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Rêve de campagne : François Hollande

Le jour, ils font campagne face caméra. La nuit à quoi pensent-ils ? Bakchich vous révèle les rêves des candidats à la présidentielle. Après Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, vient le tour de François Hollande.

 

En bon camarade, François Mitterrand me tient la main. Il m’assure que la vérification médicale se passera bien. Allongé sur le billot, je lui redemande s’il est vraiment utile d’en arriver là. Qu’il doit bien y avoir un autre moyen de provoquer la baraka. Il me gifle, avec  autant d'amour  que le jour où Ségolène apprit que je sautais une speakerine de direct 8 (payée le double). 

« Sans ma prostate cachée de 1981, je n’aurai jamais gagné, tu m’entends-bien !». J’ose émettre des doutes sur le mérite de son amulette sacrée à l’instauration du socialisme en France. Seconde rouste. On ne rigole pas avec le gri-gri de tonton. Et ni avec le mien. Avec son air de chérubin constipé, il m’expose sa théorie : à gauche, c’est malade qu’on accède au pouvoir, à droite c’est le pouvoir qui finit par rendre malade. Je lui demande s’il a piquée cette saillie à Anne Roumanoff. Nouvelle beigne. Il sort une liste de sa poche et énumère. Chirac, zinzin. Giscard, un sénile qui se prend aujourd’hui pour Céline. Pompidou, trop sanguin. De Gaulle, il chasse le maréchal pour se faire virer par un juif allemand roux, ça l’a rendu fou. 

 

Je lui dis que moi, je souhaite une présidence normale. Et que je briserai cette malédiction. Encore une raclée. Il croirait entendre Jospin. Il fait signe au médecin d’y aller. Avec le majeur, ça lui avait porté bonheur. Soudain mon corps se raidit comme du pain rassis corrézien. Sous l’effet de la douleur, je me mets à délirer : « je taxerai les riches à 75% au-delà du million ! », « je réduirai mon salaire de 30% ! », « je créerai 60 000 postes dans l’Education !». « Encore ! Encore ! » Exhorte Mitterrand. Lui, en 81, ça lui avait fait promettre la rupture avec le capitalisme qu’il me dit ! Je me sens voler au-dessus de l’Elysée. J’exulte au doigté miraculeux du médecin. Voilà que mon équipe de campagne tournoie autour de moi en chantant main dans la main « Youkaïdi aï-da ». Ils ont encore oublié les paroles de l’Internationale. Moscovici et Fabius me font des yeux de merlan-frits, les poils du crâne tourné Matignon. 

Mitterrand fait signe au médecin de se retirer. Mon gri-gri est finalement en bonne santé. Tonton pense que c’est foutu à cause de cette histoire de cul.  DSK, sous le brancard, approuve.

Je me réveille, les fesses qui grattent, de ma sieste sur le lino de Solférino.

 

 

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