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Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau

Energie / jeudi 3 juillet 2008 par Eric Laurent
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En Russie, le niveau des réserves pétrolières relève du secret d’État. Et pour cause ! Elles ont été sciemment surévaluées. Du coup, Moscou tente de profiter des gisements existant dans les pays d’Asie Centrale.

En 1956, le géologue américain King Hubbert avait prévu avec succès le pic pétrolier [1] des Etats-Unis pour 1970. Les mêmes projections appliquées à la Russie, deuxième producteur mondial, diagnostiquèrent le pic pétrolier en 1987. Le pronostic suscita à l’époque scepticisme et sourires condescendants. Aujourd’hui, la majorité des experts s’accorde à admettre que le montant des réserves russes est grossièrement exagéré, estimant qu’il faut diviser par deux les chiffres publiés.

Depuis trois ans, même les experts russes, longtemps adeptes du silence et de la langue de bois, commencent à tirer la sonnette d’alarme. Un rapport rédigé en 2005 par la branche sibérienne de l’Académie des sciences de Russie fut immédiatement classé par Vladimir Poutine. Il révélait que près de 60 % de toutes les réserves pourvues en Sibérie étaient au bord de l’épuisement. Depuis un décret promulgué par l’ex-président russe, les réserves pétrolières sont considérées comme relevant du secret d’État.

Poutine fait l’autruche

Pourtant les informations alarmantes se multiplient. Les nombreux gisements exploités depuis l’ère soviétique en Sibérie occidentale connaissent, depuis le début de l’année, une chute dramatique de leur production et sont considérés comme proches de l’épuisement. Le groupe pétrolier Lukoil a averti que la production pétrolière russe pourrait au mieux stagner et plus sûrement décliner dans les décennies à venir. Une fort mauvaise nouvelle pour les consommateurs occidentaux mais aussi pour Moscou qui a fait de l’énergie l’atout maître de sa diplomatie et de son influence restaurée. Vladimir Poutine, sans convaincre, s’efforce de réfuter ces informations. Pour continuer d’exister sur la scène internationale, le Kremlin, dont le potentiel industriel est à peine au niveau de celui de la Hollande, n’a que deux atouts : le pétrole et le gaz.

JPG - 28 ko
En Russie, plus de pétrole mais de la vodka
© Nardo

Mais pour continuer d’approvisionner ses clients occidentaux, la Russie compte sur les gisements existants dans les pays d’Asie centrale. Au Turkménistan, déjà considéré comme une chasse gardée, mais aussi en Ouzbékistan et au Kazakhstan, le pouvoir russe et ses groupes énergétiques témoignent d’un activisme accru, renforçant les liens avec les régimes dictatoriaux en place, cherchant à prendre le contrôle de compagnies nationales. Cette stratégie politique se double d’une rivalité de clans. Le nouveau président russe, Medvedev était le président du géant gazier Gazprom dont la rivalité avec le groupe pétrolier Rosneft est notoire. Or, Rosneft est dirigé par le vice-premier ministre, Igor Sechin, dont l’adjoint au sein du groupe pétrolier, Sergeï Maryshkin, vient d’être nommé chef de l’administration présidentielle. Le poste que Sechin, le nouveau tsar de l’énergie, occupait justement auprès de Poutine lorsqu’il était président.

Lire ou relire dans Bakchich :

Les pétroliers commencent sérieusement à se faire du mauvais sang : malgré l’optimisme de façade des dirigeants saoudiens, ils savent pertinemment que les réserves de pétrole du royaume s’amenuisent comme peau de (…)
La Russie est plus que jamais déterminée à créer un « Opep du gaz ». L’Iran a donné son accord. Aujourd’hui, l’Algérie, qui tergiverse depuis un an, semble prête à se lancer dans cette aventure qui dérange les Etats-Unis et (…)

[1] Un pic pétrolier désigne le moment où la production de pétrole décline du fait de l’épuisement des réserves de pétrole exploitables.


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  • Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau
    le vendredi 19 septembre 2008 à 16:05, Gugusse a dit :

    le pouvoir russe et ses groupes énergétiques témoignent d’un activisme accru, renforçant les liens avec les régimes dictatoriaux en place, cherchant à prendre le contrôle de compagnies nationales.

    Oh, ça alors c’est très vilain. Cela choque profondément notre si vertueux humanisme occidental.

    En plus, ils truquent les chiffres en ne donnant aucune indication sur les gisements non exploités de Sibérie.C’est pas nous qui étoufferions les informations sur les réserves de la corne de l’Afrique, je le jure la main sur le cœur.

