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Bob Dylan, le poil à gratteux

Acoustique / mercredi 16 juillet 2008 par Nicolas Beau
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Voix nasillarde, sale caractère, foncièrement egoïste, Bob Dylan a eu droit à un documentaire signé Scorsese, et diffusé sur Arte. On a que ce qu’on mérite, et le talent permet beaucoup…

Trois heures trente sur Dylan, n’est-ce pas longuet ? Pas du tout, on en supporterait davantage surtout que ce « No Direction Home », filmé par Martin Scorsese en 2005 ne raconte que l’éclosion de l’artiste et son âge d’or (Arte, mardi soir). Dans TéléObs François Forestier fustige l’« interminable portrait » d’un « poète renfrogné ». Hé ! Faut pas voir la tronche mais la tranche (d’histoire) ! Dylan est sorti de la cuisse de Woody Guthrie et de Pete Seeger, ses pères spirituels.

Né dans un bled du Minnesota, Robert Zimmerman – de son vrai nom – devient vraiment bon chanteur après quelques mois passés à New York, à Greenwich Village, chaudron musical et littéraire des années 60. Il a cette capacité à faire l’éponge, à s’imprégner de tout, et en même temps à se concentrer sur lui, à écarter les gêneurs et les médiocres. Quand les producteurs cherchent des « belles voix », Bébert Zimmerman cultive son ton nasillard. Il couine, il miaule et cela marche ! Pas de concession, pas de scrupule excessif… Dylan est un piqueur et un égoïste : ses meilleurs amis le racontent sans amertume, jusqu’à Joan Baez, sa compagne d’un temps, sidérée que « Bobby » ne l’accueille pas à ses cotés sur sa scène alors qu’elle a partagé son micro avec lui quand elle était plus connue que lui. Pourtant aucun regret, aucune critique cinquante ans plus tard chez ses proches, toujours fascinés, tant la personnalité de Dylan est solaire.

Mais aussi ténébreuse. Revenant de New York dans son bled, il confesse avoir passé « un pacte (deal) avec le diable », dans la grande tradition des bluesmen : chanter, c’est vendre son âme…L’ambivalence du personnage éclate dans ces histoires quotidiennes qu’il chante comme un prêcheur, écrites en clair-obscur : la jeunesse contestatrice y entend la révolte, l’engagement politique mais Bébert le Gratteux est au-delà. Poète, il refuse de jouer les porte-parole et le chanteur engagé. Il déçoit les militants des droits civiques même s’il est dans tous les bons coups, comme avec Martin Luther King lors de la marche de Washington. Quand il sort une guitare électrique, son public folkeux est outré et déçu, sur le thème « on vient entendre Dylan, pas un groupe de pop music ». « Judas ! », « Traître ! » hurle une partie de la salle. Ses concerts anglais sont houleux, les fans veulent de l’acoustique pure et dure, et ils n’ont pas toujours tort car le son n’est pas toujours bon et les paroles peu audibles.

Mais la Grand Bébert s’en fout. A une foule qui rêve d’amour universel, il chante « Like a rolling stone », un truc sarcastique et individualiste. D’ailleurs les tournées le saoulent. Les fans deviennent agressifs et les journalistes posent des questions stupides du genre « pourquoi chantez-vous ? ». En 1966, le Zim’, au bout du rouleau, a composé tous ses chefs d’œuvre. Il s’éclipse. Occultation du prophète…Plus tard, il aura ses trip religieux (juif, chrétien) mais ce n’est pas le sujet de Scorsese. Doit-on le haïr parce qu’il a prêché avec les « born-again » ? « Je n’essaie pas d’être sympathique… On peut aussi tuer par gentillesse » explique le génial renfrogné.


