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Itinéraire politique : le Manuel de la Valls hésitation

 

Le député maire d'Evry semble en passe de perdre son pucelage gouvernemental. Une éclosion que seules pourraient retarder... Martine Aubry et quelques lignes de CV.

 

A quelques jours de l’annonce de la composition du gouvernement, les possibles appelées dissimulent mal leur fébrilité et redoublent de coquetterie. Sevrée depuis belle lurette, la jeune génération socialiste trépigne d’impatience. 

 

Tous, y compris les ralliés de la 25ème heure et les félons de retour de compromission prolongée en Sarkozie qui n’auraient pas misé un petit billet sur Hollande le Normal il y seulement 2 ans, essaient de se placer au mieux pour le sprint final. Les places hélas sont chères ; parité oblige, l’exercice confine au casse-tête et d’évidence, les cocus de la (re)prise de la Bastille seront nombreux… 

 

Au concours de pronostics foireux, le cas de Manuel Valls suscite un intérêt particulier ; ne serait-ce que par la haute opinion que le garçon se fait de lui-même : « je sais que je suis fait pour exercer les plus hautes responsabilités dans mon pays… » confiait-il un brin emphatique le 5 juillet 2011 à Rue89 quelques jours après avoir annoncé son intention de se présenter à la primaire socialiste. Il recueillera 6% des voix, juste derrière Ségolène Royal.

 

Qu’importe ; le « français d’apparence né en Catalogne» comme aurait pu le désigner Sarko qui a tenté de le débaucher en 2007 au titre de l’ouverture, reste plus que jamais convaincu qu’il a un destin national. Sans doute par calcul plus que par inclination naturelle, l’homme est l’un des plus fervents partisans d’une sorte de «ni Gauche ni droite bien au contraire»  sensée constituer de nos jours la forme la plus achevée de l’opportunisme politique.

 

 

Le souvenir de la soufflante d'Aubry

 

Protestant de son ancrage sans faille à Gauche, qu’il réduit néanmoins à « un engagement pour la transformation sociale par la réforme et la pédagogie » un peu frustre, Manuel, incompris comme tous les grands visionnaires, fait mine d’avoir oublié la soufflante que lui a symboliquement expédiée Martine Aubry à la veille de la fête nationale 2009 : « …On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès en s’appuyant sur la force et la légitimité d’une organisation collective, et s’en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle….Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser »…

 

Un compliment qui pourrait lui coûter bonbon le jour de la distribution des prix. On donnerait pas cher de sa peau si Flanby et Miss Pétard, le couple de Premiers Secrétaires un peu contre nature ayant mené la Gauche à l’Elysée en 2012, décidaient de le mettre à l’amende. 

 

Car la Valls hésitation finit par exaspérer : «non mais», au référendum sur la Constitution européenne qu’il votera par discipline après avoir dit tout le mal qu’il en pensait, alchimiste aux petits pieds prétendant concilier l’auto réalisation individuelle et le refus de l’assistanat, la Gauche et la pensée libérale, Valls se la joue Tony Blair tendance Clinton. 

 

Du Siècle à Alain Bauer

en passant par le Grand Orient

 

Le talent en moins, qu’il compense, croit-il par la robustesse de ses réseaux : ceux de la MNEF, mère-nourricière des jeunes responsables socialistes de l’Unef-ID , du Siècle qu’il fréquente du bout des lèvres, de l’Infini maçonnique la loge-mère d’Alain Bauer devenu Grand Maître du Grand 0rient de France le 8 septembre 2000.

 

Paradoxe amusant, alors que la sécurité serait la préoccupation dominante des français, Valls fait preuve d’une timidité de jouvencelle et d’une extrême discrétion sur sa grande proximité avec Bauer, gourou auto-proclamé de la sécurité urbaine et de la délinquance des jeunes au CV impressionnant, qui deviendra le parrain de son second fils et emploiera son ex-épouse Nathalie Soulié de 1994 à 1997 au sein de son cabinet de conseil AB Associates.

