Notre confrère LSA (le journal professionnel de la grande distribution) édite toutes les semaines en partenariat avec Nielsen des petits tableaux souvent intelligents. Cette semaine, ils comparent les prix des produits alimentaires incontournables. Ceux qui ne sont, non pas nécessaires, mais obligatoires pour ne pas mourir de faim : les pâtes alimentaires, les œufs, les laitages…
Les prix des produits alimentaires de base explosent
La comparaison porte sur trois types de produits :
Les marques nationales, qui regroupent Danone, Nestlé, Barilla, Lactel et les autres.
Les marques de distributeurs, qui agrègent tous les produits signés par des distributeurs, qui sont 20 % moins chers que les marques nationales et souvent de très bonne qualité.
Les premiers prix, qui peuvent être soit des marques de distributeurs positionnées « entrée de gamme », soit des produits sans marque, ou avec des marques inconnues.
| Marques nationales | Marques de distributeurs | Premiers prix | |
|---|---|---|---|
| Pâtes alimentaires | +20,80 | +21,50 | + 31,22 |
| Lait | +15,72 | +13,32 | + 8,09 |
| Oeufs | +11,11 | +18,29 | +20,51 |
| Yaourts, desserts lactés, fromages blancs | +7,70 | +5,71 | +7,96 |
| Miel, confiture, compote | +7 | +7,19 | +16,94 |
Trois constatations s’imposent :
Tous les prix augmentent très fortement. Pour information, ce sont les laits en poudre et les laits concentrés pour adultes qui augmentent le moins. Il y a des crises de foie en perspective si les radins s’en aperçoivent. En tube, ce produit consommé sans modération est assez difficile à digérer.
Les prix des marques nationales augmentent moins que ceux des autres catégories de produits. Mais attention elles sont encore beaucoup plus chères que les autres. Les responsables de ces marques ont donc soit réduit leurs marges, on peut rêver, ce serait étonnant, soit essoré leurs frais marketing (publicités, et promotions…).
La constatation la plus dramatique est que ce sont les produits les moins chers, que les professionnels appellent premiers prix, qui augmentent le plus. Comme ces produits n’intègrent pratiquement aucun frais de marketing, la hausse des matières premières se fait donc tout de suite sentir.
Les pauvres trinquent donc plus que les autres
Pour permettre aux 5 millions de personnes qui gagnent le Smic de faire face à cette hausse des prix, le gouvernement a impérialement augmenté le Smic de 0,9 %, le 1er juillet. Autant vous dire qu’il n’a pas donné de « coup de pouce » et encore moins fait preuve de générosité. Service minimum. Pour ceux qui en douterait, le MEDEF qui à chaque année organise une conférence de presse pour se plaindre, n’a rien fait cette fois ci.
Pour être exhaustif, il faut dire que le prix des vêtements « entrée de gamme » baisse, d’après Jean Marc Sylvestre. Mais voilà, on ne se nourrit pas de fringues. Il suffirait en suivant ce raisonnement de conseiller aux personnes défavorisées de consommer moins de pâtes, moins de sucre et moins de yaourts. Les smicards pourraient, si on écoute Jean-Marc Sylvestre, reporter leur consommation sur la lingerie, les pulls et autres pelures.
Les secrétaires seront un peu plus minces et mieux habillées, et leurs patrons doublement heureux.
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