Comme Bakchich l’avait raconté dans un précédent numéro, le patron de la DGSE, Pierre Brochand, nommé à l’époque par Jacques Chirac, n’est pas pressé de prendre la porte. Et on le surprend régulièrement à rendre visite à l’Élysée, par une porte dérobée, pour justifier la confiance que le nouveau chef de l’État semble lui accorder, malgré l’état d’apesanteur où se trouvent nos barbouzes. Plusieurs articles de presse – entre autres le Canard Enchainé et Bakchich – ont annoncé que le successeur probable de monsieur Brochand pourrait être Bruno Joubert, en charge de la cellule Afrique à l’Elysée.
Ce pronostic n’a guère fait plaisir aux gradés du ministère de la Défense. Lesquels espèrent enfin récupérer pour eux le poste prestigieux de patron des services français qui a été attribué, ces dernières années, à un diplomate, de Jean-Claude Cousseran à Pierre Brochand. Comme l’armée doit, par ces temps de rigueur budgétaire, avaler quelques couleuvres, la succession de Brochand attribué à l’un des leurs pourrait être un petit lot de compensation. L’actuel numéro deux de la maison, le général quatre étoiles Ract-Madoux, un militaire sans grand relief selon certains, y pense nuit et jour.
En attendant une hypothétique reprise en mains, quelques apparatchiks tiennent la maison. Il s’agit de l’énarque André Le Mer, qui a survécu à tous les bouleversements de ces dernières années et occupe le poste envié de directeur du renseignement. Et tout le monde a oublié que cet ancien sous préfet à Lourdes fut protégé par Hervé Gaymard, l’éphèmère ministre des Finances adepte des beaux appartements, chouchou de Chirac et à ce titre pas franchement en odeur de sainteté chez les sarkozistes. On murmure, boulevard Mortier, que l’adjoint de Le Mer, Patrick Perrichon, est devenu l’homme fort des services français. « De lui, dit-on, il n’y a rien à dire, c’est le trou noir ». Et nos espions sont dans le brouillard !










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