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La Joly soirée étudiante d'Eva
Minée par les sondages et les audiences, la candidate écolo s'est retapé le moral avec les étudiants de Paris VIII.
3% d'intentions de vote, à peine 9% d'audience sur TF1 lundi soir, des rumeurs d'abandons qui reviennent périodiquement… Depuis qu’elle a été investi par les écolos dans la course à la présidentielle, Eva Joly peine médiatiquement. Mais que donne la dame aux lunettes rouges sur le terrain ? Mardi 21 février, un peu enrhumée, elle a respecté son agenda à la lettre et s’est rendue à la rencontre de fougueux étudiants de l'université Paris VIII. Suivie de près par une horde de caméramen, elle s’est volontiers prêtée au jeu des questions-réponses. « Eva » a bien failli annuler, elle « est malade, lâche le responsable d’Oxygène, l’association organisatrice de la rencontre, alors je vous demande un peu d’indulgence ». Prévenance inutile devant une assemblée déjà acquise.
« Le jour où Nadine Morano apprendra à lire »
A Paris VIII, où l’on enseigne les langues des minorités ( tamoul, amazigh, corse, breton…), les héritiers revendiqués de 68 goûtent peu les attaques dont la candidate d’origine norvégienne fait régulièrement l’objet. « Le jour où elle apprendra à lire, celle-là !», tacle le responsable d'Oxygène.
« Vous me rappelez vraiment mes années d’études », confie l'ancien première dauphine de Miss Norvège. Avant de s’éclaircir la voix. « Je pense que j’étais dans la même situation que beaucoup d’entres-vous. Je travaillais plein-temps. J’étais secrétaire et je faisais des cours du soir entre 8 et 10. ». Mais à cette époque, fait-elle remarquer, c’était moins « difficile ». Qu’importe, ici, le fabuleux destin d’Eva Gro Farseth, jeune fille au pair devenue juge d’instruction, fait recette. La principale intéressée le répétera à l’envi, si elle est élue, elle abrogera manu militari la circulaire Guéant qui a restreint l’accès des étudiants étrangers au travail.

Eva la Green
Allocation d’autonomie, création de chambres étudiantes, recrutement de 20.000 enseignants, fusion des Grandes Ecoles et des Universités : Eva Joly essaime peu à peu ses mesures pour la jeunesse et l’éducation, dessinant les contours d’un programme de lutte contre la précarité et le mal-logement. Et quand un étudiant téméraire lui demande comment elle compte financer tout cela, la candidate renvoie son jeune auditoire à son budget écologique et social, disponible sur Internet. Savants calculs à l’appui, Eva la Green compte non seulement revenir sur les cadeaux de Nicolas Sarkozy aux plus riches mais aussi augmenter les impôts. Que cet autre étudiant qui, un peu plus tôt, s’était risqué à crier au fond de l’amphithéâtre : « Vive l’UMP ! », se le tienne pour dit ! Eva Joly, la croisée des paradis fiscaux saura trouver l’argent là où il se trouve !
«Légaliser pour couper l'herbe sous le pied des trafiquants»
Mais la mesure qui va enflammer le cœur des étudiants venus en nombre est tout autre. Lorsque Myriam, une étudiante présente, s’interroge sur les positions de l’ex-juge en matière de sécurité, Eva Joly s’empresse d’abattre sa carte maîtresse. « Le premier et peut-être le plus important, c’est de légaliser le cannabis », promet-elle à une assemblée médusée. « C’est une économie mafieuse, poursuit-elle, et les trafiquants ne respectent rien. C’est en leur coupant l’herbe sous le pied… » Aux applaudissements se succèdent les rires. Pas prémédité, le bon mot fait mouche. C’est au son d’un gazouillement béat qu’Eva Joly énumérera ses autres mesures, notamment la création d’un récépissé justifiant le motif des contrôles d’identité.
Droite dans ses bottes
Face à un ou deux étudiants moins convaincus, Eva Joly ne se laisse pas démonter. Alors qu’un étudiant originaire du Congo-Brazzaville, qui avoue « aimer bien François Hollande », lui pose une question sur les paradis fiscaux, elle en profite carrément pour soupçonner Nicolas Sarkozy de financements occultes. « Il a reçu récemment, il y a moins de quinze jours, Sassou Nguesso au palais de l’Elysée ». Et de préciser : « Nous savons, nous pouvons craindre, se reprend la candidate de la « République irréprochable », que la sollicitation des hommes politiques, des dictateurs africains, à l’approche des élections n’est pas complètement innocente. »
Mais quand une étudiante pro-NPA considère que l’accord passé entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts sur le nucléaire est « dommageable », la dame aux lunettes rouge botte en touche. « Je pense que si vous n’aviez pas fermé complètement le poste et les journaux, vous auriez su que moi, je n’ai pas plié sur le nucléaire. » Et de réaffirmer, droite dans ses bottes : « Je suis la candidate de la sortie du nucléaire en 20 ans et cela n’a pas changé ». Dalida est à la mode...







