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Présidentielle de 2009

Maya Jribi et la question à 100 000 dinars

6 octobre à 10h10
Maya Jribi sera-t-elle tentée de se présenter à l’élection présidentielle tunisienne de 2009 au risque de diviser et de décrédibiliser son propre mouvement politique ? C’est la question à 100 000 dinars que se posent, de plus en plus ouvertement, les observateurs de la scène politique tunisienne.

Officiellement, le Parti démocratique progressiste (PDP, reconnu mais non représenté au Parlement) a son candidat depuis février 2008. Il s’agit de Ahmed Néjib Chebbi, 64 ans, vieux routier de la politique tunisienne.

Une « réforme » (tu parles !) constitutionnelle, taillée sur mesure, a été adoptée, pour barrer la route à M. Chebbi. La toute nouvelle loi électorale tunisienne prévoit qu’une candidature, au début de l’automne 2009, ne peut être acceptée que si le prétendant est à la tête de son parti depuis au moins deux ans consécutives. Pas de chance, Chebbi n’est plus le chef du PDP. Maya Jribi l’y a remplacé en décembre 2006. Sauf une improbable « fatwa » juridique de Carthage, Mme Jribi pourrait donc concourir à la présidentielle.

Des sources au sein du PDP signalent à Chakchouka tunisienne que le Comité central du parti, qui avait entériné la candidature de Chebbi début 2008, devrait se réunir de nouveau vers la mi-novembre et décider de la suite des choses.

Deux tendances

Une première tendance au sein du parti tient mordicus à ce que Chebbi maintienne sa candidature. Le parti, pensent-ils, ne peut se contenter de jouer sagement dans le petit carré de sable dans lequel Ben Ali veut le confiner. Jribi et Chebbi semblent tous deux d’accord sur ce point.

Cependant, une (bonne ?) partie du même Comité central verrait d’un bon œil que le nom d’une femme figure sur les bulletins. Malins, ces derniers avancent, à juste titre, que Jribi a plus de chances que Chebbi de rassembler une bonne partie l’opposition tunisienne et qu’il serait plus efficace de militer pour une candidate « légale » que de se battre pour imposer le droit théorique d’être candidat.

Même si les tenants des deux sensibilités s’entendent pour dire que ni Chebbi ni Jribi n’ont une chance sérieuse de battre Ben Ali à la régulière, les militants du très légaliste PDP n’appelleront vraisemblablement pas à boycotter le scrutin. Bref, Ben Ali peut dormir tranquille.

Mohamed Ettaieb

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Mots clés : Tunisie

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