Ici, à Charlie, nous ne le rappellerons jamais assez, nous sommes démocrates. Démocrates quand il s’agit de défendre les bombardements de l’Otan sur Belgrade ou le oui au référendum de 2005 dont la victoire a été volée par un cartel rouge-brun manipulant des pauvres qui n’ont pas lu Voltaire ou Spinoza comme moi (1).
J’ai d’ailleurs laissé, parce que je suis un démocrate, des partisans du non s’exprimer dans mes, euh, nos colonnes. J’ai laissé la tolérance prendre ses aises dans cette maison commune qu’est Charlie où nous partageons les mêmes valeurs démocratiques car comme disait Tocqueville (2) la tolérance et la démocratie ne se partagent pas et pourtant je suis le patron, c’est dire si je suis tolérant et démocrate.
On voit ou cela mène, cette naïveté que je confesse volontiers au lecteur car elle m’honore. C’est en effet la naïveté de Rousseau (3), la naïveté de la tolérance et de la démocratie, ces valeurs sur lesquelles il ne faut pas transiger, jamais, à Charlie moins qu’ailleurs. Des vieillards antisémites en ont profité pour pousser plus loin leur pion sur cet échiquier de l’infamie, le pousser jusqu’à l’insupportable, jusqu’à l’inacceptable en mélangeant électroménager et judaïsme, ce qui est toujours dangereux, surtout en période de baisse de pouvoir d’achat.
Comme le disaient Maurice Orwell et Alfred Baudelaire
J’ai été obligé de me séparer de lui comme d’un valet indélicat car ainsi que le disait si bien Hegel (4), « Il n’y a pas de grand homme pour son valet ». J’ai même dû endurer les reproches amicaux de mon ami Bernard-Henri Lévy et avec tout ça, je n’ai pas été invité à l’Université d’été du Medef où j’aurais pu défendre les valeurs de tolérance et de démocratie devant des patrons, qui sont aussi des femmes et des hommes humains avec qui il faut parler si on veut comprendre le monde. Le comprendre sans les œillères d’un archéo- gauchisme régressif dont on sait où il mène, surtout chez les vieillards méchants.
Alors Edvige ? me direz-vous. Nous sommes, à Charlie, le lecteur le sait, assez peu suspect de sympathie pour Nicolas Sarkozy. Sauf quand le président lutte contre l’islamo-gauchisme et l’antisémitisme (présent jusque chez les vieux dessinateurs chatophiles), sauf quand il envoie des troupes en Afghanistan pour défendre les valeurs de la tolérance et de la démocratie, sauf quand il réduit à rien l’électorat de Le Pen, sauf quand il fait preuve d’ouverture en prenant des ministres démocrates et tolérants comme Bernard Kouchner.
Pourtant, avec Edvige, nous sommes bien obligés d’en convenir, Nicolas Sarkozy a raison et fait preuve de courage.
Edvige n’est pas ce fichier totalitaire qu’une certaine gauche archaïque veut nous présenter en prenant l’alibi facile de Big Brother, la créature de Maurice Orwell (5). Edvige est une belle invention des Lumières, Edvige nous permettra de mieux nous connaître dans nos différences politiques, nos orientations sexuelles et en même temps nous réunira autour d’un principe commun universaliste, celui de la république porteuse des valeurs de tolérance et de démocratie.
Bien sûr, Edvige sera à manier avec précaution car il ne faudrait pas qu’elle empiète sur nos libertés fondamentales, comme celle du patron de presse qui veut virer un subordonné raciste qui n’aime que les chats, cet animal qu’Alfred Baudelaire (6), déjà, décrivait comme antidémocratique. Mais que de catastrophes seront évitées grâce à elle ! Plus de Onze Septembre, plus d’Islam des caves, plus de pétitions contre les patrons de presse tolérants et démocrates. Les fauteurs de troubles seront repérés avant même de penser à commettre leurs forfaits.
Edvige, pour qui sait voir, c’est notre nouvelle Marianne. Une Marianne électronique, démocratique et tolérante.
Philippe Bal est le pseudo choisi par Jérôme Leroy, qui habite à Charlie en Basse Seine, il n’était pas satisfait par son précédent pseudo celui de BHV.
Lire ou relire sur Bakchich.info








Version imprimable
Recommander à un ennemi