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Forum

  • Bob Dylan, le poil à gratteux
    le samedi 9 août 2008 à 17:11
    Pourquoi traiter Dylan de renfrogné ? Il ne veut simplement pas qu’on lui dicte sa conduite et il a rudement raison. Il a avancer sur son chemin en n’aimant pas se plier aux simagrées que l’on demande aux artistes. Les fans n’ont pas a façonner l’artiste. Il est génial et a tout inventé. Ces inspirateurs, il les a dépassé et de loin. Essayez de chanter Dylan, de jouer Dylan, ce ne sera qu’une pâle copie. Lui seul sait faire du Dylan. Des soirées comme ça on en redemande, plus souvent et à 20h30 ….
  • Du n importe quoi
    le mardi 22 juillet 2008 à 19:30, ca explique tout a dit :
    j ai 45 ans et b dylan, Cure, beathles, macarteneey, eagles….. m ont jamais convaincu ou plu en musique. c est hors percussion et chant pour la bonne cause, chant du poids du temporel tel les moussem, les folklores apparus au 3eme siecle avant jc…..cad la musique haute que toute philosophie et toute sagesse tout en te mettant directement au centre de l univers, et bien sur avec des paroles respectueuses….. Vive l irlande avec les : simple minds, l ecosse avec : Marillion, l afrobeat de Nigeria avec Fela anikulapokuti, ses enfants : Seuhn kuti et femi kuti. Ajoute a ca le groupe espagnol : Heroes del silencio,les 2 groupes indiens : Talvin singh et karsh kale, le jamaicain burning spear, Genetic drugs….. Malheureusement, la majorite se fie a la publicite politisee et au vide. Ca me detraque en art et en politikhe. Ca explique tout !
  • Bob Dylan, le poil à gratteux
    le mardi 22 juillet 2008 à 05:37
    Votre chronique sur le parcours musical de B Dylan correspond tout à fait à la réalité. Oserai-je vous dire que ce n’est pas un scoop J’ai lu tout cela dans un bouquin de la collection Rock and Folk aux &ditions Albin Michel, co-écrit par F Ducray, Ph Manoeuvre, H Muller et Jacques Vassal. Découvrant dans ledit bouquin que Bob Dylan n"était pas un authentique chanteur engagé et qu"après s’être imprégné dans Greenwich Village de folk song, il s’y est mis et disons le, avec génie. Ce qu’il était réellement a déçu Joan Baez et moi qui aime l’authenticité (ex : Léonard Cohen, S Gainsbourg) De plus, il était canaille avec les Stones, leur disant qu"il aurait pu écrire certains de leurs célèbres morceaux et qu’à l’inverse, selon lui, les Stones n’auraient pu écrire ses chansons. Et comme pour le faire exprès, il articulait sans discrétion : "Like a rolling stone"
  • Bob Dylan, le poil à gratteux
    le lundi 21 juillet 2008 à 21:47, Satantango a dit :

    Un papelard qui se veut iconoclaste mais qui en réalité n’est qu’un médiocrité pleine de jalousie rancunière.

    Aucun "chanteur" français (Brel est belge & Brassens trop monocorde) n’atteindra jamais la popularité et le talent de Bob Dylan, Aucun.

    Même pas Goldman ! Ahahahhahaha !!!

  • Bob Dylan, le poil à gratteux
    le jeudi 17 juillet 2008 à 16:01, derouard a dit :
    Bonjour, merci pour avoir écrit que Bob Dylan est sorti de la cuisse, de Woody Guthrie, mais aussi de celle de Pete Seeger… Pete Seeger qui est trop ignoré en France… L’épisode de Newport 1965 n’est toujours pas éclairci mais il semble évident, comme vous le dites, que ce sont les problèmes d’accoustique - Seeger s’est bien sûr toujours attaché à la lisibilité des textes, il suffit de l’entendre en concert à l’étranger comme il articule pour se faire comprendre (quand il n’est pas accompagné d’un traducteur) - est n’ont pas d’électrification des guitares. bien, merci, on ne parle jamais assez de Pete Seeger cordialement jean pierre derouard
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