La « énième » analyse des dépenses publiques conduite sous le nom de « Revue générale des politiques publiques » (RGPP) qui s’est substituée aux « stratégies ministérielles de réforme » de l’époque Chirac et aux « plans pluriannuels de modernisation » de l’époque Jospin est en passe de déboucher. Mais le résultat n’est pas très encourageant. On envisage au mieux 7 milliards d’économie qui se feront dans la douleur. Certes, Eric Woerth voudrait porter les économies à 12 milliards, mais même s’il y parvenait, le retour à l’équilibre budgétaire réclamerait encore de trouver quelque 30 milliards d’euros.
Henri Guaino, le conseiller de plus en plus « spécial » – dans tous les sens du terme – de Sarkozy soutient que l’objectif sera atteint grâce à la croissance et que les obsessions autour de la rigueur détournent des vrais objectifs de dynamisation de l’économie…
« il va falloir accroître les recettes »
Mais à Bercy, on se fait un malin plaisir à mettre en avant que les prévisions de croissance du FMI comme de l’Insee ne cessent d’être revues à la baisse. On parle désormais de récession à venir aux États-Unis pour fin 2008/début 2009. Chez nos partenaires européens, la récession pointe également en Italie et en Espagne où la croissance s’effondre. Quant à la France, les dernières prévisions de l’Insee ont ébranlé les plus enthousiastes. La croissance sera au mieux 1,8% en 2008, et plus probablement de 1,5%.
Le déficit public de 2007 ayant représenté 2,7% de la production, la dernière prévision de déficit pour 2008 table sur 2,5% si on ne réagit pas rapidement. Il est donc de plus en plus clair qu’il va falloir accroître les recettes, d’autant plus vite que Nicolas Sarkozy a indiqué à Fillon qu’il souhaitait confirmer son engagement de retour à l’équilibre en 2012. Le fidèle François a aussitôt déclaré sans la moindre hésitation que l’équilibre budgétaire serait effectif en 2012, mais bien évidemment sans dire comment il y arriverait.
À Bercy, comme toujours, on a des petites suggestions à lui faire. Les dernières notes des services recommandent une action en quatre temps : admettre auprès de Bruxelles que nous serons simplement « proches de l’équilibre » en 2012 ; envisager une hausse de la TVA d’un point et une hausse de la contribution de remboursement de la dette sociale d’un point également, le tout pouvant rapporter de l’ordre de 15 milliards d’euros ; engranger les 7 milliards d’économie de la RGPP et financer par redéploiement les quelques mesures symboliques auxquelles tient le président de la République comme la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA) ; accélérer la réforme des retraites pour essayer de contenir le déficit de la Sécurité sociale qui est en ce moment supérieur à celui qui en 1995 avait motivé les décisions de Juppé.
Comme ces idées sont de plus en plus partagées dans les différentes strates du pouvoir, l’enjeu est maintenant celui de la communication : qui va les assumer ?
Sarkozy n’a aucun doute : ce sera Fillon. D’autant que sur les retraites, il trouve son Premier ministre très en deçà de la main et voudrait qu’il annonce un plan très radical. Il faudrait d’emblée annoncer une durée de cotisation portée à 45 ans pour que l’affaire soit soldée une fois pour toute. Seule note d’étrange espoir dans une situation bien noire : la relance de l’inflation efface en partie la dette publique et augmente de façon indolore les impôts indirects. Évidemment, avec l’inflation, le simple maintien du pouvoir d’achat devient une gageure. Mais plus personne ne s’en soucie vraiment, sauf la ménagère…








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