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ACTE III : OU NOS AMIS SE DECOUVRENT QUELQUES ENNEMIS
Scène 1 : Fédéricci et Lantiéri ont des ennuis au Bar
Les débuts d’année sont propices aux gueules de bois. Le 12 janvier 2007, Paul Lantiéri en tient une sévère. La police marseillaise le cueille gare Saint Charles, à Marseille sur le coup des 18h 30. Deux heures plus tôt, Ange-Toussaint Fédéricci (ATF) et son lieutenant, Jacques Butafoghi, deux piliers de la « bande de la plaine orientale », ont été serrés à Paris. Les trois gaillards, oscillant entre la quarantaine bondissante et la cinquantaine joyeuse, ont droit aux honneurs de l’Evêché, le commissariat central de Marseille, pour une garde-à-vue de 96 heures, réservé au grand banditisme.
La justice soupçonne ces trois grands garçons d’avoir tenu un rôle très actif dans la tuerie du bar des Marronniers, le 4 avril 2006. Ce soir-là, une dizaine de loustics encagoulés fait pleuvoir le plomb dans la brasserie. Cible principale du commando, Farid Berrhama, qui partage avec les bandes Corses du coin le goût des machines à sous clandestines. Il reste froid avec deux de ses lieutenants.
Après six mois d’enquête, la justice a sa petite idée. Dans le rôle du porte-flingue en chef, le nominé présumé est ATF. Le berger de Venzolasca gagne un séjour en cabane, assorti d’une mise en examen pour « homicide volontaire en bande organisé ».
Dans le rôle du bon copain, Lantiéri est en pôle position. Au nom de la bien connue solidarité corse, il aurait exfiltré Fédéricci blessé vers une clinique du sud de la ville. La récompense tombe le 17 janvier : une mise en examen pour recel et association de malfaiteur. Mais un juge des détentions et liberté bien luné le laisse libre. Le bonhomme a le cœur en fête, il est nommé sous-préfet dans le Vercors… Butafoghi bénéficie du même coup de bol. Libre et mis en examen pour recel de malfaiteurs.
Quatre jours au frais, pas la meilleure façon de commencer l’année pour Paul Lantiéri. Heureusement, pendant son indisponibilité, son frérot Antoine, s’est occupé à Paris du Cercle Concorde. L’entrepreneuriat familial n’est pas mort. En revanche, le bel équilibre entre les clans du Cercle commence à tanguer. Et, enquête des Marronniers oblige, tout ce beau monde est placé sur écoute judiciaire. Des branchements dont Bakchich a pu parcourir les fils.
Scène 2 : La belle entente du cercle Concorde prend l’eau
Après avoir accepté de « minorer sa part car Lantiéri devait se rembourser définitivement », le vieil Edmond Raffali se sent désormais gruger car « lui et les siens ne touchaient pas une thune ». D’autant que ses deux fils, comme son neveu, sont prestement écartés des affaires courantes du Cercle, au profit de proche de Lantiéri et Rouge. La tension monte, les accrochages physiques entre les frères Lantiéri et les fils Raffali.
Bon patriarche, Edmond Raffali concédera aux enquêteurs avoir, début mai, « provoqué une réunion qui s’était tenue au Ritz avec Paul Lantiéri, François Rouge et un prénommé Rolland, un peu plus jeune que lui ». Le prénom fait trembler dans la maison Raffali. « Il y avait du lourd en provenance de Marseille aux côtés de Paul Lantiéri et du banquier ». Un soutien de poids que Rouge comme des membres du clan Raffali identifieront comme Roland Cassone, légende du Milieu marseillais.
Le statu quo imposé ne sied guère au sieur Edmond, d’autant qu’au soir du 23 mai, une violente bagarre oppose son fils Philippe à Paul Lantiéri et ses deux mètres de stature.
Toucher au fiston, la guerre est déclarée. Et les Raffali trouvent vite un allié de poids et directement intéressé à l’affaire, le clan Fédéricci. Le chef Ange-Toussaint incarcéré, ils font appel au fils, Augustin dit Tintin, qu’un de leur émissaire ramène de Bastia. Tout en le sensibilisant : Lantiéri-Rouge touchent trop, eux pas assez. L’argument fait mouche chez l’héritier d’ATF, mais aussi chez son frère Jean-François et son lieutenant Jacques Butafoghi.
Plutôt mauvaise fille à l’égard de Lantiéri, qui était venu en aide au père Fédéricci durant l’épisode des Marronniers, la « bande de la plaine orientale » a choisi le camp opposé dans la guerre du Concorde. Et agit le 30 mai, baptisé « le jour le plus long »par des Raffali poètes. Ce joli soir printanier, le Cercle change de main après une houleuse réunion entre le clan Fédéricci et les frères Lantiéri. « Paul roule moins désormais », se félicitent les vainqueurs, dès le lendemain. Le 6 juin « Jacques Butafoghi et Jean-François Fédéricci étaient entrés au Cercle en patron », les équipes des frères Lantiéri sont démissionnées.
GrosJean comme devant après leur éviction, les frérots et Rouge ne font pas que pester contre « le vieux monsieur qui ne s’est pas bien comporté » et qui ne les aide pas. À en croire les écoutes, ce serait même le gentil banquier suisse qui serait le plus agacé. Et voudrait agir pour rentrer dans ses droits. Via l’avocat Jacques Vergès, contact est ainsi pris avec l’ancien gendarme Paul Barril, reconverti dans la sécurité privée, et une de ses relations. Pour « tentative d’assassinat », suspectent les juges. « Afin de transmettre des informations aux autorités officielles et ce, dans le but de contraindre les affreux à partir », clame Rouge. Pour le protéger de ses anciens associés, assure l’ancien gendarme de l’Elysée.
Un débat à trancher, parmi d’autres, pour les magsitrats. Après avoir suivi les us et coutumes du Cercle, et les pérégrinations des différents clans, la maison Poulaga et dame Justice ont mis un gros coup de pied dans la fourmilière, à la mi-novembre 2007 ; mettant un terme à l’aventure du Concorde. Un nettoyage quasi à sec.










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