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Sanofi se met à la boisson minceur

Le géant mondial de la pharmacie veut se séparer de 1500 à 2500 salariés en France, dont de nombreux chercheurs...et s'apprête à lancer sa gamme de boissons bien-être. Un peu plus rentable que la recherche contre le cancer?

 

Dans le concert de diatribes qui accompagnent les plans sociaux du début de quinquennat socialiste, une grande entreprise est parvenue à ne pas (encore) cristalliser un ressentiment national. 

Discret durant l'été, dans l'ombre des feuilletons PSA, Arcelor ou Air France, le géant pharmaceutique mondial Sanofi (28 000 emplois en France) ne fait que depuis la rentrée un peu d'actualité. Et c'est le Figaro, jamais plus apprécié que dans l'opposition, qui a tiré la sonnette d'alarme. 1500 à 2500 postes menacés lors d'une restructuration.

 

Le centre de Toulouse menacé

Principaux métiers visés : la recherche et développement du fabricant de médicaments, avec un soin tout particulier apporté à raboter le domaine de l'oncologie (cancer) ; le centre de Toulouse, avec ses 600 chercheurs spécialisés, étant tout bonnement menacé de fermeture.

La société se porte fort bien (9 milliards de bénéfice en 2011), n'est pas menacé par la crise, ni par une perte de compétitivité. La cause profonde du changement est à chercher dans une réorientation stratégique profonde, et préparée de longue date.

Sanofi mise de plus en plus sur les alicaments, ces nouvelles gammes de boissons et nourriture appelé à améliorer le bien-être du consommateur (et non du malade) tout en s'affranchissant de la lourdeur administrative des autorisations de mise sur le marché ou des prescriptions médicales.

 

2009 : Le tournant Oenobiol

La genèse de la transformation peut être datée de 2009, quand le géant pharmaceutique s'éprend d'Oenobiol. Fabricant de compléments alimentaires destinés à ralentir l'apparition de cheveux blancs, maigrir en dormant, bronzer plus simplement etc…

Leur gamme de produits va, très prochainement, s'enrichir d'un nouveau concept phare, Oenobiol Beautific. Tout simplement des boissons visant à améliorer l'énergie (Energie +), les cheveux et les ongles (Cheveux et Ongles), le bronzage (Solaire Intensif) ou à favoriser l'amaigrissement (Activateur Minceur).

 

 

Pour agrémenter d'un peu de goût ces breuvages, Sanofi s'est associé au maître des boissons sucrées, The Coca Cola Company, pour faire naître le projet «Paris». « Le goût avec l'expertise en boissons de Coca Cola, le bénéficie beauté avec la garantie de santé de Sanofi » résume un mémo interne, que Bakchich a pu consulter.

 

 

 

Cette première étape sera dévoilée au Women's Forum de Deauville du 10 au 12 octobre prochain, avant le lancement du projet «Brussels» à l'ambition claire. Développer des boissons pour prémunir de soucis cardio-vasculaires, diabètes, cystites etc… Le marché des alicaments a atteint les 28 milliards d'euros en Europe de l'Ouest en 2010, dont 27% pour les seuls boissons. Et l'expansion continue.

La cible est toute trouvée, ; les femmes entre 25 et 45 ans, décrivent les marketeux de la boîte. La presse féminine sera bientôt inondée des pubs, à en croire le plan interne auquel Bakchich a pu accéder. «Beautifc Oenobiol, une nouvelle façon d'être belle, boire et se faire du bien quand et où vous voulez», clame le slogan. Même au chômage?