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Corse: Le jeune loup du clan natio à l'assaut du fief de Don Camillou

 

Au Sud de l'île, le 2e tour des législatives offre un combat de toute Beauté entre l'héritier de la dynastie Rocca Serra et Angelini, étoile montante du nationalisme corse. Clan contre clan.

 

 

Philosophiquement ils ne sont pas si éloignés. L’ultralibéralisme est leur valeur commune. Ensuite… L’un est le pur produit du clan traditionnel corse, tandis que l'autre s'est frayé un chemin dans la galaxie nationaliste. 

 

L'un est l'ami déclaré de Nicolas Sarkozy, l'autre a une extraordinaire capacité à s'adapter aux circonstances… Comme aux alliances. 

«L'un doit sa fortune à sa dynastie familiale, l'autre à son opportunisme déroutant», nous résume un Portovecchiais, qui souligne immédiatement qu'il est «proche des deux». 

 

Le premier est Camille de Rocca Serra, ancien président de l'assemblée de Corse, conseiller territorial et député UMP. Le deuxième est Jean Christophe Angelini, président du groupe nationaliste Femu a Corsica à l'assemblée de l'Île, conseiller Général du canton de Porto Vecchio et aussi secrétaire national du parti de la nation Corse.

 

Ils sont face à face pour un seul fauteuil disponible au Palais-Bourbon.

Les deux hommes ont bien des points en commun. Ils sont susceptibles!  

 

Don Camillou n'a pas hésité à intenter deux procédures en diffamations contre l'auteur de ses lignes. L'ancien président de l'assemblée de l'Île prétendait, avec insistance et aussi avec une bonne dose d'arrogance, que le journaliste n'avait pas le droit d'écrire que les architectes politiques du nouveau plan d’aménagement de la Corse cherchaient à faire «migrer» certains de leurs propres terrains personnels situés dans des zones inconstructibles, en zones qui n’étaient plus protégées dans le nouveau plan. Le journaliste prenait même le soin de préciser que ce fait « s’apparentait à une tentative de prise illégale d’intérêt »

 

Les terres de Camille de Rocca Serra

 

Contrairement à l'opinion de Monsieur de Rocca Serra, les juges ont retenu que le journaliste avait le droit de publier tout ce qu'il avait écrit. Tout. 

 

À rien n'a servi la capricieuse prétention du puissant chef de clan qui a même fait intervenir le Préfet de Corse. Quel triste honneur: le représentant de l'État  s'est soumis à la volonté de Don Camillou en lui fournissant une attestation de complaisance! Et pourtant...

 

Lors du dernier procès, ayant pour objet un long dossier que j'avais publié sur le Monde magazine, l'avocat de Camillou, n'a même pas retenu opportun de faire appel: «nous jetons l'éponge!», a-t-il lancé, visiblement épuisé par notre démonstration implacable: les agissements de monsieur de Rocca Serra alors qu'il était président de l'assemblée l'Île au moment de l'élaboration du nouveau plan d'aménagement de l'Île s'apparentaient bel et bien «à une tentative de prise illégale d’intérêt »! Tel quel. 

 

 

Non dépourvu d'un naturel sens de l'humour, pendant toute sa campagne électorale Don Camillou déclarait haut et fort… et sans rire: «J'ai toujours agi dans la cohérence et la clarté!» Soit.

 

Quant à Jean Christophe Angelini, en bon nationaliste modéré qu'il est, il n'a pas hésité à bousculer, modérément, un responsable d'une association de défense du littoral en croyant qu'il était ma source, alors que je m'étais permis de raconter comment la famille Angelini était arrivée à monter un restaurant de plage au beau milieu de Palombaggia, un espace strictement protégé . Le secrétaire national du parti de la nation Corse n'a pas non plus donné suite à nos innombrables demandes d'interview. 

 

C'est dommage, nous aurions souhaité lui demander si le candidat aux élections législatives se situait à droite ou à gauche de l'échiquier politique. Nous aurions aussi souhaité l'interroger sur sa condamnation à un an de prison avec sursis dans le sulfureux dossier de la société de sécurité SMS

 

Angelini fait déplacer son frère Valls

 

Nous aurions aussi souhaité connaître avec plus de précisions les rapports privilégiés qui le liaient autrefois au pouvoir sarkozyste, nous aurions souhaité qu'il nous apporte des précisions sur ses rencontres avec l'ancien patron des services des renseignements, Bernard Squarcini, avec qui il pouvait se retrouver au déjeuner, pour discuter de la Corse, chez Maxim's, dans les beaux quartiers de Paris. Nous aurions aussi souhaité poser bien d'autres questions à Monsieur Angelini.... Si c'était grâce son appartenance à la franc-maçonnerie qu'il entretenait désormais des rapports privilégiés avec Emmanuel Valls, le nouveau ministre de l'intérieur, qui s’est déplacé jusqu'à Porto-Vecchio pour se faire accueillir par Jean Christophe en septembre dernier.

Nous aurions aussi souhaité poser d'autres questions au jeune loup nationaliste. Pour ou contre le maintien de la loi littoral? Vraie ou faux que sa famille a demandé avec insistance le déclassement de certains terrains familiaux situés à Palavesa dans un espace inconstructible?  

«Vous, vous êtes un antinationaliste! Écrivez ce que vous voulez mais ne m'importunez plus. Jamais.» c'est la seule réponse que nous avait adressée, après nous avoir planté une série de lapins, le secrétaire national du parti de la nation corse. Une réponse définitive.

Don camillou revendique «J'ai un bilan inattaquable au service de la Corse» tout en jurant… «j’ai toujours agi dans la cohérence et la clarté». 

Jean-Christophe Angelini atteste avec énergie… «je le dis clairement, je représenterai les Corses avec efficacité, énergie et détermination, Ils auront avec moi un député qui aura le souci constant de défendre l’intérêt des Corses avant celui d’un groupe parlementaire.» 

Avec de telles professions de foi, comment se faire des soucis quant à l'avenir de la Corse éternelle?

 

 

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