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ACCOYER QUI S’EN DÉDIT
Le président UMP de l'Assemblée nationale n'aime pas que les politiques s'en référent à la guerre de 39. A une exception près. Lui.
Bernard Accoyer, président UMP de l’Assemblée nationale, n’aime point – c’est humain – qu’on lui pose trop de questions trop dérangeantes: le réalisateur Gilles Perret l’a très directement expérimenté lorsqu’il a eu l’effronterie de lui demander, il y a quelques années, pour les besoins de son admirable documentaire Walter, retour en résistance, s’il n’y avait pas quelque chose comme l’esquisse d’un commencement de « contradiction, entre», d’une part, les surmédiatisés pèlerinages présidentiels de Nicolas Sarkozy au plateau des Glières, haut lieu de la Résistance et, d’autre part, le fait, abondamment documenté, que, « depuis son élection, Nicolas Sarkozy s’applique à démanteler » (1), avec beaucoup d’une rare application (et en même temps qu’il jure, la main sur le cœur, que son action s’inscrit dans son droit prolongement), le programme du Conseil national de la Résistance ?
Bernard en Résistance
Cette question, poliment posée, exaspéra le contenu Bernard Accoyer - qui jura, s’emportant, qu’il n’avait « jamais vu » un « tel amalgame », puis se fit menaçant pour lancer à Gilles Perret : « Si vous faites l’amalgame entre la Résistance et un débat politique contemporain, ça ne se passera pas bien. Vous avez compris, hein ? Je ne laisserai rien passer ! »
Puis de conclure, comme le réalisateur poussait son audace jusqu’à lui rétorquer qu’il ne voyait pas où était « l’amalgame » dans ses questions : « Je vous écrirai. »
Ainsi fut fait : quelques jours plus tard Gilles Perret reçut une lettre à en-tête de l’Assemblée nationale, datée du 20 septembre 2007, où Bernard Accoyer, derechef, l’admonestait (d’abondance) – lui reprochant notamment de l’avoir trop hardiment questionné, dans « des lieux de mémoire et de recueillement », sur « un prétendu démantèlement du système social issu de la Résistance » par le gouvernement, et de l’avoir contraint à déroger à sa « règle », qui est de ne jamais s’« exprimer sur des questions politiques dans des cadres inappropriés ».
Des Glières au perchoir
Après quoi : cinq années sont passées, durant lesquelles Nicolas Sarkozy s’est certaines fois montré, lors de ses déplacements aux Glières, un peu (trop) primesautier - comme lorsqu’il a, par exemple, lancé le 18 mars 2008, dans l’enceinte du cimetière où sont enterrés 87 maquisards du plateau, quelques grasses blagues ; mais jamais l’exigeant Bernard Accoyer ne s’est formalisé de cette légèreté.

Et pour finir, le 11 janvier dernier : le président UMP de l’Assemblée nationale a tranquillement déclaré, lors de ses vœux à la presse, que si son parti ratait le « rendez-vous » de l’élection présidentielle (et que si, par conséquent, les socialistes l’emportaient), « les conséquences économiques et sociales pourraient être », pour la France, « comparables à celles provoquées par une guerre ».
Mais cela n’était bien sûr pas un amalgame, et cela n’avait rien non plus, il va de soi, de l’expression d’une triste saillie politicienne dans un cadre inapproprié…
…Car ces choses-là, on le sait, sont de celles que Bernard Accoyer ne souffre pas.



