La fréquentation du monde des financiers réserve parfois aux non initiés quelques surprises ; la défection soudaine, en mars dernier, de deux gros investisseurs avec qui nous négocions depuis six mois, nous avait laissés en état de choc. C’est le moment où nous avions lancé un appel à nos fidèles lecteurs pour qu’ils s’abonnent au petit hebdo du vendredi. Ce que vous avez fait par centaines. Un grand merci !
Depuis, nous avons reçu le soutien de plusieurs investisseurs, notamment des entrepreneurs du Web particulièrement créatifs et talentueux. Leurs encouragements sont précieux, la preuve que notre site appartient bien au monde métissé, ludique et imprévisible qu’est le Net aujourd’hui.
Nous avons pu lever ainsi quelque 500 000 euros. De quoi rémunérer la dizaine de permanents et la trentaine de pigistes de Bakchich jusqu’à la fin de l’année 2008. De quoi surtout créer les conditions d’un équilibre économique durable.
La presse écrite, un modèle à réinventer
Dans un article récent du genre « vite fait mal fait » sur les sites indépendants d’information, le Monde concluait : « le modèle reste à inventer ». Disons que le modèle de la presse écrite, trop souvent sclérosée à en juger par les douze semaines de vacances des enfants gâtés du Monde, reste sûrement à réinventer.
En revanche, l’audience des sites d’information et d’actualité est en train de grimper très rapidement, des marques se créent, les budgets publicitaires basculent vers le Net à un rythme de plus 30% par an et « le modèle » est en train justement de se construire. D’autant plus que les sites indépendants (Mediapart, Agora Vox, Rue 89, De source sure, la télé libre ou nous) sommes en train de réaliser qu’il faut mieux, dans la phase actuelle, nous unir que nous combattre. Ainsi sommes-nous à Bakchich en train de fabriquer des offres publicitaires communes à quelques sites indépendants qui nous permettront d’exister face aux régies.
D’autre sources de revenus existent pour un site comme le nôtre. Ainsi nous sommes sollicités par des portails ou des sociétés de téléphonie pour vendre notre contenu rédactionnel. Dans le monde de la télévision, voici une quinzaine d’années, des boîtes de production – aussi créatives que l’agence Capa – ont fourni des programmes aux chaînes qui se multipliaient. De même, dans le monde du Net, de petites structures comme la nôtre, aux couts de production très bas, intéressent d’autres réseaux, d’autres opérateurs. Des alliances là aussi sont en train de naître et des regroupements, jugés hier improbables, se créent. Et tant mieux !
Enfin nous réfléchissons au lancement de forums de consommateurs ou encore à la création, avec d’autres là encore, d’un hebdo du Net sur papier. Autant de pistes qui nous permettent d’être raisonnablement optimiste. Et surtout quand nos internautes préférés nous envoient des mots doux.







