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Les «recommandés» de Guérini

Le fils de Bernard Squarcini ne serait pas le seul à avoir été recruté à 13 développement, une société satellite du conseil général, sur demande de Jean-Noël Guérini.  Le sénateur aurait également poussé à l'embauche de Patrick Mennucci.

 

 

 

Vice président de la région Paca, maire du 1er secteur de Marseille, soutien bruyant de François Hollande et aspirant député, le gouailleur Patrick Mennucci s'impose en nouvel homme fort du PS marseillais. Relais privilégié de Solférino dans l'entreprise de rénovation, «le gros», ne cache plus même ses ambitions municipales pour 2014. Une promotion notamment due au mauvais vent judiciaire qui souffle au 9e étage du conseil général des Bouches-du-Rhône.

 

Le bateau bleu, aux mains de Jean-Noël Guérini depuis 1998 n'en finit plus de tanguer sous les coups de boutoir du juge Duchaîne en charge des enquêtes sur les marchés publics présumés frauduleux marseillais. Le dossier Guernica, du nom de code dont l'ont affublé les gendarmes.

 

Lancée en 2009 sur une présomption de carambouille dans la gestion des ordures à la communauté urbaine de Marseille, l'instruction a viré au ballet judiciaire: perquisition à la CUM, dans les locaux du Conseil général, ou de ses satellites 13 Habitat - l'office de HLM- ou 13 Développement la société d'aménagement du département; découvertes de marchés remportés par des sociétés liées au grand banditisme, soupçon de blanchiment d'argent à l'échelon international. 

 

La justice rebat les cartes politiques

 

Emportés dans la danse, des fonctionnaires territoriaux et des élus du conseil général ont été mis en examen, au premier rang desquels Jean-Noël Guérini lui-même, soupçonné d'association de malfaiteurs, trafic d'influence et favoritisme. En un mot, de clientélisme à grande échelle.

 

En 3 ans d'enquête, la justice a largement rebattu les cartes de la politique marseillaise, mettant hors jeu (temporairement?) le sénateur Guérini, ex-grand maître de la rose locale cantonné à jouer à cache-cache avec le juge. 

 

Désormais pourfendeur de ce «système Guérini», Patrick Mennucci n'a pas toujours eu à se plaindre du président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, dont il a été le directeur de campagne lors des dernières municipales.

 

De 2002 à 2008, Patrick a même été fort bien traité par «Nono». 

 

 

Les lucratifs contrats de 13 développement

 

Au cours de ces six années, Mennucci a bénéficié de deux contrats au sein de  13 Développement, la société d'économie mixte du département. Tour à tour chargé de développement (de 2002 à 2005), promu directeur de l'aménagement (de 2006 à 2007) puis chargé de mission aménagement (d'avril à novembre 2008 à temps partiel), l'élu socialiste a perçu 311 726, 10 euros au titre de son travail (et de ses frais) à 13 D, selon les documents consultés par Bakchich.

 

 

Fort rémunérateur, cet emploi a été obtenu à la demande de Jean-Noël Guérini, si l'on en croit les déclarations de Jean-Marc Nabitz.

Ancien directeur général de la SEM du département, Nabitz a été mis en examen pour association de malfaiteurs, corruption passive et blanchiment en bande organisée.

 

«C'était une recommandation de Guérini», a-t-il répondu aux gendarmes qui l'ont interrogé, le 21 septembre dernier, sur cette embauche, tout en tenant à préciser qu'il s'agissait «d'un poste effectif». Si le soupçon d'un emploi fictif semble balayer par ces déclarations, demeure un léger malaise pour Mennucci.

 

 

13 Développement est soupçonné, par les enquêteurs, d'avoir délivré des marchés publics à des entreprises liées au grand banditisme pendant la période où le soutien de François Hollande était en poste. Et le satellite du Conseil général a souvent été présenté comme l'une des mamelles du clientélisme marseillais.

 

Aussi Patrick Mennucci pourrait-il être amené à détailler son rôle exact au sein de 13 D, à une période où l'élu cumulait les mandats de conseiller municipal, conseiller régional et enfin maire du 1er secteur (1er et 7e arrondissement) à compter de 2008. 

 

Le spectre d'une convocation ne le fait toutefois pas transpirer.

 

Des diplômes en défense

 

 

 

 «Sans doute Guérini a-t-il été prévenu de ma candidature, suppose Patrick Mennucci, contacté par Bakchich. Mais j'ai fait acte auprès du président de la SEM, Antoine Rouzaud et de Jean-Marc Nabitz. J'ai les diplômes qu'il faut pour occuper ce genre d'emploi. Si on me demande des explications je les donnerai avec plaisir.» 

 

L'hypothèse est devenue plausible avec les derniers développements de Guernica.

 

La justice se penche, avec une grande suspicion. sur les conditions d'embauche au sein de 13 développement.  

 

 

Pour avoir, toujours selon Jean-Marc Nabitz, recommandé l'embauche et l'augmentation de Jean-Baptiste Squarcini, fils de Bernard, patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Jean Noël Guérini doit affronter un soupçon de trafic d'influence et recel. 

 

L'enquête préliminaire, confiée à la section de recherche de gendarmerie, vise à déterminer si l'embauche du fils du Squale a valu  à Nono les bonnes grâces de son paternel, voire des informations sur les investigations en cours. Balivernes, tant pour Jean-Noël Guérini que pour Bernard Squarcini qui mettent en avant les diplômes de Jean-Baptiste pour justifier de son emploi, comme de son salaire.

 

 

 

 

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