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Retraites : Salariés, vaches à lait

Cotisation / jeudi 22 mai par Bertrand Rothé
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Les salariés cotisants du régime général et les fonctionnaires sont en train de battre le pavé : un an de plus au labeur au nom des « contraintes démographiques ». Une année de plus, qui alourdit leur charge, alors qu’ils sont déjà les plus gros contributeurs de la compensation entre les caisses.

Dans le cadre des compensations entre les caisses, les fonctionnaires et les cotisants du Régime Général sont mis à contribution pour des valeurs très significatives. Ils versent, chaque année, aux autres caisses de retraite plus de 7 milliards d’euros. Ainsi, un fonctionnaire territorial ou hospitalier : un employé communal, une infirmière, ou encore une aide-soignante, va payer 32 659 euros pendant sa période de cotisation. De son côté, un fonctionnaire d’Etat : un professeur, un gendarme, etc., ne contribuera qu’à hauteur de 22 500 euros, ce qui est déjà pas mal.

Montant de la contribution en milliards d’€ Contribution annuelle par cotisant
Régime général 5,033 302 €
Caisse des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers 1,444 799 €
Fonctionnaires d’Etat civils et militaires 1,347 548 €
JPG - 60.8 ko
des chômeurs inquiets
© Kerleroux

Ils aident des professions qui, en leur temps, n’ont pas souhaité participer à l’effort collectif

En 1946, les régimes spéciaux ont refusé de s’agréger au Régime Général pour conserver leur statut généralement beaucoup plus avantageux. Ces régimes, très souvent organisés sur une base socio-professionnelle ou d’entreprise, sont à la peine aujourd’hui. Ou, comme l’écrit de façon très politiquement correcte l’Assurance Vieillesse « tous ne sont pas à l’équilibre ». Évidemment, tout le monde, ou presque, a oublié. Et les plus informés feignent d’oublier que jusqu’à aujourd’hui, les bénéficiaires de ces régimes ont bien vécu. Leurs prestations étaient largement supérieures et leurs prélèvements bien inférieurs à ceux du commun des mortels. Leurs taux de cotisation restent bas comme dans l’agriculture. Maintenant que ça va mal, ils appellent à l’aide les fonctionnaires et salariés, au nom de la solidarité nationale.

Les professions libérales participent peu à cette solidarité

Dernier rentré dans le système de retraite par participation, les caisses des professions libérales. Qui participent peu à la compensation.

Comme ce sont les retraites de base qui participent à cette répartition, les caisses des libéraux ont instauré une retraite de base minimum. Pour ne pas flouer ses assurés, la retraite complémentaire de ces caisses est en revanche très importante. Cela évite à ces professions de participer à la solidarité nationale. Tous les libéraux ne sont pas des médecins ni des pharmaciens payés par la sécurité sociale, mais quand même !

Les bénéficiaires sont nombreux

La situation la plus controversée vient des régimes qui ne cotisent pas suffisamment par rapport à la qualité de leur prestation. C’est encore le cas de la caisse de la RATP et de la SNCF malgré les réformes (lire ou relire sur Bakchich : Merci les cheminots, merci Sarko). Petit clin d’œil de l’histoire, c’est aussi le cas de la caisse de retraite des députés, qui, avec leur privilège exorbitant ne doivent cotiser que 22,5 années, pour cumuler une retraite à taux pleins (voir l’article : Retraite : la caisse des députés est en « faillite »).

Pour le reste, ce sont des métiers dont l’activité décroît. Comme il n’y a pratiquement plus de mines en exploitation en France, les 13 000 actifs cotisants de ce régime sont dans l’impossibilité de financer les retraites des 373 067 bénéficiaires. C’est aussi le cas du monde agricole, à la fois celle des exploitants agricoles et des salariés agricoles. À titre d’exemple, plus de 50 % de la retraite des exploitants agricoles est financée par les salariés et fonctionnaires.

Comme d’habitude ce sont les amnésiques qui paient. La seule question est : jusqu’à quand ?

Lire aussi dans Bakchich les autres articles consacrés à l’actualité des retraites :

C’est entendu. Même si nombre d’entre eux manifestent ce jeudi, les Français devront cotiser plus longtemps pour avoir une pension de retraite de plus en plus faible. Un triste sort qui n’épargne pas les Daniel Bouton (Société générale), Serge Tchuruk (…)
De retour sur le devant de la scène presque chaque année, revoilà le « trou » des caisses de retraite. Et cette star de la politique ne cesse de se creuser et de mettre dans la rue des bataillons de salariés. Petit point sur son évolution, au gré des (…)
L’accusation est grave : depuis plusieurs années, la direction générale du célèbre institut public empêche les plus de 55 ans de bénéficier d’une promotion interne. Une pratique discriminatoire qui répond à une question toute bête : pourquoi gratifier des (…)

Sources :

– Rapport d’information du Sénat 20, déc 2006

– Rapport annuel de la CNAV 2005

– Rapport annuel de la caisse de retraite des mines


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Forum

  • Retraites : Salariés, vaches à lait
    le lundi 14 juillet à 00:57
    eh oui, les agriculteurs, qui se plaignent tout le temps, profitent des cotisations des autres alors que beaucoup d’entre eux, n’ont pas souhaité cotiser beaucoup pour enrichir leur patrimoine. Par exemple des terres achetées pour l’agriculture ont été avec le temps transformées en terre constructibles, car souvent les maires sont les agriculteurs dans les petits villages, et c’est ceux-là mêmes, qui se sont autorisé parfois à profiter de la vente de terrains à construire et ont faits banco. Certains ont vendu au noir des volailles, des moutons, du bois etc….Et ensuite ils viennent pleurer, que leur retraite n’est pas suffisante, c’est comme les commerçants. Qui a payé pour tous ces gens, les ouvriers et les fonctionnaires.
  • Retraites : Salariés, vaches à lait
    le jeudi 22 mai à 12:36, Une vache a dit :
    Excellent le dessin !!!
  • Retraites : Salariés, vaches à lait
    le jeudi 22 mai à 12:08, Phil2922 a dit :

