Trop fort ce Sarko ! Après avoir enrégimenté l’improbable Doc Gynéco, le champion de la droite recrute dans les rangs de ses adversaires crypto-socialistes ! Depuis septembre, Alain Bauer, le très médiatique criminologue, ex-conseiller de Rocard à Matignon, travaille main dans la main avec l’Intérieur.
Ancien grand maître du Grand Orient de France et présentement consultant en sécurité, Bauer passe ses journées place Beauvau pour aider les Sarko Boy’s à peaufiner le bilan du premier flic de France. De son aveu même, recueilli par certains de ses collègues de la Fepie (la fédération des professionnels de l’intelligence économique dont Bauer est administrateur) l’ancien rocardien n’a plus une minute de libre, la faute à la rédaction des derniers décrets d’application des réformes Sarko. Une activité qu’il exerce bénévolement bien sûr, puisqu’il n’est titulaire d’aucune fonction officielle dans l’organigramme du ministère.
Bauer doit à Sarko sa nomination fin 2003 à la tête de l’OND, l’Observatoire national de la délinquance, un « machin » censé analyser – de façon indépendante - l’évolution de la délinquance en France. Nicolas Sarkozy, lui même, avait présenté la nomination d’un « opposant politique » à la tête de l’OND comme une preuve qu’il n’avait rien à cacher en matière de performance contre la délinquance. Un théâtre d’ombres en réalité. La conversion de Bauer au sarkozysme triomphant ne date pas de ces derniers jours.
Patronyme rime avec Clearstream
Au printemps 2004, le criminologue a été l’un des premiers à se précipiter place Beauvau pour avertir le ministre de l’apparition de son patronyme familial sur les faux listings Clearstream. Bauer en a tellement fait dans les dîners en ville sur le thème « je connais les coupables » que les juges d’Huy et Pons en charge de la carambouille Clearstream viennent de perquisitionner ses bureaux.
Selon ses concurrents, patrons de cabinets barbouzards – pardon, d’intelligence économique – le très introduit frère Bauer aurait profité de la panique qui régnait chez Sarko au plus fort de l’affaire pour dénoncer certains de ses petits camarades comme auteurs du complots. « Il espérait ainsi faire couler des concurrents, victimes de la mauvaise réputation qu’il leur faisait pour récupérer les marchés », assure un professionnel.
Ainsi, les noms de Hervé Séveno, un ancien flic de la Brigade financière reconverti dans le conseil aux patrons (Cabinet I2F) et le fondateur de Sécurité Sans Frontières (SSF), Frédéric Bauer, un autre flic défroqué (sans aucun lien de parenté évidemment) ont-ils vu un jour leurs noms couchés dans une note de la DST, au rang de suspects de la manipulation. Dans un premier temps, la manœuvre avait semble-t-il commencé à porter ses fruits. SSF avait ainsi vu un de ses gros clients, Arnaud Lagardère, fidèle de Sarko, lui faire faux-bond et annuler un gros contrat.
Mais un autre des accusés à tort se rebiffe. Sévéno vient de porter plainte pour « faux et usage » contre la patron de la DST. Lequel va devoir prochainement éclairer la justice sur l’identité de ses sources. Si le nom d’Alain Bauer apparaît dans la procédure, Sarko risque cette fois d’être éclaboussé. Etre arrosé à son tour : le risque de tous les arroseurs.










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