Tweets by @Bakchich

Vous êtes ici

«Tu dis bonjour M. Squarcini»

 

Quand DSK et François Pupponi discutent de leurs tourments judiciaires, de l'état du pays, des journalistes et des écoutes téléphoniques...

 

Ni l'un ni l'autre ne sont mis en examen. Mais les deux anciens maires de Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn et François Pupponi, s'attendent à devoir passer aux mains d'un juge d'instruction. 

 

En tant que témoin pour DSK, dont l'audition est prévue le 21 février, dans l'affaire du Carlton de Lille. Son nom a été largement cité comme le client d'un réseau d'escort girl démantelé par la police lilloise et dont les ramifications ont éclaboussé tant l'hôtellerie que des hauts flics, des entrepreneurs….Position peu confortable pour l'ancien directeur du Fonds monétaire international et ex favori de la présidentielle, comme le décrit Le Monde.

 

La chute de la strauss-kahnie

 

Dans les dossiers du Wagram, François Pupponi n'apparaît qu'à la lisière, accusé par un de ses employés de mairie de l'avoir menacé au nom du grand banditisme, puis d'avoir reçu la visite de grands voyous à la mairie. Visé par un réquisitoire supplétif de menaces sous condition, le député a été convoqué le 17 janvier dernier, pour être mis en examen. Un douloureux moment ajourné, quatre témoins ont assuré avoir déjeuné avec lui le jour où il aurait reçu les bandits. Demeurent toutefois quelques éclaircissements à fournir à la justice. Les raisons de l'emploi à la mairie de Sarcelles d'une société de sécurité liée au banditisme en est un. Les emplois octroyés à des membres de la voyoucratie parisienne un autre. La cause de ses violentes dénégations sur sa fréquentation du Cercle Wagram - il en possède une carte, assurent deux des salariés du Cercle - ou sur ses anciens dirigeants, une troisième. Qui ne manqueront pas de lui valoir un rendez-vous avec le juge Tournaire. 

 

 

 

«Il n'y a plus aucun secret, c'est terrible!»

 

Mais les deux hommes ne partagent pas seulement vertus socialistes et tourments judiciaires.  A en croire une écoute datée du 4 octobre 2011, que Bakchich a pu parcourir, DSK et son ancien bras droit cumulent des vues communes sur bien des sujets…

 

L'état de la France en premier lieu. 

«Un pays qui part en vrille complètement», pense Pupponi. «Absolument une déliquescence complète, je suis bien placé pour le savoir», acquiesce l'ancien patron du FMI, «il n'y a plus aucun secret, c'est terrible».

 

Les journalistes? Tous des pourris

 

La presse hexagonale est également pilonnée. «Et quant aux journalistes, enfin L'Express tout ça, c'est vraiment…», s'énerve Pupponi. «C'est vraiment tous des pourris, embraye Strauss-Kahn, ceci dit, on ne va pas les rater». 

 

Et de dénoncer «les fuites organisées par la haute hiérarchie policière», « de certains flics auprès de l'Elysée» (selon Pupponi), «notamment corse» (appuie Dominique).  

 

Quant à d'éventuelles écoutes, qui le concerneraient, les deux politiques s'en rient. 

 

«- Dominique: fais juste gaffe un peu, fais juste gaffe aux écoutes téléphoniques parce que sinon

- François: Ah oui mais ça (rires)

- Dominique: tu dis bonjour, bonjour M. Squarcini»

 

Raté. Ce n'est pas le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur qui les entend, mais la police judiciaire en charge de l'enquête sur le Wagram. Et qui se borne, dans son compte-rendu, à évoquer que Pupponi «entre dans une logique de complot visant à le déstabiliser sur le plan politique».