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SNCF : le repos… avant le repos

Travail / lundi 19 novembre 2007 par Roger Caviardi
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La grève des transports se prolonge. Et pourtant, à la SNCF, les contrôleurs sont bichonnés pour éviter que leurs mouvement d’humeurs soient trop fréquents. Une « fluidification » des rapports sociaux qui ne semble pas à toute épreuve.

Personne n’oserait nier le boulot stressant des contrôleurs de la SNCF, qui affrontent, en première ligne, les jacqueries de la clientèle.

L’âpreté de la tâche a créé un esprit de corp. « Nous sommes spéciaux, très solidaires, explique un chef contrôleur d’Avignon issu de la promotion interne, dans les trains c’est nous les chefs… » et d’expliquer en souriant : « un ministre qui n’a pas de résa, je le refuse, je lui dis, vous ne montez pas dans le train. Un directeur de banque, c’est pareil. C’est moi le chef ». Et il le répète : « le chef, c’est moi »

Face à de si grandes gueules, la direction a adopté profil bas depuis belle lurette. Et cajolé ces grands gaillards : horaires allégés, temps de repos élastiques, absences injustifiées ou déplacements bidons arrosés de primes.

Rédigé en avril 1998, un rapport interne du service d’audit a fait le point sur l’ampleur des dérives. L’étude a porté sur Paris sud-est, Marseille et Bordeaux où les excès sont flagrants. Les contrôleurs travaillent deux cents jours par an. Premier problème, les généreuses vacances qu’ils s’octroient sont généralement prises en juillet et en août, c’est à dire la période de pointe du trafic. D’où la nécessité de recruter des vacataires, soit, pour la seule gare de Bordeaux, une trentaine d’agents.

Cet excellent rapport met en relief de bien jolies trouvailles sur le mode de vie des contrôleurs. Ainsi « la durée moyenne de repos encadrant le repos périodique » représente une formule totalement inédite. L’astuce consiste à quitter le service le vendredi dès midi, histoire d’arriver frais et dispos en congé, pour le reprendre le lundi en début d’après midi, le temps de se remettre d’un week-end harassant. Autant de repos, pris à l’entreprise, qui représentent, chaque semaine ou presque entre 24 et 26 heures invendues.

Autre trouvaille, des « jours de repos supplémentaires » sont octroyés sans raison évidente aux contrôleurs. Le rapport d’audit explique benoîtement que de nombreuses dérives sont autorisées en matière d’absentéisme. En théorie, les absences annoncées sont notées au niveau local, mais cette comptabilité n’est pas tenue à jour. Les rapporteurs « notent un certain laxisme ou une complicité de la part des responsables chargés d’organiser l’utilisation de ces effectifs ».

Le temps de travail est d’ailleurs mité par cette intense recherche de repos salvateurs. Près des neuf-dixièmes des missions des contrôleurs sont assorties d’un repos « hors résidence » baptisé RHR. Les allocations de déplacement qui en découlent le rendent attractif, elles peuvent atteindre un cinquième du salaire et ne sont pas déclarées au fisc. Seul hic, ces temps de repos sont souvent injustifiés. Ainsi des usages locaux interdisent aux contrôleurs d’effectuer dans la même journée l’aller-retour Paris-Avignon ou Paris-Grenoble.

Plus surprenant encore, des agents en banlieue parisienne se voient attribuer, fictivement, des repos hors résidence, alors qu’ils rentrent chez eux. Le rapport note que ces primes d’éloignement injustifiées sont destinées simplement à maintenir, voire à augmenter, le niveau de rémunération. Illégal le système continue, au sein de la SNCF, un instrument d’amortissement des tensions. Autrement dit, une façon d’apaiser certains contrôleurs toujours prêts à déposer un préavis de grève.

Autre anomalie, un dixième des effectifs à Bordeaux et un quart à Paris Sud-Est sont utilisés à des tâches autres que le contrôle des voyageurs : des temps de formation, des congés syndicaux. Quand le contrôleur contrôle, le travail effectif ne dépasse pas cinq heures par jour, « de petites journées », comme le constate l’audit.

