Avec le passage à l’automne, dimanche 21 septembre, la France a également traversé un week-end électoral. Si, si promis. Dimanche 21 au soir, des urnes ouvertes à 51 720 grands électeurs, sont sortis 114 sénateurs. Pas vraiment emballant médiatiquement. Et pourtant, la lutte entre les candidats est rude pour accéder au poste de « super privilégiés de la République », comme les désignent Robert Colonna d’Istria et Yvan Stéfanovitch dans leur dernier opus : le Sénat enquête sur les super privilégiés de la République. Sorti pile dans le temps (le 11 septembre dernier) aux éditions du Rocher, ce petit opus de 285 pages décrit les grands et petit maux de nos poncifs sénateurs, aussi ardents pour être élus que languissant quand il s’agit d’être présent au Palais du Luxembourg.
Petit exemple, comme il en existe « des dizaines d’autres », préviennent charitable les auteurs, ce Sénateur qui « de sa vie de parlementaire, n’a jamais été associé à un seul rapport sur quoi que ce soit, et qui, en 5 ans, n’a pris la parole en séance publique que deux fois ! En 2007, probablement pour tenter d’améliorer les statistiques, il a déposé le même jour, un des derniers de l’année, une cargaison de question au gouvernement, ce après avoir passé des mois à ne pas en poser une seule… »
Une sorte de fantôme, sénateur des Bouches-du-Rhône et candidat à la mairie de Marseille. Un certain Jean-Noël Guérini, qui avait alors promis de démissionner de son mandat s’il devenait maire de la plus belle ville du monde. « Commentaire amusé de Jean-Claude Gaudin, le sénateur maire de Marseille : « entre nous les sénateurs ne s’en rendront pas compte, ils ne le voyaient jamais ».
Mais s’ils ne siègent pas, pourquoi donc ces remarquables élus souhaitent-ils entrer au Luxembourg ? Peut-être dans l’une des trois buvette, fort agréables institutions où « le café coûte 40 centimes et le whisky 50 centimes, prix inchangés depuis cinq ans » et dont l’une d’elle au « rez-de-chaussée (surnommée curieusement buvette des journalistes) ne reçoit que les petits fonctionnaires de l’endroit, mais fait office « de bureau des privilèges ».
Ou alors tout simplement pour les menus avantages qu’offrent le poste. Entre autre être choyé par les lobbyistes, envoyer une bonne partie de son courrier ou du courrier de ses amis à l’œil, employer un parent, neveu fiston sur l’enveloppe qui leur est allouée. Une enveloppe bien lestée. « Une indemnité parlementaire de base (5423,33 euros bruts mensuels) (…) une indemnité de résidence (3% de la précédente) (…) une indemnité parlementaire de fonction(1397,54 euros brut mensuels) (…) », listent les auteurs, sans oublier « l’indemnité représentative de frais de mandat (6567,04 euros bruts mensuels pour des dépenses classées frais divers), versée par les groupes politiques, familièrement appelée « frais de secrétariat ». Les sénateurs peuvent parfaitement garder cette indemnité au fond de leur poche ; n’ayant jamais aucune justification à fournir sur son utilisation ». Au final, chaque mois, ces braves parlementaires touchent « 11540 euros nets d’indemnité, dont la moitié seulement est imposable ».
Dame Sénat a tous les atours pour être courtisée. Et sait récompenser ses plus fervents adeptes. Même s’ils l’ont délaissée, ou tout simplement qu’ils ne sont pas réélus. Les retraites des Sénateurs sont à l’avenant. « Plus de 4 000 euros par mois avec obligation de cotiser pendant quinze ans seulement ». Et, notent Stéfanovitch et Colonna, la « sécurité de l’emploi » dans ce doux milieu n’est pas une vaine expression. « Sur les quarante-deux sénateurs qui se sont représentés en mars 2008, quarante ont été réélus ».
Des élections trépidantes…
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