 

D’une curiosité insatiable, Le député Maire d’Evry n’aura pas non plus le courage de refuser l’invitation qui lui est faite en 2008, de passer 2 jours en juin aux frais du mystérieux et célébrissime groupe de Bilderberg, lors de la sauterie annuelle des maîtres du monde organisée au Westfields Marriott Hotel de Chantilly en Virginie. 

 

Souvenirs de Bilderberg

 

Il en rendra compte avec une gêne dissimulée avec peine le 5 juillet 2011 : « …J’étais invité, euh, euh, à assister, euh, à deux jours de cette réunion, euh, à Washington ; je ne m’en suis absolument pas caché ; j’ai trouvé que c’était très passionnant d’entendre un certain nombre  de grands responsables internationaux parler de l’état du monde. Voilà, je ne suis pas membre ; ni fondateur, euh, mais j’étais invité ; euh, ça peut être intéressant. Il faut rappeler que c’est un rassemblement qui est né, euh, après la guerre, dont la base était très atlantiste hein ; et d’ailleurs elle le reste, c’est dommage ; essentiellement Europe, Amérique du Nord et Turquie. Peu ouverte encore à ce stade sur le reste du monde. Dans un moment de guerre froide, euh, le choc des blocs de l’Est et de l’ouest, euh, euh, voilà. Vous savez, dans un monde très ouvert, euh, ça existe ; ce qu’il faudrait euh, c’est qu’en revanche euh, euh, les syndicats le font aujourd’hui, au niveau européen comme au niveau mondial. Le parti socialiste essaie de le faire au niveau du parti Socialiste Européen. L’internationale socialiste, aujourd’hui a du mal à être vraiment utile ? ce qu’il faudrait c’est que les grandes organisations internationales politiques de gauche, sociales, euh, moi je voyage beaucoup…. » Suivront des considérations du plus haut intérêt sur la politique de jumelage d’Evry…

 

 

Fidèle au mot d’ordre du groupe d’influence, Valls n’a fourni aucun indice sur la teneur philosophique des discussions ; on le comprend : a notamment été évoquée lors du mystérieux symposium de juin 2008, l’éventualité et les conséquences d’une implantation massive de puces électroniques sous la peau de millions de rebuts de l’humanité au prétexte de lutter contre le terrorisme international. Pour leur faire avaler la pilule, on y inscrirait le contenu de leur « carte vitale » histoire de faciliter leur traitement médical d’urgence en cas de besoin…

 

 Le maire d’Evry fait mine d’avoir oublié que le but avoué du groupe de Bilderberg est d’œuvrer à l’avènement d’un effrayant «gouvernement mondial ». 

 

Lors d’une des réunions du groupe tenue au Sofitel de Rottach-Egern en Allemagne le 5 mars 2005, David Rockefeller, l’un des co-fondateurs du groupe n’avait-il pas eu ce cri du cœur , « …Il aurait été presque impossible pour nous de développer notre plan pour le monde, si nous avions dû nous soumettre aux projecteurs publics pendant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et mieux préparé pour progresser vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers du monde est sûrement préférable à l’autodétermination nationale ayant eu cours aux siècles passés… »

 

Quant au Prince Bernhard des Pays-Bas, né Zur Lippe Biesterfeld, l’un des autres co-fondateurs du groupe qui s’est réuni pour la première fois en 1954 à l’Hôtel Bilderberg  de la charmante commune néerlandaise de Oosterbeck, instruit par son appartenance au parti Nazi des Travailleurs Allemands (Nationalsozialististische Deutsche Arbeiterpartei) jusqu’au 9 septembre 1936, date à laquelle il rendit sa carte de membre pour se fiancer avec Juliana, future reine des Pays Bas, il a eu cette formule savoureuse : « Il est difficile de rééduquer ceux qui ont été habitués au nationalisme, à l’idée d’un abandon partiel de souveraineté en faveur d’une entité supranationale… ».

 

A l’heure ou l’Union Européenne n’est plus très loin de faire l’unanimité des peuples contre elle, Hollande serait bien avisé de nommer Valls à la tête de la diplomatie tricolore. Nul doute qu’avec l’appui de ses nouveaux potes de Bilderberg aux commandes, la question européenne serait vite réglée…

 

 

 

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