Vous êtes ici

Police: Les Cocus de l'affaire Merah

Abattu les armes à la main par les tireurs d’élite du RAID en mars dernier, Mohamed Merah n’est plus. Mais le sérial killer toulousain continue de peupler les cauchemars de la police. Six mois après les tueries, l’enquête sur les éventuels soutiens logistiques toulousains menée par les hommes de la sous-direction antiterroriste (SDAT) est au point mort.

 Et donc, principe de précaution oblige, les mesures de sécurité entourant les lieux communautaires juifs de la Ville Rose restent en vigueur, au grand dam des flicards en tenue. 

Missions plantes vertes

Certes, le plan « vigie-pirate écarlate » a été levé depuis belle lurette. Mais pas les gardes statiques dites aussi « missions plantes vertes » devant les écoles juives et autre synagogues.

 Et les hommes en tenue commencent à trouver le temps long. Très long même. 

« Tous les jours, six patrouilles sont mobilisées pour assurer ces gardes statiques devant des bâtiments dits sensibles », se plaint Didier Martinez, le délégué régional d’Unité Police, le plus grand syndicat de policiers. Sachant qu’il y a en tout entre vingt et trente patrouilles mobilisables en un instant T, cela fait quand même 20 % des effectifs de sécurité publique de la ville de Toulouse  qui sont réquisitionnés à ne rien faire ». 

Avec les répercussions que l’on imagine sur le tout-venant de police-secours. Sans compter les problèmes d’intendance…

Le manque d’effectif oblige parfois à constituer des équipages de deux fonctionnaires au lieu des trois flics réglementaires. Et avec deux roulements de  vacations de 7-13h et 18-20h dans six endroits différents, les horaires d’embauche des poulets toulousains en sont tout chamboulés.

Ceux qui, avant, embauchaient vers 8-9h, sont contraint depuis mars à pointer au commissariat dès potron-minet pour débuter leur mission « pot-de-fleur » aux aurores. Même topo pour la fin de journée.

 « Les gars n’en peuvent plus, assure  Didier Martinez. Leur vie de famille en est lourdement chamboulée et jusqu’ici nos interventions auprès de la hiérarchie n’ont rien donné ».

A la Direction de la Sécurité Publique de Haute-Garonne on n’en peut plus, mais les missions « plantes vertes » dépendent directement de Ministère de l’Intérieur. Et Manuel Valls a jusqu’ici fait la sourde oreille pour les alléger.