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Les oublis de François Pupponi
Investi par la PS pour les prochaines législatives, le député maire de Sarcelles feint d'oublier quelques uns de ses fils à la patte.
A mesure que se dévoilent les mystères du Cercle Wagram, établissement de jeux parisien que se sont disputé les héritiers du gang corse de la Brise de Mer, la position de François Pupponi devient de moins en moins confortable. Et ce ne sont pas les récentes révélations qui vont faire baisser la tension du maire de Sarcelles.
Parti sur une extorsion de fonds et blanchiment en bande organisée, l'instruction du juge Serge Tournaire s'est peu à peu enrichie. D'un supplétif pour menaces sous conditions notamment, dont la cible est claire: François Pupponi. L'ancien bras droit de DSK est accusé par un ancien employé de l'avoir menacé, au nom du grand banditisme. Objet des remontrances adressées à Christophe Vedrune, les lettres envoyées par Térésa Cortini, sa belle-fille, pour dénoncer son éviction du Cercle où elle a occupé le poste de directrice financière adjointe jusqu'au 19 janvier 2011.
Ciblé par la justice, le dossier de la sécurité a disparu
Egalement dans le viseur des enquêteurs, les étonnantes prestations de sécurité assurées de décembre 2006 à juin 2007 au cabinet du maire par une société insulaire, la Sisis, dirigée de fait par le clan Fédérici, alias les bergers-braqueurs de Venzolasca. Dévoilés par Bakchich, ces menus services intéressent au plus haut point les limiers, qui, après une première perquisition à la mairie, se sont permis d'adresser une réquisition judiciaire afin d'obtenir les détails de ce marché. Peine pas tout à fait perdue.
Si «le dossier a disparu», plaide la directrice générale des services aux policiers venus la questionner le 1er décembre, la fonctionnaire leur apporte quelques précisions sur les modalités du marché. «Nous avons demandé à la police municipale de Sarcelles de nous conseiller sur les entreprises à consulter, en réponse M. Thierry Clovis nous a remis une liste de 4 sociétés» dont est absente la Sisis, qui remporte pourtant le gros lot…«J'ai été destinataire d'une offre de la Sisis et cela sans même avoir pris l'initiative des les démarcher», décrit-elle sans s'étonner de faire travailler une société basé à 1000 km de Sarcelles. «Rien ne l'interdit». Quant à la validation finale du dossier, elle ne peut intervenir qu'après signature d'un élu.
«M. Pupponi a du valider ce bon»
«Je pense que c'est plutôt M. Pupponi qui a dû valider ce bon, de plus ça intéressait directement le cabinet», déduit l'employée. Aussi logique qu'invérifiable puisque sa signature «ne se trouve que sur l'original... normalement nous devrions en avoir la copie mais nous n'avons pas retrouvé le dossier». Ballot?
Les déclarations de sa directrice générale mettent en tout cas en porte-à-faux l'édile de Sarcelles, qui a assuré ne pas s'être mêlé de ce marché «Des offres de gardiennage à Sarcelles, j'en ai 150 par jour. De Corse, pas de Corse, de banlieue, pas de banlieue. En 2006, des jeunes avaient été virulents et les services compétents ont trouvé cette société qui a répondu à un appel d'offres et voilà. Ils n'ont pas travaillé très longtemps. Le contrat n'a pas duré plus de quelques semaines.», a-t-il expliqué à Corse Matin. Sept mois, en réalité. Sans doute un oubli. Un de plus pour François Pupponi.

Au commencement des révélations sur ses liens avec le Cercle Wagram, le député socialiste a commencé par assurer qu'il n'avait jamais mis les pieds dans un cercle de jeux, ni eu connaissance des gens impliqué dans le scandale du Wagram...avant de devoir concéder l'évidence. Frédéric Graziani, mis en examen, Philippe Terrazzoni, incarcéré et Michel Ferracci, simple témoin, sont de ses fréquentations. Au point que ces messieurs se rendent à Sarcelles, assister à des concerts de musique corse. Idem concernant le patron de la sécurité du Wagram, Ali Djasbaraee Kolingbar, dont il assure n'avoir jamais entendu parler... ce dernier, témoin assisté dans le dossier, déclare connaître le maire.
L'ombre des grand bandits sur la mairie
Convoqué le 17 janvier dans le bureau du juge Tournaire, pour s'expliquer sur ces curieuses relations, l'ancien bras droit de DSK a vu son audition reportée. «Sine die», s'est réjoui son avocat Jean-Dominique Lovichi. Une victoire qui prend des airs de sursis avec les révélations de L'Express...sur de nouveaux oublis de Pupponi. Un nom ressort : Farouk Achoui. Employé municipal peu présent malgré des rapports fort complaisants, le cousin du célèbre avocat Karim Achoui fait depuis 4 mois défaut. Connu selon l'hebdomadaire pour appartenir à la mouvance du clan Hornec, célébres voyous des banlieues parisiens, Farouk est incarcéré pour tentative d'extorsion, de séquestration et d'enlèvement avec deux autres fonctionnaires de la ville.
«Je ne peux pas connaître les 1500 employés communaux» s'agaçait M. le maire quand d'impétrants gratte-papiers ont osé l'importuner sur la question. Certes. Mais l'Express a retrouvé, dans les agendas du maire, trace des liens entretenus avec Achoui. Suffisamment étroits pour qu'il prévoit d'assister à la circoncision de son fils, le 1er mars 2008.
A force d'oublis, des malandrins pourraient soupçonner M. Pupponi d'avoir la mémoire sélective.



