Relire l’article de Bakchich, daté du 10 mars, qui a provoqué de nombreuses réactions, en cliquant ici
Bien que territoire français, la Nouvelle Calédonie ne fait pas partie du protocole de Kyoto, pourtant ratifié par Paris et l’Union Européenne en 2002. Il fallait anticiper les futurs rejets de gaz à effet de serre générés par Goro Nickel , qui, à lui seul, va quasiment en doubler le tonnage… Sans oublier les fumées contenant oxydes de soufre et d’azote, générateurs de pluies acides, dont le traitement paraît fort aléatoire.
Le déversement dans le lagon sud des effluents liquides fait contre lui l’unanimité. Le tube en cours de pose passera sur une formation hydrogéologique unique au monde et l’endommagera fatalement. En outre, Les coraux, déjà fragilisés par le réchauffement climatique ne résisteront pas longtemps au déversement de 1700 M3/heure à 40 ° de boues et autres effluents, qui – même si leur toxicité était totalement traitée (ce qui est pour le moins incertain) – entraîneront des dépôts sédimentaires mortels pour ce fragile biotope. L’avenir d’une réserve de pêche, base de l’alimentation de la population locale est compromis… Ce futur déversement est jugé d’autant plus scandaleux qu’en Australie (Queensland, à proximité de la Grande barrière de corail), l’usine de Yabulu traite le même type de minerai latéritique sans déversement en mer….
Des hectares de forêts abattus sans autorisation
A terre aussi, Goro Nickel ne prend pas de gants avec un biotope unique, qui n’a même pas été intégralement répertorié avant de disparaître. 7 hectares de forêt primaire ont été abattus en juin 2007 sans la moindre autorisation. Or, la forêt du sud de la Calédonie, dont il ne subsiste que quelques lambeaux, est constituée à plus de 70% d’espèces endémiques, autrement dit qui n’existent nulle part ailleurs sur la planète.
Développement durable et rentabilité maximum sont-ils vraiment compatibles ? Le cas néo-calédonien aura des répercussions qui vont bien au-delà du pacifique sud. Si le projet GoroNickel est mené à son terme tel que prévu actuellement, les groupes miniers transnationaux auront démontré qu’il est possible d’opérer dans une démocratie occidentale développée comme dans un pays du tiers-monde. Un intéressant précédent.










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