Philippe Hababou Solomon et ses amis ont de la suite dans les idées. Après le pétrole, la téléphonie. Toujours avec l’argent des autres. Une brochette d’investisseurs potentiels au portefeuille bien garni étaient invités, jeudi 22 novembre, chez Maxim’s, pour s’entendre proposer de beaux placements dans le secteur téléphonique, dont tout le monde sait les potentialités. Le harcèlement judiciaire, qui souhaite faire la lumière sur l’affaire ATI Petroleum, les a empêché de tenir cette auguste réunion. Du beau linge avait pourtant été convié à déguster les mets et vins fins du fameux restaurant de la rue Royale.
Hababou Solomon et son équipe jouent depuis longtemps avec les titres de sociétés. Ils apparaissaient déjà en filigrane du dossier Jacques Heyer, du nom de ce banquier suisse, jugé à Genève après l’évaporation des comptes bancaires de ses clients de quelques millions. Dans les années 1990, le banquier finaud se met à acheter pour pas grand chose des titres de sociétés à moitié bidon sur le marché non coté américain, et les place sur les comptes de clients à un prix bien plus élevé, empochant la différence. Comme ces titres sont labellisés – dans le jargon – « restricted », ils ne sont pas vendables. De la monnaie de singe.
Dans l’entourage de ces fameuses sociétés américaines (Firenze, Ultimistics, XQ Corporation, New Century Media etc) qui brassent du vent ou presque, on retrouve Hababou Solomon et celui qui, selon un connaisseur, « lui a tout pris de la finance », Marc-Armand Rousso. Le duo a été entendu par le juge pour expliquer un peu ces curieuses méthodes, mais aucune charge n’a été retenue contre lui. Jacques Heyer a expliqué dans l’instruction être « la première victime de ces correspondants américains qui s’étaient révélés être des escrocs ». Question d’appréciation.
Les victimes de Heyer peuvent toujours courir pour récupérer leurs économies. Jean-Paul Belmondo, Henri Leconte, le fuyard judiciaire Didier Schuller, et une centaine de mystérieux autres qui, ayant tout perdu, n’ont pas osé porter plainte. La peur du fisc… Parmi les plaignants, Pétula Clark (1 million de dollars envolés) et Patrick Proisy, l’ancien patron du FC Strasbourg (2,1 millions). D’autres avaient eu de la chance. Johnny a pu tout récupérer avant le krach, ainsi que Jean-Claude Killy. Heyer se vantait de connaître Sarkozy, qui passait des fois le voir à son bureau genevois, mais aucune enquête n’a pu prouver qu’il avait confié un jour ses sous au banquier indélicat, finalement condamné après une longue bagarre de procédure.










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