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Que devient Asma Al-Assad « une rose dans le désert » ?

Avant de porter un T-Shirt clamant l'amour pour son doux pays, l'épouse du boucher syrien a été poussée en premier ligne par les spin doctors du régime pour adoucir l'image de Bachar. Mais ça c'était avant.

 

 

 L’Histoire, même contemporaine, est sans pitié. Alors que fonctionne à plein régime la boucherie syrienne que la communauté internationale se montre incapable de stopper, comment ne pas s’étonner de la complaisance légèrement indécente qu’a affiché « la patrie des Droits de l’Homme » jusqu’à fin 2010 envers le clan Al-Assad ?

 

 Il faut dire qu’à l’époque, le dégingandé de Damas avait opté pour une opération séduction concoctée par le cabinet de relations publiques et de lobbying Américain Brown Lloyd James. 

 

Ce dernier avait officiellement conclu en novembre 2010 un contrat avec le régime de Bachar Al-Assad représenté par un certain Fares Kallas, pour mettre en scène son épouse Asma Al-Assad qui présentait toutes les qualités pour rendre la Syrie tout à fait présentable et sympathique.

 

L’apogée de la campagne publicitaire ? La venue de Madame Al-Assad à Paris en Décembre, et son speech devant un auditoire trié sur le volet à l’Académie Diplomatique Internationale de l’avenue Hoche, sensé donner le la de l’alliance culturelle avec le Louvre.

 

 

Sous les escarpins, 

un tapis rouge sang

 

Quelques heures avant l’événement, Mike Holtzman, le spin doctor dépêché par le lobbyiste cainri, transmettait au « Bureau de la première Dame », la « liste des partenaires stratégiques conviés à venir entendre le discours de son Excellence ».

 

On attendait donc la présence de représentants de la Présidence en les personnes de Claude Guéant au patronyme un peu secoué par le protocole Syrien, Charles Fries, Jean de Boishue dont la condamnation pour complicité de diffamation raciale le 5/12/1995 n’était sans doute plus qu’un mauvais souvenir…

 

 

Cliquez sur l'image pour télécharger la liste des contacts des Syriens en France

 

Le conseiller Culture et Communication de l’Elysée, des représentants du Ministère des Affaires Etrangères, de celui de la Culture et de la Communication, du Musée du Louvre, de l’Institut national du patrimoine, de l’Agence Française de Développement, de l’ENA, de l’Ecole du Louvre et bien entendu de la Réunion des Musées Nationaux, n’auraient manqué l’événement culturel et mondain sous aucun prétexte.

 

L’UNESCO était aussi de la partie. Tout comme le prince et la princesse Aga Khan. Sans oublier Dominique Baudis, en sa qualité de président de l’Institut du monde arabe bien sûr…

 

Ravissante dans une robe noire assez sobre et des escarpins assortis, et s’exprimant sans note dans son anglais made in Public School, la dame fit véritablement sensation. 

 

L’autre reine Christine (Lagarde) dans une robe-manteau d’un rouge prémonitoire, buvait ses paroles depuis le 1er rang. Un succès total, vraiment.

 

 

La Syrie en Vogue

 

A tel point que Holtzman est passé fissa à l’étape suivante, comme le détaillent nos confrères de Owni.fr : un publi-reportage illustré ghostwrité par ses meilleures plumes, attribué à Joan Juliet Buck, à paraître dans l’édition de mars 2011 de Vogue. Titré un peu maladroitement tout de même « Asma al-Assad : une rose dans le désert »

 

C’est précisément en mars 2011 que le peuple syrien a commencé à protester. Le chef-d’œuvre de démagogie a brutalement disparu du site Vogue.com avec l’arrivée des premières images insupportables des victimes syriennes au cours des manifestations pacifiques de protestation.

 

On peut découvrir sur le site officiel US des Foreign Agents Registration Act que le contrat entre Brown Lloyd James et le gouvernement syrien aurait expiré en Mars, avec le début de l’insurrection et ses premières victimes. 

 

 

Etrangement, le 19/5/2011, alors que la révolte montait lentement en puissance, Holtzman expédiait à Fares Kallas son mémorandum relatif à « l’analyse des communications de crise » de l’exécutif syrien et quelques recettes pour améliorer son image dans l’opinion internationale. 

 

 

Petit conseil au boucher de Damas

 

Avec le recul, on hésite à en rire :

 

 « Il est clair au vu de l’attitude du gouvernement américain depuis le début des manifestations en Syrie que l’administration Obama veut que le régime syrien survive. Contrairement aux réactions observées dans certains pays de la région, il n’y a eu de sa part aucune demande de changement de régime en Syrie pas plus que d’appels à une intervention militaire. Les critiques ont été très discrètes et les demandes de sanctions – ne visant pas directement le Président Assad – ont été exprimées d’avantage par prudence diplomatique, que pour nuire au régime. Toutefois le ton des communiqués officiels s’est fait plus incisif au cours des dernières semaines et pourrait atteindre un stade où une remise en question de la position américaine envers la Syrie deviendrait inévitable… » 

 

La phase «recommandation» de Holtzman est à peu près aussi perspicace : 

 

« Continuer à insister sur le fait que la majorité du peuple a des revendications légitimes que le régime souhaite prendre en compte. En appeler toutefois au patriotisme des Syriens et insister sur l’inutilité de détruire le pays pour atteindre des objectifs partagés par tous, à savoir, un pays libre et prospère. Concéder que la violence qui s’installe est regrettable mais que ce n’est pas le régime qui en est responsable. Il est tenu de protéger la Syrie et de rétablir le calme pour pouvoir mettre en œuvre ses réformes. Continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir et dans l’apaisement de la crise. » 

 

 

 

 

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