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Economie : Hollande attend son cycle

 

La croissance sera moins ridicule que prévue, mais encore insuffisante pour «inverser» la courbe du chômage.

 

La rentrée s’annonce sous les meilleurs auspices économiques : d’une contraction de 0,3% du PIB en 2013 prévue en mai, la dernière annonce de l’OCDE est passée à une prévision de croissance positive de 0,3%. Compte tenu de la précision et de la valeur de ce genre de prévision, la révision  reste  réduite. Mais symboliquement, le gouvernement peut se considérer en droit de clamer haut et fort que tout va mieux.  Et que c’est grâce à sa politique économique. Certes, dans les couloirs des ministères, ce genre d’assertion gouvernementale conduit immédiatement à la question : mais quelle est donc la politique économique du gouvernement ? 

Hollande n’est pas loin de penser la même chose. Car il a de plus en plus conscience  qu’il n’y a pas de véritable politique économique du gouvernement si ce n’est le matraquage fiscal, le tir aux contribuables pigeons  et l’inventivité dans le sado-fiscalisme. 

 

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Dès lors, il s’en remet à deux choses : sa bonne étoile, qui fait qu’il est convaincu que quoi qu’il arrive, tout se termine bien pour lui. Et le cycle économique. Après tout, si les Américains ne se mêlent pas trop de vouloir forcer le destin en injectant sans limite de la monnaie, l’économie  continue son chemin en oscillant autour de sa tendance. Ce fut le cas dans les années 1990. Après la récession de 1993, il y eut la spectaculaire reprise de 1998. Chirac et Villepin, dont l’intelligence économique était réduite-certains allant même jusqu’à affirmer que c’est leur intelligence tout court qui était réduite- n’eurent pas l’occasion d’en profiter. Ce ne sera pas le cas de Hollande.  Après la récession de 2009, selon un schéma analogue, la reprise est programmée pour  5 ans plus tard, c'est-à-dire pour 2014 !! Les experts - ceux qui se trompent toujours mais il n’y en a pas d’autres - anticipent une croissance de 0,8, voire 1% en 2014. Ce ne sera pas le Pérou, mais c’est mieux que rien. 

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Reprise et méprise

 

Par rapport à 1998 et à la croissance de l’époque, la France souffre néanmoins de trois problèmes : d’abord le prix du pétrole était de 11$ le baril quand il flirte aujourd’hui avec les 120$- il faudra bien que les Verts s’y fassent mais pour résoudre durablement ce problème, les Américains se gobergeant de gaz de schiste, nous allons nous y mettre et c’est Hollande qui organisera tout cela- ; ensuite la crise des pays émergents de l’époque se centrait sur la Thaïlande alors qu’aujourd’hui, elle touche des plus gros morceaux, l’Inde qui est au bord de la faillite, ou la Chine dont  les dirigeants, dépassés par les événements, commencent à régler des comptes entre eux à grands coups d’accusation de corruption ; enfin, chaque cycle apporte moins de croissance que le précédent si bien que la remontée vers des  taux de 3 ou 4% et une réduction significative du chômage paraît inaccessible.

 

 

En fait, la reprise tant vantée risque de tourner à la méprise sur la réduction du chômage. Les emplois d’avenir, qui ont un furieux goût du passé, sont appelés à durer pour le plus grand malheur des finances publiques. 

A trop attendre du cycle, Hollande va vers des déconvenues. Laissons-le néanmoins pour l’instant goûter son plaisir, surtout après les sarcasmes qui s’étaient abattus sur lui et son incroyable naïveté économique. Il aura en particulier eu  le plaisir d’avoir été moins ignare en économie que les Chirac, Villepin et toute la clique rapide de ses détracteurs. 

 

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