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Rigueur : ça se précise

Déficits publics / jeudi 17 avril par Matthieu Adenil
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Rien ne vaut une bonne cure d’austérité pour combler les déficits publics. Enfin, selon Bercy, qui en a fait son credo, et pour Sarko qui veut faire porter le chapeau à Fillon.

La « énième » analyse des dépenses publiques conduite sous le nom de « Revue générale des politiques publiques » (RGPP) qui s’est substituée aux « stratégies ministérielles de réforme » de l’époque Chirac et aux « plans pluriannuels de modernisation » de l’époque Jospin est en passe de déboucher. Mais le résultat n’est pas très encourageant. On envisage au mieux 7 milliards d’économie qui se feront dans la douleur. Certes, Eric Woerth voudrait porter les économies à 12 milliards, mais même s’il y parvenait, le retour à l’équilibre budgétaire réclamerait encore de trouver quelque 30 milliards d’euros.

Henri Guaino, le conseiller de plus en plus « spécial » – dans tous les sens du terme – de Sarkozy soutient que l’objectif sera atteint grâce à la croissance et que les obsessions autour de la rigueur détournent des vrais objectifs de dynamisation de l’économie…

« il va falloir accroître les recettes »

Mais à Bercy, on se fait un malin plaisir à mettre en avant que les prévisions de croissance du FMI comme de l’Insee ne cessent d’être revues à la baisse. On parle désormais de récession à venir aux États-Unis pour fin 2008/début 2009. Chez nos partenaires européens, la récession pointe également en Italie et en Espagne où la croissance s’effondre. Quant à la France, les dernières prévisions de l’Insee ont ébranlé les plus enthousiastes. La croissance sera au mieux 1,8% en 2008, et plus probablement de 1,5%.

Le déficit public de 2007 ayant représenté 2,7% de la production, la dernière prévision de déficit pour 2008 table sur 2,5% si on ne réagit pas rapidement. Il est donc de plus en plus clair qu’il va falloir accroître les recettes, d’autant plus vite que Nicolas Sarkozy a indiqué à Fillon qu’il souhaitait confirmer son engagement de retour à l’équilibre en 2012. Le fidèle François a aussitôt déclaré sans la moindre hésitation que l’équilibre budgétaire serait effectif en 2012, mais bien évidemment sans dire comment il y arriverait.

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Rigueur, Fillon et Sarko
© Nardo

À Bercy, comme toujours, on a des petites suggestions à lui faire. Les dernières notes des services recommandent une action en quatre temps : admettre auprès de Bruxelles que nous serons simplement « proches de l’équilibre » en 2012 ; envisager une hausse de la TVA d’un point et une hausse de la contribution de remboursement de la dette sociale d’un point également, le tout pouvant rapporter de l’ordre de 15 milliards d’euros ; engranger les 7 milliards d’économie de la RGPP et financer par redéploiement les quelques mesures symboliques auxquelles tient le président de la République comme la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA) ; accélérer la réforme des retraites pour essayer de contenir le déficit de la Sécurité sociale qui est en ce moment supérieur à celui qui en 1995 avait motivé les décisions de Juppé.

Comme ces idées sont de plus en plus partagées dans les différentes strates du pouvoir, l’enjeu est maintenant celui de la communication : qui va les assumer ?

Sarkozy n’a aucun doute : ce sera Fillon. D’autant que sur les retraites, il trouve son Premier ministre très en deçà de la main et voudrait qu’il annonce un plan très radical. Il faudrait d’emblée annoncer une durée de cotisation portée à 45 ans pour que l’affaire soit soldée une fois pour toute. Seule note d’étrange espoir dans une situation bien noire : la relance de l’inflation efface en partie la dette publique et augmente de façon indolore les impôts indirects. Évidemment, avec l’inflation, le simple maintien du pouvoir d’achat devient une gageure. Mais plus personne ne s’en soucie vraiment, sauf la ménagère…

Voir en ligne : in Bakchich n°76

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Forum

  • Rigueur : ça se précise
    le vendredi 18 avril à 18:45, impots-utiles.com a dit :

    Puisqu’on parle d’économies il serait aussi peut-être temps d’arreter les subventions à la chine pour son developpement… La chine a un taux de croissance économique de 10% !!! avec nos maigres 1,7% nous faisons pâle figueur à côté… De plus la Chine boycott maintenant nos produits exportés ?? Cessons donc ces subventions gargantuesques ( 300 millions de dollars par an ) , qui pourraient par exemple , et à elles seules, permettre de financer tous les postes de l’éducation nationale que le gouvernement souhaite érradiquer ( une idée parmi d’autres… on peut en faire des choses avec tant d’argent !)

