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Affaire Guérini: Round d'échauffement

La saison judiciaire commence par un échauffement. Le premier procès d'un volet mineur de l'affaire Guernica-Guérini.

 

Ce ne sont que deux jours de procès les 10 et 11 septembre prochains, sur une petite affaire. Les bancs de la presse devraient néanmoins afficher plein au tribunal de grande instance de Marseille. Va se jouer le prologue judiciaire du dossier Guernica, que les médias ont choisi de baptiser affaire Guérini. Une sorte de mise en jambes pour les protagonistes que le dossier Queyras. Un vrai test pour les instructions du juge marseillais Charles Duchaine, en charge depuis 3 ans et demi des dossiers.

L'entreprise Queyras s'avère une PME de la gestion et la collecte des déchets, crée et dirigée par Eric Pascal, un ami d'Alexandre Guérini, le frère de Jean-Noël, toujours président du conseil général du département malgré ses mises en examen.

Le dossier Queyras est né, à l'instar de nombreuses enquêtes, de courriers anonymes adressés au parquet de Marseille à l'été 2009. Ils dénoncent une entourloupe assez sommaire.

 

Une entourloupe peu salissante

Queyras blouserait deux collectivités locales du département auprès desquelles elle a remporté des marchés publics. En l'occurrence la communauté urbaine de Marseille Provence Métrople et GHB pour Garlaban Huveaune Sainte-Baume, communauté d'agglomération qui englobe la pagnolesque Aubagne.

La combine décrite n'est pas des plus complexes. «Elle consistait notamment  à faire supporter par les deux  collectivités publiques le coût du transport et de l’enfouissement de déchets collectés par la société  QUEYRAS ENVIRONNEMENT auprès de clients privés» décrit l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, signés par le juge Duchaîne le 22 novembre 2011. 

Comprendre que « le contenu de la benne était  imputé par le chauffeur (par utilisation de son badge et choix arbitraire d’ une commune ) à l ' une ou  l'autre des communes dépendant des collectivités publiques MPM ou GHB alors même que les déchets avaient une origine privée.»

Pour réaliser l'entourloupe, il suffisait de rédiger de faux bons de commandes, de s'assurer  la cécité des agents des institutions, et de connaître les décharges compatissantes. Par exemple celle du Mentaure, gérée par la société SMAE d'Alexandre Guérini.

Le préjudice pour les institutions n'est pas mentionné dans l'ordonnance de renvoi que Bakchich a pu consulter. Il s'élève selon les célèbres sources judiciaires à près de 2 millions d'euros. Une somme que conteste avec énergie et depuis les débuts de l'enquête Eric Pascal. S'il consent que des faux bons ont pu être réalisés, l'entrepreneur nie toute mise en place d'un système frauduleux. Et compte bien s'en défendre avec véhémence à la barre début septembre. 

Duchaîne passe un premier test

Petite victoire, plusieurs des charges qui lui ont valu une incarcération à l'été 2010, ainsi qu'à son fils, ont été abandonnées. Exit le faux, usage de faux, abus de bien social. Demeurent l'escroquerie en bande organisée et la corruption active de personnes chargées d'une mission de service public. Précisément les agents des collectivités qui ont avoué avoir délivré  «entre quatre et cinq faux bons contre rémunération de 10 euros  par bon pendant une période très limitée» Un tout petit pécule. Qui vaut à trois agents de MPM d'être renvoyés au tribunal pour corruption passive. Six personnes en tout prendront place au procès sur le banc des accusés.

Avec un peu de spectacle en perspective? Eric Pascal, qui revendique toujours son amitié avec Alexandre Guérini, n'est pas avare de commentaires et réactions sur la partialité des enquêtes Guernica menées depuis presque 4 ans à Marseille.