    Y sont pas gentils, les Russes, mais alors pas gentils…

  • Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau
    le lundi 21 juillet 2008 à 12:20, lektrice a dit :
    Cette info se trouve confirmée par la venue de la Chancelière A Merckel, la semaine dernière, en Algérie afin de signer un contrat d’approvisionnement en gaz, malgré la position priviligiée de l’Allemagne (l’ancien Chancelier Schroeder fait partie du comité de surveillance de Gazprom)
  • Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau
    le mardi 15 juillet 2008 à 00:19, infiltré a dit :

    il ne faut oublier cette éventualité :

    La Russie sur-joue un plafonnement de sa production afin de vendre plus cher ses richesse et au passage remplir les poches des apparatchiks

    Certains pays pétrolier publient des chiffres aux rabais dans ce but. ils jouent donc sur une rareté virtuelle ce qui leur permet aussi de conserver des réserves plus longtemps.

    A la guerre comme à la guerre…

    Il y a beaucoup de tromperie dans ces histoires sans parler du développement des technologies d’extraction etc.

    prenons les paris :

    Dans 20 ans ils nous diront de nouveau "il nous reste 30 ans de pétrole, pas plus"

  • Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau
    le jeudi 3 juillet 2008 à 14:38, jpp64 a dit :

    Aprés on dit que la montée du baril est due à la spéculation, avec de telles nouvelles on a de gros doutes. Même les dirigeants de l’OPEP disent que la flambée n’est pas spéculative.

    Personne ne sait ou on en est au niveau des réserves, c’est le grand flou, et ce qui reste de pétrole sera très cher à extraire. Plutôt que de tricoter des bonus/malus auto sur le dos des écologistes, il vaudrait mieux se pencher sérieusement sur des alternatives au moteur thermique et très rapidement.

    Une fois de plus on va se faire griller par les asiatiques, de plus en plus puissants.

    • Peak oil en Russie ? Pas d’avenir pour l’automobile
      le jeudi 3 juillet 2008 à 16:30, Zadig a dit :

      En effet, la Russie semble avoir atteint le sommet de sa production pétrolière (peak oil). Depuis quelques mois, la production plafonne et est en léger déclin. Cela reste à confirmer dans les moins et années qui viennent.

      La Russie est le premier producteur mondial depuis plusieurs années et ce qui se passe est donc particulièrement important. Voir La production de pétrole dans le monde et dans les principaux pays producteurs pour faire le point de la situation.

      Maintenant, il ne faut pas croire qu’il existe des alternatives crédibles pour des véhicules (pas seulement des voitures) qui rouleraient sans utiliser de pétrole.

      En fin de compte, tous ces véhicules utilisent de l’électricite. Une voiture à hydrogène aura besoin d’électricité pour fabriquer l’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau. L’hydrogène ne pourra plus être fabriqué à partir du gaz naturel, car celui-ci ne survivra pas beaucoup à la disparition du pétrole.

      Pour l’essentiel, on peut dire : Pas de pétrole : pas de voitures ni de camions et cela est facile à comprendre.

      Pour alimenter un milliard de véhicules dans le monde, ce qui existe aujourd’hui, sans utiliser les carburants d’origine pétrolière, il faudrait disposer de :
      - 1.500 réacteurs nucléaires de 1.000 MW pour des véhicules électriques,
      - 3.000 à 4000 réacteurs nucléaires identiques pour des véhicules à hydrogène, selon que celui-ci est comprimé ou liquéfié.

      Lorqu’on sait qu’il se construit moins de trois réacteurs par an dans le monde depuis plusieurs années, le compte est vite fait. Et les rêves se termineront de façon brutale pour ceux qui ne veulent pas voir qu’un changement complet de notre mose de vie est nécessaire.

      • Peak oil en Russie ? Pas d’avenir pour l’automobile
        le jeudi 3 juillet 2008 à 22:28, jpp64 a dit :

        Merci Zadig pour votre réponse. En fait vous préchez à un convaincu, quand je parlais d’alternative à la voiture je pensais au train et autres transports en commun qui sont toujours électrique mais plus optimisé en consommation par personne.

        Les données des sites que vous liés à votre réponse sont trés interessantes, sont-elles de sources sures ?

        Je lutte contre une autoroute de 150 km dans le Sud-Ouest et ce genre de données m’interesse énormément.

      • Peak oil en Russie ? Pas d’avenir pour l’automobile
        le vendredi 4 juillet 2008 à 18:32, Zadig a dit :

        D’après les recoupements que j’ai pu faire en cherchant de l’information, tout cela me semble très fiable.