Avec une lucidité qu’il faut saluer, l’audit conclut à une gestion « conservatrice » du corps des contrôleurs. « Compte tenu des risques sociaux il n’y a pas de remise en cause des situations, le principe est de reconduire les errements antérieurs »


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Forum

  • SNCF : le repos… avant le repos
    le lundi 26 novembre 2007 à 19:38, jacques a dit :
    vraiment bakchich info c’est nul,si c’était pour faire le énième café du commerce.ou est la recherche journaliste, vraiment ne vous étonnez pas que les journalistes soient déconsiderés. bonne journée.
  • SNCF : le repos… avant le repos
    le samedi 24 novembre 2007 à 13:20
    Pour un article de professionnel, ça tourne au ragot d’intello. Un petit stage à la SNCF vous ferait du bien.
  • déception
    le vendredi 23 novembre 2007 à 17:26, gab a dit :
    Je suis désolé et de la teneur de certains articles de backchich et de la teneur de certains commentaires. Si c’est pour lire que ces salauds de cheminots sont des privilégiés, merci, mais je peux aller voir ailleurs, on n’a que l’embarras du choix. Et si c’est pour lire des commentaires injurieux, alors qu’ils sont a priori modérés, et qu’un commentaire modéré que j’avais posté n’a pas été publié (à propos de l’article merci les cheminots merci sarko), et ben je suis déçu voilà.
  • SNCF : le repos… avant le repos
    le vendredi 23 novembre 2007 à 11:38, Titoine a dit :
    Si je peu donner un conseil à Mr Roger Caviardi, quitté votre job actuel, et faite votre demande d’emploi à la S.N.C.F. Comme cela vous pourrez profiter pleinement de tous les avantages des controleurs de la SNCF.
  • SNCF : le repos… avant le repos
    le jeudi 22 novembre 2007 à 13:23, Cap a dit :
    C’est étonnant que le journaliste que vous êtes ne soit pas capable d’analyser la grève autrement. Je ne parle pas de vous mettre de leur côté, gare à votre déontologie, mais tout simplement d’analyser ce qui, me semble-t-il, est du ressort du journaliste. Vous avez tout simplement développé de manière argumentée le fameux "ras-le bol" des usagers incapables d’exprimer correctement leurs frustrations personnelles et sociales. Je constate que vous faites partie de ces frustrés là. Je vous invite à changer de métier si vous trouvez qu’ils sont si bien lotis les agents de la SNCF et trouve dommage qu’avec votre intelligence vous soyez passé à côté de ce que veut dire le progrès : une amélioration des conditions de la vie humaine. A vous lire, plus de droits, plus de repos, plus de congés, plus de temps pour soi et les siens, plus d’argent, plus de confort est le comble de l’exigence humaine. Je ne sais pas quel âge avez vous, mais il est triste de constater que le manque (d’argent, de temps, de loisirs, de rapports sociaux…)vous fait vouloir une société qui soit à l’image de votre condition. En quoi cela vous dérange que d’autres personnes veuillent toujours plus ? Est-ce le renvoie à votre propre médiocrité, à votre propre résignation, qui vous rend aussi aigri ? Je ne travaille pas à la SNCF, mais en tant que femme je suis contente que les luttes que ce pays a menées m’aient permis de grandir dans une société où j’ai des droits, où je suis un être humain, où il fut un temps on nourrissait aussi l’esprit pour rêver à des impossibles possibles. Bien à vous, CAP
    • SNCF : le repos… avant le repos
      le vendredi 23 novembre 2007 à 22:01
      Dénoncer un privilège pour vous, c’est exprimer une frustration ? Dans certains secteurs économiques, malheureusement, on vit maintenant à l’heure des délocalisations. Pas facile dans la vie de tous les jours : 700 personnes dans ma boite à qui on demande d’aller travailler en province (pour moins cher) ou de quitter l’entreprise. On peut comme vous le suggérer, changer de métier et opter pour un métier "non délocalisable" (à la SNCF par exemple). Vous croyez franchement à ce modèle ? L’industrie française est en train de crever, mais c’est pas grave c’est juste des frustrés
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