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Guérini/Squarcini, affaire classée

 

 

L'enquête préliminaire du parquet de Marseille qui a visé le président du conseil général et le patron de la DCRI pour recel et trafic d'influence a été classée sans suite. Revue de détails.

 

 

Les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules. Promis à l'éviction dès le conseil des ministres du 23 mai,Bernard Squarcini porte encore le titre de patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Mis en examen pour association de malfaiteurs, trafic d'influence et favoritisme, Jean-Noël Guérini a eu le petit plaisir de voir son grand pourfendeur, Arnaud Montebourg, condamné pour injure à l'encontre des dirigeants de Seafrance par le tribunal de Paris. « Cela ma laisse sans réaction, a-t-il confié gourmand à Bakchich. Même si je constate que ceux qui vantent la probité ne sont pas forcément des exemples.» Et de rappeler qu'il a traîné le ministre du Redressement productif devant la justice pour diffamation privée et publique.

 

A ces petits rayons de soleil dans la journée de Guérini et Squarcini, est venu s'ajouter une plaisante issue judiciaire dans un dossier qui concerne les deux compagnons de rééducation cardiaque. L'enquête préliminaire, lancée par le parquet de Marseille pour trafic d'influence et recel, va être classée sans suite, a appris Bakchich de sources judiciaires. 

 

La justice a soupçonné un échange de bon procédés entre le sénateur et le préfet. En résumé, «j'engage et j'augmente ton fils dans une des sociétés dépendant du conseil général et tu me préviens des investigations qui me concernent». Un peu gros?

 

Le témoignage de Jean-Marc Nabitz, ancien directeur de 13 D, société d'aménagement du Conseil Général a été décisif dans l'ouverture de l'enquête. Sur procès verbal, Nabitz a assuré avoir engagé et augmenté le fils Squarcini sur demande de Jean-Noël Guérini. Entre autres embauches.

 

Les mystères de Madrid

 

D'autre part, le nom du Squale est bien apparu dans la vaste procédure Guernica, menée par le juge Charles Duchaîne qui épluche depuis plus de trois ans les marchés publics des institutions marseillaises. Une écoute entre Jean-Noël Guérini et son frère Alexandre, principal mis en examen du dossier Guernica intrigue toujours. Nono prévient Alex qu'un de ses contact, en déplacement à Madrid l'a alerté sur une enquête judiciaire en cours le 27 juillet 2009. 

A cette date, Bernard Squarcini a effectivement accompagné dans la capitale espagnole l'alors président Sarkozy. 

 

Mais les deux hommes ont toujours nié. «J'étais au courant dès 2008», s'est défendu le Squale...quand l'enquête a officiellement démarré en février 2009. «Tout le monde était au courant à l'époque qu'il y avait une enquête» proteste Guérini, alors que l'information a été révélée en novembre 2009 par Bakchich.

 

 

«C'est quand même faire insulte à l'intelligence de Bernard de croire qu'il aurait prévenu Guérini d'une enquête, confie un proche, qui plus est par téléphone».

 

Quant au fils Squarcini, désormais en poste au Gabon, «il a ses diplômes, son travail était effectif et il était même sous-payé lors de son embauche» ont clamé en choeur les deux hommes qui soulignent la rémunération, environ 3000 euros en fin de contrat, conforme à son niveau d'études.

 

Aucun membre de la famille Squarcini n'a d'ailleurs été sollicité par les gendarmes. Seul Jean-Noël Guérini, comme l'a révélé Marsactu, a fait un détour de quelques heures chez les pandores pour répondre à leurs questions le 2 mai dernier. Un premier face-à-face savoureux. 

 

L'un des responsables de l'enquête Guernica est soupçonné, depuis la révélation d'interception judiciaires dans le dossier des HLM de la Ville, d'avoir demandé un service aux proches du député Renaud Muselier, grand pourdendeur du «système Guérini».

 

«Il est dommage que l'enquête sur 13 D n'ait pas été élargi et que l'on regarde vraiment qui a bénéficié d'emplois fictifs», savourent les entourages de Squarcini et Guérini. Qu'ils se rassurent, Guernica n'a pas encore eu sa dernière touche.