        J’ai trouvé des éléments concordant sur les principaux points cités et l’ordre de grandeur est correct.

        Sur le même site d’ailleurs on trouve de nombreuses informations et les sources sont en général citées (des documents officiels d’organisations internationales).

        • Peak oil en Russie ? Pas d’avenir pour l’automobile
          le vendredi 4 juillet 2008 à 22:15, jpp64 a dit :

          Effectivement, c’est ce que j’ai aussi constaté lors d’un parcours rapide des différents articles.

          J’ai cru que vous étiez le concepteur du site.

  • Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau
    le jeudi 3 juillet 2008 à 10:15, si.mourad a dit :

    Toutes les matieres sont épuisables.Seulement,le pouvoir de l’argent rend aveugle et les societés multinationales et transnationnales n’ont que faire des prévisions, la seule loi reste celle du marché, non celle du bon sens. Alors, le YOYO de l’offre et de la demande bien taré par la spéculation fait que gouvernants et mafia qui sont cousins regleront le reste. Et pour satisfaire la demande dopée, on ira au bout du monde avec la poudre et les canons. L’exemple de l’Irak fais cas d’école aujourd’hui. Restera un autre "coup d’eventail" pour l’Algerie et en reserve le coup fourré "du danger d’El quaida", avec pourquoi pas un reglement à OK Cor.. avec le Maroc à démarrer, si necessaire. Mais pas question de tomber en panne alors que l’Afrique est presque inexploitée. Sur le coup on citera les efforts faits par les USA et la Chine, avec en traine, mais pas loin, l’Inde pour disputer un terrain bien en mains de la france, de l’Engleterre et plus maintenant des Portugais.

    L’avenir n’est pas sur pour les Africains, qui ne reviennent pas aujourd’hui de trés loin.

    • Réserves pétrolières : la Russie n’est plus au niveau
      le jeudi 3 juillet 2008 à 13:06, Timothée a dit :
      Il est évident que les russes cacheront à tout le monde le volume de reserves qu’ils leur restent. Le petrol, c’est un de leur rare argument de négociation. Le manque de petrol risquerait d’affaiblir la russie. Il pourrait se passer des années et des années avant que l’on puisse correctement évaluer les réserves de pétrole en Russie.
    • Réserves pétrolières : t’es plus au niveau
      le jeudi 3 juillet 2008 à 15:46, Ze comite of all ze Russian Experts a dit :

      "Aujourd’hui, la majorité des experts s’accorde à admettre que le montant des réserves russes est grossièrement exagéré, estimant qu’il faut diviser par deux les chiffres publiés."

      première nouvelle ! Personne ne prétend d’ailleurs connaître les réserves exactes, vu qu’on est loin d’avoir une idée précise de ce qui se cache en offshore ou dans la vaste région arctique russe.

      Depuis trois ans, même les experts russes, longtemps adeptes du silence et de la langue de bois, commencent à tirer la sonnette d’alarme.

      Les experts russes ne sont tous d’accord que dans tes fantasmes humides. Certains sont ultra libéraux, d’autres sont payés par le gouvernement, et leurs opinions sont radicalement opposées. Les analystes financiers n’ont aucune raison de gonfler les chiffres des réserves des pétroliers car leurs clients leur tomberont sur le râble si les actions qu’ils achètent sont surévaluées.

      Un rapport rédigé en 2005 par la branche sibérienne de l’Académie des sciences de Russie fut immédiatement classé par Vladimir Poutine. Il révélait que près de 60 % de toutes les réserves pourvues en Sibérie étaient au bord de l’épuisement. Depuis un décret promulgué par l’ex-président russe, les réserves pétrolières sont considérées comme relevant du secret d’État.

      tu te mélanges les pinceaux mon brave. Les réserves épuisées sont celles qui sont exploitées actuellement (en Sibérie occidentale). Celles qui sont classées secrètes ne sont pas encore exploitées (on ignore d’ailleurs largement ce qu’elles contiennent), leurs licences n’ont pas encore été vendues aux groupes pétroliers. Elles ne peuvent pas être épuisées… c’est toi qui devrait te reposer, ou te documenter un peu avant d’écrire des ânneries !

      D’autre part, vu que l’administration russe est largement composée de mangetout qui se remplissent les poches avec les actions des groupes pétroliers, ils n’ont pas trop intérêt non plus à prendre les investisseurs pour des cons (ils ont les mêmes intérêts). Je simplifie, mais c’est sans doute déjà trop compliqué pour toi, Eric Laurent !