sa pensée dans les couloirs du Palais Bourbon. D'où un risque que l'éventuelle plainte ne soit retoquée devant la 17e chambre correctionnelle. La même qui avait condamné Hortefeux pour atteinte à la présomption d'innocence, injure raciale. Et scellé son sort de ministre...