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« Laisse les hommes pleurer »

Ouin-ouin / samedi 4 octobre par Catherine Zagmout
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A partir d’un fait trop méconnu, le placement d’enfants réunionnais dans des familles en Creuse pour repeupler le département, l’écrivain Eugène Durif raconte la vie de deux orphelins, entre les souffrances de l’enfance et les failles du présent.

Curieusement, on l’oublie. Mais dans les années soixante, à l’initiative de Michel Debré, député de l’île de la Réunion, des centaines d’enfants réunionnais sont déportés et « placés » dans des familles en Creuse, pour repeupler le département…

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Laisse les hommes pleurer

A partir de ce « fait divers » historique, Eugène Durif construit un road movie limousin à la recherche d’une enfance brisée. Léonard est un ancien « populart ». Naguère en France, le quolibet « populart » désignait les « enfants de la population française », autrement dit des orphelins. Adulte, Léonard est devenu gardien de prison. Jusqu’à ce jour où il ne peut plus continuer. Gagné par la compassion, dépressif, il démissionne et part à la recherche de Sammy, jeune réunionnais placé dans la même famille d’accueil cinquante ans plus tôt, Sammy avec qui il partageait tout : une paillasse dans une grange où les confidences et leurs rêves d’enfants chuchotés dans le noir rendent la nuit moins froide, des journées à travailler dur dans les champs pour une famille d’accueil qui n’a rien d’accueillant. Après le passage de l’assistante sociale tout de même un peu inquiète, les deux garçons doivent aller à l’école et rencontrent là une jeune femme, une camarade de classe qui les prend sous sa protection. Jusqu’à la fuite dans la forêt, le désir de vivre là, tous les trois ensemble… Et la fin du rêve… Entre l’enfance et les failles du présent, Léonard et Sammy enfin retrouvés vont tenter de comprendre et de donner un peu de sens à ce qu’ils ont pu vivre. Eugène Durif signe un livre tendre qui vous prend aux tripes, où la résilience prend la figure d’une jeune fille du nom de Célimène, où elle passe aussi par la découverte presque accidentelle de la lecture ou d’une cabane dans la forêt qui devient le pays où l’on n’arrive jamais.

« Laisse les hommes pleurer », de Eugène Durif, éditions Actes Sud, 16 euros, sorti le 21 septembre 2008

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Forum

  • « Laisse les hommes pleurer »
    le lundi 20 octobre à 17:59, KIKOUNET a dit :
    Un livre miroir entre des enfances difficiles comme il en existe encore beaucoup et ces deux personnes devenues adultes, qui se retrouvent au cour de leur vie.Un livre émouvant sur les cabossages de l’enfance que l’on traine durant toute sa vie,et aussi sur l’amitié que ceux çi peuvent créer. Livre à ne pas manquer
    • « Laisse les hommes pleurer »
      le jeudi 20 novembre à 23:38
      c’est vrai que c’est vraiment un beau livre qui m’a beaucoup touché…C’est bien que vous en ayez parlé car j’ai peu vu d’articles de presse à son sujet…