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Les crus de l’Arnaud
Le ministre du redressement productif se trouve pieds et poings liés. Par la crise, par le gouvernement, par le PS. De quoi le faire déborder.
Hollande qui singe sans cesse Mitterrand cherche de plus en plus à recevoir en héritage le titre de « florentin ». A tous ceux qui songent que ses reports permanents dans les décisions ou la multiplication des sommets et des rencontres pour éviter de trancher concourent de fait à lui faire mériter le titre de florentin, on peut rappeler que si Florence est sous la menace permanente de l’Arno, Hollande l’est sous celle de l’Arnaud…Montebourg !!
Le pétulant ministre du redressement productif a mené campagne pendant les primaires du PS sur la base d’un programme clair : la démondialisation, terme galant bien que barbare au sens des grammairiens, servant à désigner la défense d’un protectionnisme bon teint.
Aulnay, ô désespoir, ô FMI ennemi
Or, même si le protectionnisme redevient tendance dans les dîners en ville, il reste impraticable. Résultat, homme supposé de la situation, Montebourg n’a en fait rien à proposer. Il a senti d’emblée le piège quand il a découvert que son cabinet avait été constitué par Matignon et l’Elysée sans qu’il ait eu vraiment son mot à dire. Si dans un premier temps, il s’en est trouvé meurtri, il a rapidement avalé la couleuvre et accepté que son action soit de pure rhétorique.
Pour l’instant, le redressement a été peu productif. Les plans sociaux se multiplient et les conjoncturistes annoncent un taux de chômage de 13% pour la fin 2013.
Les prévisions de croissance sont régulièrement revues à la baisse et le FMI affirme que la France aura du mal à atteindre 1% de croissance en 2013. Or, le fondement de cette atonie économique est le recul de la production industrielle et la faiblesse de plus en plus structurelle de l’investissement. L’industrie française est au plus mal et le seul redressement productif constaté depuis quelques années a été celui de la carrière des ingénieurs du corps des mines, qui ont accaparé les postes de commissaire à la réindustrialisation que Sarko avait créés.
Un ministère de la parole
pour contrôle l'aile gauche du parti
Montebourg ne se fait guère d’illusion. Il faudrait pour s’en sortir réaliser ce que les économistes appellent un choc d’offre, c'est-à-dire une opération de transfert massif de fonds vers les entreprises.

Malgré les discours ronflants sur les financements à venir des PME par la future Banque publique d’investissement, on ne s’oriente guère vers cette solution. Et donc, par delà ses déclarations de matamore, Montebourg a bien compris que son poste ministériel n’a d’autre objet au mieux que de le contrôler sur le plan politique, au pire que de le ridiculiser sur le plan personnel. De fait, de ses conversations avec le Premier ministre, il a retenu que l’enjeu du moment autour de son action est moins l’avenir de l’automobile française sur laquelle plus personne ne sait trop que penser mais la neutralisation au sein du PS des éventuelles oppositions à Matignon.
Les proches du bel Arnaud sont donc de plus en plus convaincus qu’il n’a la tentation ni de Florence ni de Venise mais celle plus banale du fric…Montebourg hésitait avant les élections à abandonner la politique. La victoire de la gauche lui permettant d’accéder à un poste de ministre, il a jugé que cela valait le coup de rester quelque temps. Mais il a manifestement de plus en plus envie de mener une carrière de grand avocat et de gagner ainsi beaucoup d’argent, loin d’une action publique de plus en plus « mondialisée »…
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