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France-Libye, des atomes crochus

 

Bakchich publie l'intégralité du mémorandum d'entente entre la France de Sarko Ier et la Libye de Kadhafi. Un irradiant document.

 

C’est fou l’énergie que suscite ces temps-ci le nucléaire libyen dans les médias hexagonaux. 

 

Bakchich pour sa modeste part, n’a pas attendu la dernière ligne droite de l’élection présidentielle pour souligner ce que savent tous les secouristes du monde : boire de l’eau de mer non dessalée donne des mirages (cf. « France-Libye, un accord nucléaire qui ne manque pas de sel »). 

 

Le protocole entre Sarkozy et feu son ex-meilleur ami le Colonel Kadhafi que nous publions ici a été signé le  25 juillet à Tripoli, après d'intenses tractations diplomatiques, que les télégrammes publiés par les Inrocks attestent.

 

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C’est Bernard Kouchner notre world famous French Doctor devenu ministre des affaires étrangères et un certain Abdurahman Mohamed Chalgram, alors Secrétaire du Comité Populaire Général de Liaison Extérieure et de coopération internationale, qui étaient de la partie.

 

Un détail, pas si anodin que cela, qui pourrait laisser penser que l’Elysée a entretenu des doutes sérieux sur les réelles intentions du clan Kadhafi jusqu’à la dernière minute.

 

Sous les blouses des infirmières

 

D’autant que Paris ne pouvait ignorer que le site retenu pour la mise en œuvre des dispositions du « Mémorandum d’entente sur la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire entre la France et la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste », relatives à « la coopération dans le secteur des centrales nucléaires pour la production d’énergie et le dessalement de l’eau » à savoir la ville de Tadjourah, à 14km de Tripoli, abritait déjà un réacteur nucléaire civil de 10 megawatts construit par l’ex-URSS et mis en service dès 1981 !

 

Par ailleurs, personne ne s’est sérieusement interrogé jusqu’à présent sur l’apparent déséquilibre des termes de l’échange «infirmières contre nucléaire».

 

Quand bien même Nicolas Sarkozy aurait été prêt à tout à l’époque, pour conquérir l’estime de Sylvie Vartan. 

 

L’affaire pourrait apparaître sous un nouveau jour, à la lumière de la polémique – «grotesque», selon le vocable favori du président lorsqu’il est en difficulté -qui enfle quant à la possibilité que l’homme ait mené sa somptueuse campagne de 2007 avec des fonds en provenance de Tripoli. Une éventualité qui, indépendamment de sa qualification judiciaire, constituerait une énorme faute de goût…

 

D’autant plus grosse, que Paris n’ignorait pas non plus que Kadhafi était en ligne de mire de l’AIEA, au moins depuis le 10 mars 2004, date à laquelle le conseil des gouverneurs de l’Agence à l’instigation de Mohamed Elbaradei son patron, avait adopté une résolution selon laquelle «les manquement passés de la Libye à ses obligations en matière d’engagement de sauvegarde», constituait une violation de l’article XII-C de ses statuts.

 

Divorces d'intérêts

 

Kadhafi et ses potes étaient d’ailleurs à ce point surveillés que, comme l’a révélé Bakchich l’année dernière (cf.« Sarkozy-Kadhafi, un divorce d’intérêt ») le fantasque Colonel sera finalement contraint de passer avec l’Oncle Sam, l’accord secret du 28 octobre 2009, visant à mettre le combustible nucléaire enrichi libyen, à l’abri en Russie. Un épisode à l’origine du télégramme un brin inquiet de l’ambassadeur US du 25/11/2009, selon lequel, le zinc russe était reparti sans sa précieuse cargaison au bout de 4 jours d’attente sur le tarmac surchauffé de Tripoli.   

 

Il est donc inimaginable que la Sarkozy triomphante ait pris un risque géopolitique d’une telle importance pour les beaux yeux d’une poignée d’infirmière, et la reconnaissance d’un médecin palestinien naturalisé bulgare, fut-il anesthésiste. 

 

Au contraire, l’apparente coïncidence de date pourrait avoir été retenue à dessein pour focaliser la curiosité des médias sur l’événement afin de dissimuler un renvoi d’ascenseur d’une toute autre nature. La bonne vieille technique de l’illusionniste en somme…

 

   

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