« Frère de sang » est un peu au « Da Vinci Code », ce que le Quick est au Mac Donald’s. Comestible, rassasiant, il manque tout de même de saveurs, et laisse un goût un peu trop gras et un peu trop salé sur le palais. À Paris, où se noue le cœur de l’intrigue, deux histoires sont contées en parallèle.
Le commissaire Marcas était bien heureux de pouvoir jouir tranquillement de son année sabbatique et de ses activités de franc-maçon, mais le sort en décide autrement et le voilà sur les pas d’un frère haut gradé qui tue ses égaux pour accomplir une mission secrète. Progressivement, l’enquête se révèle être bien plus qu’une simple affaire de psychopathe obsessionnel, et mène Marcas vers un secret séculaire autour de l’or pur.
Autre chapitre, autre tableau, Nicolas Flamel, enlumineur et copiste dans le Paris du XIVème siècle se trouve aussi impliqué dans une sombre histoire. Forcé d’accepter de consigner les aveux sous torture d’une jeune madone attachée quasi nue à une pierre maculée de sang, son existence se noue pour l’éternité à un étrange livre et à ses secrets d’alchimie.
L’intrigue est bien menée, le polar efficace, affame le lecteur impatient de connaître l’issue des événements. Reste que l’habituel sandwich, "sang, sexe, ésotérisme" ficelé entre deux tranches d’histoires invraisemblables est un peu indigeste. Les allers-retours du récit entre les cachots de l’ignoble tortionnaire au service du roi (les caisses ont besoin d’or…), une remise secrète dans le désert du Koweït, et une baraque franc-maçonne en plein cœur d’Harlem, laissent un peu dubitatif…
Heureusement les auteurs maîtrisent parfaitement leur sujet, Jacques Ravenne, étant « le pseudonyme d’un franc-maçon élevé au grade de maître au rite français ». Un pseudonyme ? Mais alors pourquoi avoir choisi de mettre sa photo en première page de l’ouvrage, dans une pose où son énorme chevalière en or agresse l’œil de l’innocent venu simplement se divertir ?
Enfin, si malgré tout vous vous révélez être un inconditionnel morfale du polar d’épée, et d’été, un site internet a même été créé pour assurer l’approvisionnement…
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