    http://www.impots-utiles.com/la-france-subventionne-le-d-veloppement-conomique-de-la-chine-hauteur-de-300-millions-de-dollars.php

  • Rigueur : ça se précise
    le jeudi 17 avril à 18:05, KHE3F a dit :
    Nicolas Pincen si tu nous lis ;)… Fais passer le message !
  • Rigueur : ça se précise
    le jeudi 17 avril à 16:12, Takkie Cardie a dit :

    ASSEZ ! ASSEZ ! et ASSEZ ! de payer tout le temps… depuis plus de trente ans de vie professionnelle, nous ne faisons rien d’autre que payer. Y’en a marre, vraiment marre… Assez d’entendre dire qu’en travaillant plus on gagnera plus… allez raconter ça à mon mari, micro-entrepreneur, qui travaille plus de 70 heures par semaine, pour n’avoir

    - que des em… avec la banque,la société étant toujours à découvert ; plus on en remet, plus vite ça sort, à coups de charges sociales démentielles, qui ne cessent pas d’augmenter ( en avril, encore…)
    - pas moyen d’embaucher, parce qu’on refuse obstinément de payer quelqu’un 600 ou 900 euros/ mois, avec ça, personne ne peut vivre. Le travail, ce n’est pas un sacrifice. Et on n’est pas en Grande-Bretagne.
    - pas de vacances, pour les deux raisons ci-dessus énoncées.
    - Donc, pas de temps pour soi, non plus, trop de travail.
    - Enfin, aucun patrimoine, parce que vous connaissez une banque, vous, qui prête à des gens comme nous, pour acheter un appartement ?… beaucoup trop risqué, pour la banque….

    Et, avec ça ? quel espoir ? celui de travailler encore jusqu’à 62, voire 65 ans ?

    Marre des discours moralisateurs sarkosystes. Ils n’ont qu’à commencer à donner l’exemple ces politicards cumulards, auto-reproduits, bouffis d’avantages auto-votés, dynasties familiales indétrônables, quelquefois malhonnêtes… mais toujours réélus par de pauvres gens naïfs et admiratifs.

    Bon, c’est vrai, on est bientôt en mai, il est grand temps de leur faire comprendre que, nous, classes dites "moyennes " en avons grandement assez de leur cirque, et qu’ils sont élus pour faire preuve d’abnégation et d’humilité. Qu’on les oblige à revoir leurs nombreux avantages acquis,type retraite double par année travaillée, prêt personnel à 0%, etc, etc, etc…..

    Après ça, peut-être, accepterons-nous d’entendre parler de rigueur…

  • Rigueur : ça se précise
    le jeudi 17 avril à 15:42, sam06 a dit :
    Il faut arrêter de "taper" chaque fois sur le pauvre citoyen et souvent celui de la classe moyenne voir ouvrière. J’avais lu un excellent article sur capital il y a un an , et des économies on peut en faire, il faut taper plus haut au gouvernement, basta les cocktails et petits fours de chez Lenôtre pour nos "amis" journalistes, les robes et soirées de Rachida, les déplacements à foison (cf Estrosi et compagnie), des appartements gratos etc… Les économies on peut en faire énormément sans encore nous ponctionner, les administrations qui servent à rien et qui coutent des millions !!! Mais pour le gouvernement ça c’est trop dur ? Alors LA RIGUEUR qui se l’applique, car nous on y goûte encore…
  • Rigueur : ça se précise
    le jeudi 17 avril à 14:58, Timothée a dit :
    Là c’est clair et net, on peut toujorus courir pour le pouvoir d’achat des français. Le gouvernement se trouve dans une belle impasse. La faible croissance (sûrement 1.5%) va considérablement réduire les recettes initiallement prévues. Tout cela réduit donc les marges de manoeuvres. Et le gouvernement ne pourra pas prendre de mesures populaires pour lutter contre l’inflation car c’est cette inflation qui justement lui permettra d’avoir un surplus de recettes, par rapport à la faible croissance. ce surplus de recettes lui permettra de ne pas exploser le déficit, mais ne lui laisse aucune marge de manoeuvre. Quelle connerie ce paquet fiscal alors…
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