    Merci Bertrand Rothé de rappeler certaines vérités et de nottamment dire que ceux qui battent le pavé, aujourd’hui, (en 68, on les enlevait… !) ont aidé des professions qui en leur temps, n’ont pas souhaité participé à l’effort collectif… Il y a un autre scandale, c’est la retraite des militaires qu’ils peuvent cumuler avec un second emploi, souvent réservé, et qui ne demande pas beaucoup d’efforts physiques…

    http://phil195829.overblog.com

    Le dessin de Kerleroux est marrant, ainsi que le commentaire de Filou… !

  • Retraites : Salariés, vaches à lait
    le jeudi 22 mai à 10:59, Filou a dit :

    Les salariés, vaches à lait ? Normal quand il s’agit de re-traite …

     :-)

    • Retraites : Salariés, vaches à lait
      le jeudi 22 mai à 14:07, Bertrand Rothé a dit :
      Je regrette de ne pas y avoir pensé avant vous. Cdt. Bertrand Rothé
  • Retraites : Salariés, vaches à lait
    le jeudi 22 mai à 10:18, soleil22 a dit :

    Je suis retraitée de l’enseignement. J’ai pris ma retraite à 60 ans, sans avoir toutes mes annuités, donc je touche 69 % de mon salaire brut, soit pas tout à fait 2 200 euros. Je m’estime très heureuse. Mais ce n’est pas sur ce sujet que je ne suis pas d’accord.

    Mon père, né en 1910, au boulot à 13 ans chez son père boucher, métier qu’il a exercé toute sa vie, avec pour seul congé le dimanche après-midi, et des journées de 12 à 15 heures. Effectivement il a commencé à cotiser très tard, quand c’est devenu obligatoire, et, comme il le reconnaissait lui-même, il ne croyait pas en la retraite de solidarité et il a donc verser le minimum, jusqu’à 65 ans. Il est décédé en 2005, il percevait 260 euros de retraite. Heureusement qu’il était propriétaire de son appartement. Que malheureusement ma mère, qui n’avait droit à rien, puisque les femmes de commerçant à cette époque ne POUVAIT pas cotiser, était décédée très jeune, et que ses enfants l’aidaient. Il n’a jamais perçu aucune aide, si ce n’est l’APA quand il a perdu son autonomie.

    • Retraites : Salariés, vaches à lait
      le jeudi 22 mai à 11:11, Tchibitchi a dit :

      En même temps, lorsqu’on vous lit : Mon père, (…) a commencé à cotiser très tard, quand c’est devenu obligatoire, et, comme il le reconnaissait lui-même, il ne croyait pas en la retraite de solidarité et il a donc verser le minimum, jusqu’à 65 ans.

      Que malheureusement ma mère, qui n’avait droit à rien, puisque les femmes de commerçant à cette époque ne POUVAIT pas cotiser (…)

      Donc, j’en déduis que pour vos parents, c’est celui qui pouvait qui ne voulait pas (il lui a fallu être obligé) et celui qui ne pouvait pas qui voulait…

      Franchement, faudrait être parfois un peu plus honnête…

      • Retraites : Salariés, vaches à lait
        le dimanche 1er juin à 00:10

        Votre message est inaudible. Personne ne veut reconnaitre ses responsabilités passées. Par ailleurs, un conjoint pouvait tout à fait acquérir des droits. Il suffisait pour cela de déclarer au moins un salaire fictif,seulement il aurait fallu régler ce qu’on appelle improprement les charges sociales. Il valait mieux compter sur la solidarité des autres.

        Par ailleurs, on dit toujours que les salariés cotisants actuels payent la retraite des générations d’avant. Il faudrait enfin qu’un jour, nos dirigeants, de tous bords, et nos experts reconnaissent qu’entre les sommes engrangées, et les sommes versées à d’autres régimes (vive la solidarité à sens unique) on a crée un déficit artificiel dans les caisses de salariés du privé et de la fonction publique.

    • Retraites : Salariés, vaches à lait
      le jeudi 22 mai à 14:25, Bertrand Rothé a dit :

      C’est très difficile d’écrire ce genre d’article. Je suis évidemment pour la solidarité nationale. Je souhaite qu’elle se développe. Je pense que ce "nous collectif" fait le génie de notre peuple.

      Je pense aussi qu’il ne faut pas être aveugle, il faut prendre le temps de souligner le fait que certains au nom d’avantages historiques ont réfusé de partager cette solidarité pour continuer à bénéficier de leurs petits avantages, il faut prendre le temps de le dire. Juste pour pouvoir passer à autre chose. Et je souhaite que l’on passe vite à autre chôse.

      Je pense aussi que certains salariés du régime général qui ont une espérance de vie plus courte que la moyenne doivent partir à la retraite plus tôt. Je le souhaite et la République se grandirait d’accorder ce droit rapidement.

      Cdt.

      Bertrand Rothé.

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